CRITIQUE DE MANGA – CALL OF THE NIGHT TOME 11

par | Mar 13, 2026


Introduction
Bonjour à tous, ici Coffee&Keeps, fidèle au rendez-vous pour replonger dans les nuits troublantes de Call of the Night.

Le tome précédent nous avait laissés au cœur d’une tension particulièrement forte, alors que le plan de la détective visant les vampires était enfin entré en action. Les confrontations devenaient inévitables et plusieurs personnages se retrouvaient forcés d’affronter leurs propres limites, autant émotionnelles que morales.

Avec le tome 11, Kotoyama poursuit cette exploration… mais en s’approchant d’un sujet beaucoup plus délicat : celui de la détresse humaine et de cette frontière fragile où certaines personnes commencent à croire qu’il n’y a plus d’issue.

Call of the Night Tome 11, écrit et illustré par Kotoyama, est publié chez Kurokawa, disponible depuis le 17 janvier 2025. Ce volume de 183 pages, proposé au prix de 13,95 $, continue d’explorer cette nuit où les émotions humaines deviennent parfois plus dangereuses que les vampires eux-mêmes.

Synopsis sans spoilers
Dans ce tome 11, plusieurs révélations commencent à émerger autour de Kô Yamori. On découvre notamment qu’il semble posséder une capacité étrange : sous l’effet d’émotions extrêmement intenses, il peut inconsciemment manifester une puissance comparable à celle d’un vampire. Un phénomène aussi troublant que dangereux, dont les limites restent encore inconnues.

Pendant ce temps, la détective semble avoir temporairement abandonné sa croisade contre les vampires et accepte plutôt de venir en aide à Kô. Aux côtés de Nazuna, elle tente désormais de remonter la piste d’une figure mystérieuse liée à plusieurs meurtres et à la création d’acolytes au fil du temps. Plus l’enquête avance, plus certaines vérités enfouies commencent à refaire surface.

Cherchant à comprendre le rôle exact de Niko — une vampire qui semble liée à plusieurs problèmes — Kô décide de contacter son ami d’enfance Mahiru afin de trouver un moyen de la rencontrer. Mais quelque chose a changé chez lui. Leur échange dégénère rapidement, et Mahiru laisse exploser une colère violente en frappant Kô à plusieurs reprises.

C’est alors que quelque chose d’inattendu se produit : sous l’intensité de ses émotions, Kô semble basculer dans un état étrange, révélant une facette semi-vampirique de lui-même.

Je ne vous en dirai pas davantage sur cet événement, mais sachez qu’une grande partie de ce tome se concentre sur la relation fragile entre Kô et Mahiru. On y découvre un garçon consumé par la culpabilité, persuadé d’avoir trahi quelque chose d’important… au point d’en sombrer dans une détresse qui semble sans issue.

Pendant que Nazuna tente de trouver un moyen de remonter le moral de Mahiru — qui finit par annoncer à Kô que leur amitié est terminée — une ancienne connaissance refait surface : Akira Asai.

À travers ses échanges avec la détective, certains fragments du passé de Mahiru commencent enfin à se dévoiler… révélant peu à peu ce fameux poids qu’il porte dans son cœur.

Un sujet profondément troublant, qui donne à ce tome une charge émotionnelle particulièrement lourde.

Des émotions qui deviennent impossibles à ignorer
Ce qui m’a particulièrement marqué dans ce tome, ce n’est pas seulement l’évolution de l’histoire, mais la manière dont Kotoyama met en avant l’état d’âme de ses personnages.

Plus j’avançais dans ma lecture, plus j’avais l’impression que chacun portait quelque chose de lourd en lui. De la colère, de la culpabilité, des regrets, parfois même une forme de confusion face à ce qu’ils ressentent réellement. Rien ne semble simple pour eux, et j’ai trouvé que ce tome mettait particulièrement bien en lumière cette fragilité émotionnelle.

Ce que j’ai apprécié, c’est que Kotoyama ne cherche jamais à expliquer ces émotions de manière directe. Elles apparaissent plutôt à travers les réactions, les silences, ou encore certaines décisions qui semblent venir d’un endroit beaucoup plus profond que la simple logique.

Au final, j’ai eu l’impression que ce tome nous rappelle quelque chose d’important : derrière les vampires, les mystères et les événements nocturnes, Call of the Night reste avant tout une histoire profondément humaine. Une histoire où les émotions prennent parfois tellement de place qu’elles deviennent impossibles à ignorer.

Quand la nuit devient un chemin de reconstruction
Un autre aspect qui m’a profondément marqué dans ce tome touche à un événement survenu dans le volume précédent. Sans entrer dans les détails, un personnage avait alors tenté de mettre fin à sa propre vie… une tentative qui s’était finalement soldée par un échec.

Ce tome nous montre ce qui vient après.

Ce que j’ai trouvé particulièrement touchant, c’est la manière dont l’histoire aborde cette période fragile qui suit un moment aussi extrême. On ne nous présente pas une guérison rapide ni un miracle soudain. Au contraire, on y voit une personne qui semble avoir perdu une grande partie de sa joie de vivre, mais qui tente malgré tout de continuer à avancer, un pas à la fois.

J’ai apprécié la délicatesse avec laquelle Kotoyama traite ce sujet. Plutôt que de dramatiser ou d’exagérer la situation, le récit nous montre quelque chose de beaucoup plus humain : la reconstruction lente, les moments de doute, mais aussi ces petites étincelles qui peuvent parfois redonner un sens à l’existence.

À mes yeux, ce passage rappelle que certaines blessures ne disparaissent pas simplement avec le temps. Mais il montre aussi que même après avoir touché le fond, il reste parfois possible de retrouver un chemin — fragile, imparfait… mais bien réel.

Un scénario d’une finesse remarquable
Ce qui m’a le plus impressionné dans ce tome, c’est la manière dont le scénario parvient à entremêler plusieurs fils narratifs sans jamais donner l’impression de se perdre.

En lisant ce volume, j’ai souvent eu la sensation que tout avançait en même temps : l’enquête, les relations entre les personnages, les révélations sur le passé, mais aussi les conflits intérieurs que chacun semble porter. Kotoyama réussit à faire progresser tous ces éléments avec une fluidité presque naturelle, comme si chaque scène venait tranquillement préparer la suivante.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que le scénario ne cherche jamais à aller trop vite. Au contraire, il prend le temps de laisser respirer les moments importants, de laisser les émotions s’installer et de permettre aux personnages d’exister pleinement dans les situations qu’ils traversent.

Pour moi, c’est ce qui rend ce tome aussi beau à lire. Derrière les mystères et les tensions, on sent une construction très réfléchie, où chaque révélation, chaque confrontation et chaque silence semble avoir sa place.

Au final, j’ai eu l’impression de lire un scénario qui ne cherche pas seulement à raconter une histoire… mais à nous faire ressentir chaque étape du chemin parcouru par ses personnages.

Verdict de Coffee&Keeps
Le tome 11 de Call of the Night m’a laissé avec une impression particulière. Ce n’est pas un volume qui cherche à impressionner par l’action ou par de grandes révélations spectaculaires. Au contraire, j’ai senti que Kotoyama prenait le temps d’explorer quelque chose de beaucoup plus délicat : les blessures invisibles que portent ses personnages.

Entre les tensions, les regrets et les tentatives de reconstruction, ce tome met en lumière une facette profondément humaine de la série. Derrière les vampires, les mystères et les affrontements émotionnels, j’ai surtout vu des personnages qui cherchent à comprendre leurs propres sentiments et à trouver une manière d’avancer malgré leurs erreurs.

Pour moi, c’est un volume qui marque par sa sensibilité. Il nous rappelle que la nuit dans Call of the Night n’est pas seulement un espace de liberté… mais aussi un endroit où l’on est parfois obligé d’affronter ce que l’on ressent vraiment.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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CoffeeKeep

Jérémie Babin est chroniqueur au sein de l’équipe GpourGeek, où il partage avec passion ses critiques, découvertes et réflexions sur l’univers geek, les mangas, les jeux et la culture pop sous toutes ses formes. Il agit également comme intervieweur et personnalité publique pour CMGG, donnant la voix aux artistes, créateurs et fans rencontrés lors des événements geek à travers le Québec. Avec son ton authentique et son regard affûté, Coffee&Keeps vous invite à explorer les coulisses de vos passions favorites.

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