Le premier tome de Astro Royale est sorti le 2 mars 2026 au prix de 12,95 $. Il s’agit d’une œuvre de Ken Wakui. Ce tome est édité par Glénat et distribué au Québec par Hachette. Il couvre également les sept premiers chapitres pour un total de 200 pages.

Un nouveau départ signé Ken Wakui
Quand on parle de Ken Wakui, difficile de ne pas penser immédiatement à Tokyo Revengers. L’auteur a marqué le monde du manga avec une œuvre forte, portée par des gangs, des conflits d’honneur et des personnages profondément humains. Avec Astro Royale, il change légèrement de registre tout en conservant certains thèmes qui lui sont chers. Il est important de préciser que la série est complète en six volumes et qu’il s’agit d’un shōnen assumé. Et honnêtement, je suis même surpris qu’une adaptation anime ne soit pas déjà annoncée, tant ce premier tome semble taillé pour l’écran.

Une succession sous tension
L’histoire nous présente Hibaru Yotsurugi, un jeune yakuza propulsé malgré lui au centre d’un conflit familial. Dès le premier chapitre, le ton est donné : son père, chef d’un important clan yakuza, décède. La question de la succession devient alors inévitable. Bien qu’Hibaru soit le fils légitime, la situation est loin d’être simple. Son père a recueilli douze enfants au total au cours de sa vie. Tous ont grandi sous la même bannière, tous ont été façonnés par les mêmes valeurs… mais cela ne signifie pas qu’ils partagent les mêmes ambitions.

Ce point de départ fonctionne très bien. On entre rapidement dans une dynamique de rivalités fraternelles où les liens du sang se mélangent aux intérêts personnels. Sans trop en révéler, le manga installe une tension constante autour de la légitimité et du poids de l’héritage. Qui mérite réellement de diriger ? Le fils biologique ? Le plus fort ? Le plus stratégique ? Ou celui qui incarne le mieux les idéaux du clan ?

Une pluie qui change tout
Comme si la succession ne suffisait pas, un événement inattendu vient bouleverser l’équilibre déjà fragile. Après les funérailles du père, une pluie de météores s’abat sur la ville. Hibaru se retrouve plongé dans un coma de deux semaines. À son réveil, le monde n’est plus le même.

Les habitants ont développé des pouvoirs appelés “Astro”. On pense immédiatement à l’univers de My Hero Academia, tant le concept de capacités uniques intégrées dans le quotidien rappelle ce type de shōnen moderne. Toutefois, Astro Royale ne tombe pas dans la simple copie. Les pouvoirs sont liés à la personnalité et aux émotions des personnages, ce qui permet à Wakui d’explorer leur psychologie à travers leurs capacités.

Pendant l’absence d’Hibaru, les clans se sont fragmentés. Les alliances ont changé. Les ambitions se sont révélées. Le retour du protagoniste marque alors le début d’un nouveau combat : non seulement pour le pouvoir, mais pour l’unité.

Un shōnen efficace et assumé
On ne va pas se mentir : l’histoire suit des codes très classiques du shōnen. Un jeune héros déterminé, des rivalités fraternelles, des affrontements, des pouvoirs spectaculaires, une quête d’unité… tous les ingrédients sont là. Mais ce n’est pas une critique. Au contraire, c’est maîtrisé.

La relation entre Hibaru et Terasu, le douzième fils adoptif, est particulièrement intéressante. Leur dynamique apporte une profondeur émotionnelle qui dépasse le simple affrontement. Il y a une véritable chimie entre eux, un mélange de respect, de tension et d’incompréhension qui donne envie de voir comment leur lien évoluera dans les volumes suivants.

Les codes d’honneur des yakuzas sont présents, mais abordés de manière assez superficielle. Cela donne une saveur particulière au récit sans alourdir la lecture. On sent que l’auteur veut surtout raconter une histoire de famille, de loyauté et de reconstruction.

Un dessin solide et percutant
Visuellement, le manga est très réussi. Le style reste fidèle à ce que l’on attend d’un shōnen moderne : traits dynamiques, expressions marquées, scènes d’action fluides. Les personnages possèdent chacun une apparence distincte, ce qui est essentiel dans une fratrie aussi nombreuse. On ne se perd pas, même avec douze héritiers potentiels.

La ville, inspirée de Tokyo, est également bien mise en valeur. Les décors sont détaillés sans être surchargés, et certaines cases offrent un véritable impact visuel. Les scènes liées aux pouvoirs Astro sont particulièrement réussies et laissent imaginer un potentiel d’animation très fort. Encore une fois, difficile de ne pas penser qu’un anime fonctionnerait très bien.

Une première impression très positive
Ce premier tome d’Astro Royale pose des bases solides. Il introduit un univers clair, des enjeux forts et des personnages prometteurs, sans trop en dévoiler sur la suite. On comprend rapidement les motivations d’Hibaru : rassembler ses frères et sœurs, restaurer l’ordre dans le clan et honorer la mémoire de son père. Mais la route s’annonce complexe.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le rythme. Il n’y a pas de longueurs inutiles. Les informations sont bien dosées, les conflits se mettent en place naturellement, et on termine le volume avec l’envie immédiate de lire la suite.

Pour moi, c’est un 9 sur 10. Ken Wakui démontre encore une fois qu’il sait construire des histoires de clans et de rivalités avec efficacité. Astro Royale ne révolutionne pas le genre, mais il le maîtrise avec assurance. Si vous aimez les shōnen mêlant pouvoirs, famille et luttes d’influence, ce premier tome mérite clairement votre attention.

Merci à Hachette pour la copie du manga

Pour se procurer le manga, c’est ici.

Auteur

Avatar de Trash Talker

Article écrit par

Laisser un commentaire