Lors de ma critique de Black Panther, j’avais mentionné comment ce film avait pu ouvrir des portes pour aider à la diversité au grand écran dans les histoires de superhéros. Du coup, j’ai voulu aborder d’autres films qui ont été marquants pour le médium. Dont le premier film de superhéros féminin à avoir marché.
Wonder Woman (2017) est un film de Patty Jenkins, et le quatrième film du DCEU de Zack Snyder, dont les trois premiers films avaient eu des critiques… partagés, disons.
Gal Gadot joue le rôle principal de Wonder Woman. Elle est accompagnée par Chris Pine, Robin Wright, Danny Huston, David Thewlis, Connie Nielsen, et Elena Anaya à la distribution.

Une Amazone part en guerre
Vous vous souvenez sans doute de Wonder Woman (Gal Gadot) dans le film Batman v. Superman: Dawn of Justice, mais savez-vous son origine? Et d’où vient la photo que Bruce Wayne lui avait envoyée, qui montre elle-même et quatre autres hommes durant la Première Guerre mondiale? Eh bien, le film explore ce passé.
Le film suit la jeunesse de Diana, élevée sur Themyscira, l’île des Amazones créée par les dieux de l’Olympe pour protéger l’humanité contre divers dangers, dont les pouvoirs du dieu de la guerre rebelle Arès.
En 1918, le pilote et espion américain Steve Trevor (Chris Pine) tombe par hasard sur l’île, en fuyant les Allemands. Après avoir révélé aux Amazones l’existence de la Grande Guerre, Diana, convaincue qu’Arès tire les ficelles derrière, décide de rejoindre la guerre afin de retrouver et de tuer le dieu de la guerre.

La vision Snyder atténuée, et maîtrisée
Les trois autres films précédents de la DCEU étaient à l’image du style de Zack Snyder. Désaturé, sérieux, rempli de ralentis, et favorise les visuels à l’histoire et au scénario.
Dans ce film, quelques éléments s’y retrouvent (notamment les ralentis), mais ne sont pas abusés pour autant. Le film est plus coloré que les autres (sans tomber dans l’excès de Suicid Squad), le temps est léger tout en restant propice aux drames de la Première Guerre mondiale, et la cinématographie n’a son pareil que la bande sonore du film (dont le thème de combat de Wonder Woman). La représentation de Londres de l’époque est également à couper le souffle.
 Mon seul point négatif, est que Diana n’avait aucune poussière sur elle durant les combats, bien qu’elle se battait sur le front dans un milieu salissant.

Un couple iconique, des personnages pour l’oubliette
Diana est de loin le cœur narratif du film. Jouant le poisson hors de l’eau avec la mentalité d’un enfant qui croit encore aux contes de fées, sa personnalité et sa simplicité nous charment dès le départ, notamment quand on les contraste à ses diverses connaissances et sa force hors du commun. J’ai bien aimé l’utilisation de ses pouvoirs également, que ce soit l’épée, le bouclier, les bracelets, ou le lasso. Quant au costume… je n’ai jamais été fan du costume original de Wonder Woman, mais celui du film est bien réalisé. (Je la préfère dans Injustice ou The All-New Wonder Woman #600, par contre.)
Steve Rogers… euh, je veux dire, Steve Trevor est un excellent complément à Diana. Non seulement en lui servant de guide dans le monde des humains, mais en ayant aussi un cœur noble qui tente de sauver le plus de vies possible. Sans forcément avoir un arc narratif prononcé, il soutient Diana dans le sien, sans être réduit au rôle de demoiselle en détresse.
Les autres personnages sont, cependant, oubliables. Les autres Amazones servent surtout à la figuration. Les amis de Trevor (dont le film tente d’aborder des sujets sérieux avec leurs passés) sont rapidement oubliables. Les méchants sont très caricaturaux et unidimensionnels, et ne posent aucune difficulté réelle à Diana.
En bref, même si le personnage de Diana est bien développé, on ne peut pas en dire autant des autres personnages de l’histoire.

Wonder Woman: The First Avengers
Contrairement aux films précédents du DCEU qui voulaient trop déconstruire le genre du superhéros avant même de bâtir son propre univers, et aux autres films de superhéros féminins sortis avant (Supergirl, Catwoman, Elektra) qui peinaient à raconter leurs histoires pour diverses raisons, Wonder Woman triomphe grâce à une simple tactique : raconter l’histoire la plus simple possible. (Ce qui, paradoxalement, est aussi le point faible du film.)
L’histoire, qui reprend la structure du voyage d’un héros, s’inspire d’œuvres comme Superman ou Captain America: The First Avenger, et l’adapte à l’univers de Wonder Woman et de la mythologie grecque.
Du coup, si vous connaissez bien les superproductions et êtes familiarisés avec les tropes utilisés dans le film, il devient facilement prévisible dès les trente premières minutes. Mais étant donné les conditions délicates dans laquelle le film est sorti, il était plus avantageux pour Jenkins et DC de choisir la sûreté, de nous sortir la recette classique d’un superhéros, qu’un autre projet déconstructeur ou expérimental qui en repoussera plusieurs.
Et pour 80 % du film, cette stratégie fonctionne bien…

Une chute explosive
Puis vient la fin du film.
En plus de nous sortir un retournement de situation cliché que même les films Pixar ont surutilisé dans leurs films, la fin du film est une véritable torture. L’antagoniste final est d’un cliché sans nom et n’est aucunement mémorable en aucun aspect, et n’est plus qu’une caricature qu’autre chose. Les multiples tropes utilisés durant cette partie (dont « Par le pouvoir de l’amour », « Si tu tues ce seul ennemi, tu seras comme lui » « C’était en toi depuis le début » et « Rejoins-moi et nos régnerons ensemble ») nous font rouler des yeux. Les dialogues sont d’un cliché sans pareil. Et la photographie et les effets visuels du combat nous font regretter de ne pas pouvoir retourner à la scène de combat dans No Man’s Land.
Mais le pire aspect de la fin, est qu’il diminue l’impact des thématiques et sujets explorés dans l’histoire. Alors que le film explorait divers enjeux sur la nature humaine et de la guerre, il met tout cela de côté au profit d’un grand méchant bien méchant très méchant à éliminer.
Honnêtement, vous pouvez juste arrêter le film après un discours de Steve Trevor, puis sauter à la dernière scène, et l’histoire devient déjà meilleure.

L’impact de Wonder Woman
Cela dit, la simplicité du film lui a permis d’être un succès assuré, qui a non seulement permis au DCEU d’avoir leur premier film qui était généralement apprécié par tous que par seulement une minorité, mais aussi de prouver qu’un film de superhéros féminin pouvait réussir dans le milieu.
Là où mon avis diffère de plusieurs, est que je ne considère pas ce film comme étant l’un des meilleurs du genre, mais comme une base pour permettre à d’autres de se développer par-dessus celui-ci. La DCEU va par la suite rencontrer différents succès solides, comme Aquaman, Shazam, ou The Suicid Squad. Et, avec un autre film dont nous parlerons une prochaine fois, les studios ont permis à plusieurs films de superhéros mettant en vedette ou co-vedette des femmes de voir le jour, bâtir au-delà de la base de Wonder Woman et de repousser les limites (excepté pour Quantumania. Nous ne parlerons pas de Quantumania.) C’est l’un des deux films à qui nous devons l’existence de Black Widow (même si sa sortie était trop tard…), Birds of Prey, et The Marvels, et que des femmes ont pu prendre des rôles en premier plan dans Eternals, Black Panther: Wakanda Forever, Fantastic Four: First Steps, et Thunderbolts*. (Et c’est sans compter les multiples séries mettant en vedettes des superhéroïnes, dont les excellents WandaVision et Harley Quinn.)

Conclusion
Wonder Woman est une histoire classique de superhéros, qui réussit là où ses prédécesseurs ont échoué grâce à sa simplicité, soutenue par de belles performances des deux protagonistes, une belle prouesse technique au niveau de l’action, la musique, et les visuels.
Même si ce film a quelques défauts et est un peu surcoté à mon goût, il est l’un des deux piliers qui ont permis l’expansion des superhéroïnes au grand public. Et il mérite d’être reconnu pour cela.
C’est juste dommage qu’il n’y ait jamais, jamais, jamais, eu de suite à ce film… Mais bon. Disons que c’est pour le mieux, et que cela ne leur donnera pas l’occasion de ruiner le personnage avec des choix désastreux…

Pour visionner le film, c’est ici.

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