
Après avoir couvert dans les dernières semaines les films Perfect Blue et Tokyo Godfathers du réalisateur japonais Satoshi Kon, nous poursuivons notre revue de sa filmographique avec ce qui s’avèrera être son dernier film, Paprika. Produit par Madhouse, le film est un thriller psychologique dans lequel des scientifiques chercheront à retrouver les voleurs de leur invention, le DC mini, qui permet à son utilisateur de voyager dans les rêves d’autrui. Sorti en 2006, le film n’est pas sans rappelé un certain blockbuster hollywoodien, Inception, sorti 4 ans plus tard, en 2010.
Voyage dans les rêves
Le film tourne autour de cette invention, le DC mini, qui permet de voyager dans les rêves, les filmer, et essentiellement, les visionner comme on le fait avec un film. Inventée dans un but de traitement et de thérapie, la machine se retrouve compromise lorsque des prototypes sont dérobés du laboratoire où ils ont été conçus. Les trois scientifiques responsables du projet, accompagnés par le commissaire de police, mettent alors tout en œuvre pour les retrouver avant qu’un incident grave ne se produise. Car bien au-delà de permettre de voyager dans les rêves, le DC mini peut également influencer sur l’inconscient des gens, même éveillés…

On ne vous prend pas par la main
Paprika est complexe, c’est le moins qu’on puisse dire. Satoshi Kon ne vous prend pas par la main. Alors qu’un autre film aurait pris le temps de vous expliquer en détails le fonctionnement de la machine et les conséquences de son utilisation, Paprika vous laisse déduire le tout par vous même. Pas de scènes d’exposition qui viennent briser le rythme (à défaut de clarifier le film). Paprika, c’est un saut dans le vide où la meilleure chose à faire est de se laisser porter par le flot jusqu’à ce que tout s’éclaire, même si ça peut prendre plus d’une écoute.

Mémorable
Visuellement, le film est splendide. L’animation est superbe et certains plans de caméras seront immédiatement imprimés à vos souvenirs pour très longtemps. D’ailleurs, les comparaisons avec Inception ne se limitent pas aux thématiques. Certains plans semblent presque copiés d’un film à l’autre. Je pense notamment à la scène dans le corridor ou encore la scène avec le miroir géant. Si l’œuvre de Satoshi Kon a largement été référencée dans plusieurs films américains depuis le temps, dans ce cas-ci, c’est particulièrement frappant.

Un spectacle bien écrit
Ceci dit, le film a un style bien à lui; un style qui pourrait bien vous donner le tournis avant d’arriver à la fin des 90 minutes. Si le début du film pose les bases de sa proposition, la fin passe en deuxième vitesse, avec une collision entre rêves et réalité qui vous laissera constamment dans le doute sur ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Une fin haute en couleurs qui vient mettre un point d’honneur à tout un spectacle. Ceci dit, ne prenez pas Paprika pour un simple divertissement. Le film est très bien écrit, et ses personnages sont terriblement crédibles, malgré un scénario qui pousse un peu la note par moment.

Conclusion
Paprika est un film à voir assurément, même s’il ne parvient pas à égaler la quasi perfection de Perfect Blue. Le film vous tiendra en haleine du début à la fin, jusqu’à une conclusion qui risque de laisser songeur. Quoiqu’il en soit, ne passez pas à côté de ce petit bijou.

Pour visionner le film, c’est ici.


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