Une œuvre signée Guy Ritchie

Les amateurs du personnage d’Arthur Conan Doyle attendaient avec impatience la suite de Sherlock Holmes : Le jeu des ombres, mais nous avons plutôt eu droit au préquel de notre enquêteur en herbe ! Eh oui, le 4 mars dernier, Prime Vidéo nous offrait la série complète de Young Sherlock, une aventure créée par Matthew Parkhill et développée par Peter Harness (Dr. Who) et le fameux Guy Ritchie (Aladdin, The Gentlemen, Sherlock Holmes). En tant que grande amatrice, je dois avouer que j’attendais cette sortie avec impatience — à tel point que j’ai dévoré tous les épisodes en une seule journée, mais j’avais congé, ne vous inquiétez pas ! Personnellement, je l’ai écoutée en langue originale (anglais), mais elle est disponible en 23 langues, incluant en français et en audiodescription (anglais). Toutefois, vous perdrez l’accent « british » si vous ne l’écoutez pas en version originale…

Et si cette nouvelle pourrait en décevoir certains, je vous conseille toutefois de ne pas passer à côté de cette belle mise en scène de la jeunesse de Sherlock Holmes, basée sur la série de roman d’Andrew Lane qui a fait fureur en 2010. On comprendra alors que la série télévisée cible elle aussi un public de jeunes adultes, tout en restant accessible aux spectateurs plus âgés, grâce à des références subtiles et à un humour qui saura séduire les amateurs de Sherlock plus expérimentés. Alors, ne vous attendez pas à des résolutions de crimes sordides ou à des enquêtes particulièrement complexes. Toutefois, la série parvient tout de même à divertir habilement son public, qu’il s’agisse des amateurs habitués à un Sherlock plus mature, connu pour son intelligence sans limite, ou des plus jeunes qui découvrent cet enquêteur hors du commun. 

Ainsi, comparée à d’autres adaptations, Young Sherlock mise moins sur le mythe classique du détective infaillible et davantage sur la construction psychologique et sociale de son personnage, offrant un angle unique qui la distingue nettement des autres films de Sherlock Holmes !

Aux origines du génie déductif

La série se concentre donc sur le jeune Sherlock, âgé de 19 ans, avant qu’il ne devienne le grand détective que nous connaissons tous. Impulsif, sans filtre et parfois encore maladroit dans ses jugements, il sort tout juste de prison, grâce à l’intervention de son frère Mycroft Holmes, dont l’influence et la place dans la société se révèlent à la fois décisives et récurrentes tout au long des huit épisodes.

Ayant peu d’options devant lui, son frère lui trouve alors un poste d’employé d’entretien à l’Université d’Oxford, un emploi plutôt modeste si l’on en juge par ce que l’on en comprend, mais qui lui permettra de rester à l’abri. Malheureusement pour lui, sa liberté fraîchement retrouvée est rapidement menacée lorsqu’un meurtre survient peu après son arrivée. C’est toutefois cet événement qui le pousse à se lancer dans sa première enquête autonome, révélant déjà ses remarquables talents d’observation — notamment sa mémoire photographique — ainsi que sa détermination et son ingéniosité qui feront de lui, au fil des années, le détective hors pair que l’on admire aujourd’hui ! 

Ainsi, plutôt que de proposer une enquête indépendante à chaque épisode, la série suit le jeune Sherlock à travers une grande enquête centrale, qui se développe ensuite en plusieurs autres affaires — parfois plus ou moins liées entre elles, donnant parfois une impression de pêle-mêle, mais toujours de manière très divertissante ! Et après tout, c’est bien là l’objectif principal de la série : divertir avant tout ! Le rythme de la série est donc bien pensé : chaque épisode se termine par un cliffhanger ou une révélation qui nous incite à poursuivre l’aventure, et les éléments récurrents permettent de maintenir notre attention du début à la fin tout en donnant un fil conducteur solide à l’ensemble de l’histoire.

L’entourage de notre jeune génie

Cette première enquête ne se fera toutefois pas en solitaire… mais l’on n’y retrouvera pas son célèbre acolyte, le Dr. John Watson. Eh oui ! Cette réécriture de Sherlock Holmes nous présente plutôt une réalité où notre jeune génie croise la route de son futur rival, James Moriarty. Les deux hommes iront même jusqu’à développer une très belle amitié — bien avant la rivalité légendaire qu’on leur connaît… 

On y rencontre également plusieurs figures bien connues de l’univers de Sherlock, dont sa propre famille : son frère Mycroft Holmes, bien évidemment, mais aussi ses parents, ici nommés Cordelia et Silas Holmes. Et ce ne sont pas que des personnages secondaires sans intérêt ! Bien au contraire, la famille joue un rôle clé dans la série, guidant non seulement les gestes de Sherlock, mais aussi ses émotions et son regard sur le monde qui l’entoure, révélant peu à peu comment ses liens familiaux ont contribué à façonner le jeune génie que l’on connait si bien.

Des performances d’acteurs qui font briller la série

J’ai bien compris que l’interprétation de Hero Fiennes en tant que jeune Sherlock Holmes a laissé certains spectateurs mitigés, mais ce n’est pas du tout mon avis ! Au contraire, je trouve qu’il est très bien dans le rôle : il incarne ici une version encore en construction du célèbre détective, l’ombre de celui que l’on connaît et admire. Donc, il est évident que l’on ne retrouve pas le Sherlock habituel avec sa confiance et son esprit implacable… Mais le choix de justement présenter un Sherlock encore adolescent et en apprentissage justifie pleinement cette approche et rend, à mes yeux, le personnage bien plus crédible alors qu’il se trouve dans cette phase formatrice de sa vie.

D’ailleurs, son acolyte, joué par le talentueux Dónal Finn (Mat Cauthon dans The Wheel of time), prend fréquemment les devants, que ce soit dans les énigmes ou à l’écran, plaçant même quelques fois Sherlock au second plan. Leur dynamique — très très bien ressentie à l’écran — peut effectivement sembler étrange et incohérente, mais, en réalité, elle est loin d’être un défaut. En fait, elle fonctionne étonnamment bien : elle met en valeur la future rivalité entre Sherlock et son compagnon de route, révélant dès le départ un génie capable de rivaliser avec celui de notre cher détective !

De plus, les personnages secondaires ne se contentent pas de compléter l’intrigue : ils lui donnent vie, ajoutant nuances et émotions, et enrichissent chaque scène à leur manière ! Joseph Fiennes, l’oncle réel de Hero Fiennes, incarne le père de Sherlock avec une justesse et une présence impressionnantes à l’écran. Sans trop vous en révéler… il joue son rôle à merveille. Natascha McElhone, dans le rôle de sa mère, apporte également une forte dimension émotionnelle, enrichissant incroyablement le récit. Je suis sûre que vous apprécierez autant que moi son talent et l’impact qu’elle a sur l’histoire, mais cela, je vous laisse évidemment le plaisir de le découvrir par vous-mêmes. 

Parmi les découvertes marquantes, j’ai particulièrement apprécié Zine Tseng, dans le rôle de la princesse, qui se distingue énormément par son charisme et sa grande fraîcheur, contribuant même, selon moi, à la beauté visuelle ( et narrative ) de la série.

Enfin, impossible de ne pas mentionner Max Irons, qui incarne Mycroft Holmes, le frère de Sherlock. Sa présence à l’écran est à la fois imposante et nuancée, allant de l’autorité au soutien envers Sherlock, tel un vrai grand frère ! Comme mentionné plus tôt, Mycroft joue un rôle central tout au long de la série, guidant Sherlock dans ses premiers pas après sa sortie de prison, tout en laissant transparaître son intelligence et sa maîtrise de la société dans laquelle ils évoluent — ce qui n’est pas le cas de notre jeune détective, pas encore du moins ! Je trouve même que, grâce à sa performance, Max Irons apporte une grande profondeur à Mycroft, rendant même très authentique le lien complexe… et souvent tendu qui existe entre Sherlock et lui.

Ainsi, même si certains spectateurs pourraient rester réservés face à la représentation de Sherlock Holmes, je vous garanti que le reste du casting compense largement — et je ne les ai même pas tous nommés. Le tout vous offrira une belle dose d’humour, d’émotion et de profondeur, rendant l’écoute de la série captivante et démontrant que Young Sherlock sait briller autant par son intrigue que par ses interprètes !

Une immersion dans un Londres des années 1870 moins idéalisé

La série nous plonge dans un Londres des années 1870 qui, bien qu’aux paysages incroyables à mes yeux, est loin des représentations utopiques que l’on retrouve souvent dans les adaptations classiques. Ici, les rues ne brillent pas seulement par leur sublime architecture victorienne, mais racontent également la vie de tous les jours, avec ses tensions sociales, ses inégalités et ses réalités… parfois brutales. Au-delà des enquêtes de Sherlock, la série nous présente une ville bien vivante, animée autant par ses habitants que par ses injustices, où chaque quartier semble posséder son propre rythme, mais aussi cacher ses propres secrets.

Ce Londres, bien réaliste, met particulièrement en avant la psychiatrie et la compréhension des troubles mentaux à l’époque. Contrairement à d’autres séries où la science et la médecine victorienne sont souvent idéalisées ou même reléguées au second plan, j’ai trouvé que Young Sherlock n’hésitait pas à explorer les pratiques psychiatriques et les perceptions sociales autour des maladies mentales, montrant même à quel point la société de l’époque était encore maladroite, parfois cruelle, mais aussi en quête de compréhension face à ce sujet encore bien méconnu. Cela ajoute un côté assez inattendu aux intrigues et aux personnages, mais augmente aussi énormément le réalisme des situations rencontrées par Sherlock et les autres personnages.

Et attention ! La série ne se limite pas à l’exploration des maladies mentales : elle aborde également les problèmes sociaux omniprésents : pauvreté, criminalité, classes sociales rigides et injustices sont au cœur de l’histoire, s’éloignant, encore une fois, beaucoup des visions souvent idéalisées du Londres victorien que l’on nous présente. Je dirais même que cette approche nous permet de mieux comprendre le contexte dans lequel un jeune génie comme Sherlock Holmes a grandi et a commencé à développer ses méthodes de déduction — sans oublier ses quelques petits problèmes, si vous voyez ce que je veux dire…

Cette approche permet également de créer une ambiance unique, à la fois sombre et fascinante ! Chaque ruelle, chaque demeure, chaque dialogue semble alors imprégné de cette réalité complexe, nous donnant l’impression de naviguer dans un Londres authentique, et où l’intelligence et l’ingéniosité de Sherlock doivent s’adapter à des situations qui vont bien au-delà de la simple énigme policière. Un élément qui, à mon avis, fait toute la différence !

Et cela, c’est sans compter la beauté même des costumes, mais surtout des décors. Outre les couloirs d’Oxford, on ressent à chaque plan toute l’attention portée aux détails : les rues de Londres ont été soigneusement adaptées pour refléter magnifiquement l’époque victorienne, tandis que certaines scènes ont été tournées à Bristol pour renforcer l’authenticité historique. Les réalisateurs ont même exploité des vrais lieux historiques, allant jusqu’en Espagne pour certaines séquences, afin de rester fidèles à l’époque et à l’esthétique de la série. Chaque lieu n’est pas seulement un simple décor : il contribue à l’ambiance, nous immergeant complètement dans un XIXᵉ siècle vivant et crédible. Je vous laisse donc le plaisir de repérer ces sites incroyables, où histoire et fiction se rencontrent avec brio !

Une bande-son qui marque et accompagne chaque émotion

Si l’on parle d’ambiance, je me dois de vous parler de la piste sonore. Attention ! La musique de Young Sherlock peut surprendre au premier abord, je ne mentirai pas. Certains passages, particulièrement dans les scènes d’action, sont tout aussi intenses que dynamiques — un avertissement amical : attention au volume de votre télévision si vous avez des voisins ! À titre d’exemple, certains reconnaîtront sans doute des morceaux de Black Sabbath, Radiohead, The Cure ou même Johnny Cash. Pourtant, cette approche sonore audacieuse contribue énormément à l’atmosphère générale de la série. 

Au-delà de son impact immédiat, la trame sonore réussit à enrichir chaque moment. Dans les scènes d’action, elle accentue énormément le suspense et la tension, allant même jusqu’à nous donner l’impression d’être immergé dans la course-poursuite ou dans l’énigme en cours. Et à l’inverse, dans les moments plus intimes ou émotionnels, elle se fait discrète tout en mettant en valeur la profondeur des personnages et l’intensité des situations, révélant subtilement la sensibilité d’un jeune Sherlock encore en plein essor.

En combinant ainsi des compositions audacieuses et des passages plus doux, la musique devient un véritable personnage à part entière de la série. Elle guide nos émotions, souligne les rebondissements et accentue le contraste entre l’action et la réflexion, enrichissant ainsi notre expérience visuelle et narrative. Donc, même si elle peut surprendre au départ, elle finit par s’imposer comme un élément central, voire indispensable pour apprécier pleinement la richesse et la modernité de Young Sherlock.

Un jeu de caméra qui sublime l’action et l’émotion

Outre la bande sonore qui contribue avec brio au récit, le jeu de caméra dans Young Sherlock est également particulièrement remarquable et contribue énormément au visuel de la série. Chaque plan semble pensé et créé  pour nous immerger le plus près possible de l’action ou de l’émotion des personnages, ce qui rend les scènes beaucoup plus intenses et, surtout, captivantes !

Lors des séquences d’action, la caméra adopte souvent des mouvements fluides et dynamiques, suivant les personnages de près ou, au contraire, explorant l’environnement en plan large pour nous montrer l’ampleur du danger ou du suspense. Les transitions rapides, quant à elles, permettent d’accentuer avec génie la tension et le sentiment d’urgence : on ressent presque chaque pas de Sherlock, chaque course-poursuite, comme si l’on était juste là à ses côtés !

Mais le travail de caméra ne se limite pas à l’action évidement ! Dans les scènes plus calmes voire émotionnelles, je remarque que la série utilise plutôt des plans rapprochés, des angles inhabituels et même des cadrages très ciblés pour capturer les micro-expressions et les émotions plus subtiles des personnages. Ces choix permettent ainsi de mieux révéler la psychologie des protagonistes et, bien sûr, de développer davantage leur complexité, nous offrant au final une immersion que peu de séries du même genre parviennent à atteindre selon moi — ou du moins, selon les séries que j’ai écoutées jusqu’à présent.

Les mouvements de caméra sont également utilisés pour renforcer l’esprit d’enquête de Sherlock. Les plans séquentiels, les ralentis et les zooms intelligemment placés mettent de l’avant toutes ses observations et son processus de réflexion, ce qui nous donne pratiquement un aperçu très rapproché, très « intime » de son génie en pleine action. Une petite touche qui, personnellement, m’a particulièrement séduite !

En somme, le jeu de caméra dans Young Sherlock n’est pas seulement esthétique : il sert l’histoire, amplifie chaque émotion et transforme chaque scène en un moment visuel saisissant et, bien sûr, complètement immersif pour chacun de nous. Il prouve alors que la série n’est pas seulement un récit de mystère, mais également un véritable spectacle visuel !

Le charme d’un jeune détective en action

Ainsi, vous l’aurez compris, j’ai particulièrement apprécié la série Young Sherlock et je pourrais en parler encore longtemps ! Malgré que ce ne soit pas la suite tant attendue de Sherlock Holmes, elle est tout de même parvenue à me captiver et à me séduire grâce à son intrigue assez bien menée, mais surtout grâce à ses personnages riches et attachants, et à ses décors tout simplement sublimes ! 

Entre humour, émotion et suspense, je dois dire que cette relecture originale du jeune Sherlock Holmes m’a finalement offert une expérience très divertissante. Je ne suis donc aucunement déçue d’avoir passé une journée complète à l’écouter ! J’espère même qu’il y aura une deuxième saison afin de suivre la suite des aventures mystérieuses de notre jeune génie et de le voir évoluer jusqu’au détective adulte que nous connaissons tous.

Alors, si ma critique vous a convaincu de donner une chance à Young Sherlock, n’hésitez pas à me partager vos commentaires. Je vous souhaite donc une bonne écoute et vous dis à la prochaine !

Queen Kate 💜

Pour écouter la série, c’est ici.

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