
Le remake JRPG qui redéfinit un classique
Avec cette version de Dragon Quest VII, Square Enix propose bien plus qu’un simple lifting graphique. Ce remake modernise l’un des épisodes les plus ambitieux de la saga tout en conservant ce qui faisait sa singularité : une aventure dense, patiente et profondément humaine. Longtemps critiqué pour sa durée imposante, Dragon Quest VII revient aujourd’hui dans une version repensée, plus fluide, sans renier son identité.
Le pari était risqué. Réduire certains contenus d’un jeu réputé pour sa générosité pouvait sembler contradictoire. Pourtant, Dragon Quest VII Reimagined parvient à équilibrer modernisation et respect de l’œuvre originale.

Un remake qui restructure sans dénaturer
À l’origine imaginé sous la direction de Yuji Horii, Dragon Quest VII reposait sur une mécanique narrative atypique : restaurer des îles disparues en voyageant dans le passé afin de reconstruire progressivement le monde présent. Chaque île proposait une histoire indépendante, souvent dramatique, centrée sur les habitants et leurs épreuves.
Dragon Quest VII conserve cette structure emblématique, mais ajuste son rythme. Certaines îles deviennent optionnelles, d’autres sont supprimées, réduisant la durée de vie globale à environ 55 heures, contre plus de 80 heures sur Nintendo 3DS et près d’une centaine sur PlayStation.
Cette rationalisation améliore la fluidité de la progression et limite les allers-retours superflus, sans compromettre la richesse narrative. L’essence du jeu demeure intacte : aider des communautés à surmonter leurs tragédies et observer les conséquences de ces actions dans le présent.

Un système de combat modernisé
L’optimisation la plus marquante concerne le gameplay. Le système de vocations, pilier central de l’expérience, bénéficie d’une refonte intelligente. Il est désormais possible d’associer deux classes simultanément, ouvrant la voie à des combinaisons stratégiques inédites. Cette évolution apporte davantage de profondeur et évite les phases de faiblesse lors du changement de spécialisation.
Les nouvelles compétences spéciales, qui se chargent progressivement au fil des combats, rappellent les mécaniques introduites dans Dragon Quest XI. Chaque vocation possède une capacité unique, encourageant l’expérimentation et l’optimisation des synergies. Le système au tour par tour conserve la tradition de la série, mais gagne en dynamisme et en lisibilité.
Même si l’équilibrage reste accessible pour les joueurs expérimentés, Dragon Quest VII propose probablement le système de combat le plus stratégique de la franchise à ce jour.

Une direction artistique premium
Visuellement, il impressionne par son identité forte. Les environnements prennent la forme de dioramas détaillés, donnant l’impression d’explorer des maquettes vivantes. Les personnages adoptent un style proche de figurines animées, renforçant le charme intemporel de la série.
Les designs emblématiques d’Akira Toriyama sont sublimés par cette approche artistique. L’ensemble rappelle certaines expérimentations visuelles vues dans Fantasian, mais avec une cohérence plus aboutie.
La bande-son orchestrale, issue des compositions de Koichi Sugiyama, bénéficie d’enregistrements enrichis qui renforcent l’atmosphère mélancolique du récit. Le doublage anglais, fidèle aux accents britanniques traditionnels de la série.

Accessibilité accrue, exploration guidée
Dans cette version on introduit de nombreuses fonctionnalités de confort : marqueurs d’objectifs, localisation des trésors, suivi des Mini Médailles et rappels constants via le Party Chat. Ces ajouts facilitent la progression et réduisent la frustration.
Cependant, l’impossibilité de désactiver ces aides peut réduire la sensation d’exploration organique. Les récents remakes HD-2D de Dragon Quest I et Dragon Quest II offraient davantage de liberté à ce niveau.

Verdict : la version définitive de Dragon Quest VII?
En optimisant la structure, en modernisant le système de combat et en proposant une direction artistique marquante, Dragon Quest VII Reimagined s’impose comme la meilleure porte d’entrée vers cet épisode.
Ce remake ne cherche pas à transformer radicalement l’œuvre originale. Il la polit, la rend plus accessible et renforce ses qualités fondamentales. L’aventure demeure dense, stratégique et profondément humaine, fidèle à l’ADN de la saga.
Il prouve qu’un JRPG classique peut être modernisé sans perdre son âme. Pour les nouveaux joueurs comme pour les vétérans, cette version s’impose comme l’édition de référence.
Merci à Square Enix pour la copie du jeu.

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