
Vous savez, ce que j’apprécie depuis que j’ai commencé à rédiger des critiques cinématographiques, est que cela m’a donné l’occasion de voir plus de films, et de tomber sur des pépites que je ne peux m’empêcher de vous recommander par la suite.
Le film dont nous parlerons aujourd’hui n’en fait pas parti.
Réalisé par Timur Bekmambetov et mettant en vedette Chris Pratt, Rebecca Ferguson, Kali Reis, Annabelle Wallis, Chris Sullivan et Kylie Rogers, Mercy est la nouvelle sortie d’Amazon MGM Studios. Et disons que la réception de ce film de science-fiction et dystopie est… partagée.
90 minutes pour prouver son innocence
Le détective Chris Raven (Chris Pratt) est accusé d’avoir tué sa femme (Annabelle Wallis). Pour prouver son innocence, il devra collaborer avec le nouveau programme d’intelligence artificielle Mercy (Rebecca Ferguson) afin qu’il puisse examiner les lieux et circonstances grâce à la caméra et au programme. Accusé par le logiciel d’être coupable à 97,5 %, Raven a 90 minutes pour baisser sa probabilité de culpabilité en dessous de 92 %. Au-delà de ce délai, il sera immédiatement exécuté…

Un scénario contestable
Dès le départ, les prémisses de l’histoire vous feront gratter la tête, par la crédibilité des événements. Non seulement un délai de 90 minutes est ridiculement trop court pour un procès (et n’est qu’une excuse pour indiquer approximativement le temps restant au film) alors que les procès réels peuvent durer des mois, mais les méthodes d’investigations et d’enquêtes en ligne dépassent aussi les limites du crédible. De plus, le système d’intelligence artificielle du programme présente tellement de failles évidentes, qu’il est difficile à croire qu’un tel programme soit accepté sans que l’on se pose de questions.

Un format non adapté à son potentiel
Depuis le succès de Searching (dont le directeur a coproduit) et Missing, les films qui se passent entièrement sur des écrans sont devenus populaires… au point d’en être devenus agaçants. Bien entendu, ce format marche bien pour une enquête réaliste basée dans le monde réel, mais dans une science-fiction où l’on voudrait explorer ce monde, ce format peut nous sembler restreint. Et c’est encore pire lorsque l’acteur principal, qui est principalement connu pour son charisme naturel, est limité à regarder des écrans pendant près de deux heures. Et avec War of the Worlds l’an passé, on se demande pourquoi Amazon a répété ce schéma.
Le film emploie aussi beaucoup d’effets spéciaux dans le cadre de son visuel narratif (d’où pourquoi le film est en 3D), mais en plus d’être douteux, ces effets deviennent plus une source de distraction que d’immersion.

Du vu et revu, sans prise de risques
Et malgré le potentiel de la prémisse, le film ne fait et ne tente rien de nouveau. Le scénario n’est pas très différent d’autres films policiers ou de science-fiction, et à aucun moment on ne ressent le besoin de s’investir dans l’histoire (le fait que le protagoniste ne soit pas forcément aimable ou charismatique n’aide pas non plus).
Mais en plus de ne rien raconter, le film ne dit rien non plus. Avec la popularité, les débats, et les controverses autour de l’intelligence artificielle de nos jours, plusieurs thèmes et enjeux auraient pu être abordés — surtout dans une histoire où l’IA est au cœur du scénario et utilisée dans l’histoire à des fins politiques. Mais non. Le film préfère rester vague et ne pas se prononcer, sans doute pour ne pas heurter les pro et anti-IA. Mais en fin de compte, il ne fait que décevoir tout le monde.

Conclusion
Mercy est un blockbuster sans prises de risques, sans âme, et sans intérêts. Est-ce le pire film de l’histoire? Non. Allez-vous vous ennuyer durant le film? Probablement pas. Mais allez-vous vous souvenir du film dix minutes après votre visionnement? J’en doute fort.
Si vous avez Prime et voulez tuer du temps, vous pouvez peut-être l’écouter, si vous en avez vraiment envie… mais vous trouvez, espérons, mieux dans votre catalogue.

Pour visionner le film, c’est ici.


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