Le premier tome de l’intégrale d’Invincible est sorti le 7 septembre 2020. Ce tome possède 317 pages et couvre les 13 premiers numéros sous forme de chapitres. Il s’agit d’une œuvre de Robert Kirkman (connu pour The Walking Dead) et de Cory Walker. La version française est éditée par les éditions Delcourt et distribuée au Québec par Interforum. Ce premier tome est vendu au prix de 49,95 $.

Un héritage lourd à porter
L’histoire suit Mark Grayson, un adolescent en apparence ordinaire. Son père, Nolan Grayson, est en réalité Omni-Man, le super-héros le plus puissant de la planète. Nolan vient de la planète Viltrum (souvent comparée aux Kryptoniens de l’univers de DC Comics), une race humanoïde dotée de capacités surhumaines impressionnantes. Depuis toujours, Mark attend le moment où ses propres pouvoirs se manifesteront.

Lorsque ceux-ci apparaissent enfin, tout s’enchaîne rapidement. Mark adopte le nom d’Invincible et commence à faire équipe avec d’autres jeunes héros, notamment au sein de l’équipe Teen Team. Parmi eux, Atom Eve occupe une place particulière, autant dans les combats que dans la vie personnelle de Mark. Leur dynamique apporte une dimension plus humaine au récit, entre responsabilités héroïques et réalités adolescentes.

Ce premier tome pose les bases d’un univers super-héroïque qui peut sembler familier au premier abord. On pense à Marvel Comics et à DC, bien sûr. L’équipe des Gardiens du Globe rappelle clairement une version alternative de la Justice League. Pourtant, malgré ces inspirations évidentes, Invincible trouve rapidement sa propre identité.

Un choc narratif marquant
Sans trop en dévoiler, un événement majeur survient assez tôt dans l’histoire et change complètement la direction du récit. Ce moment redéfinit non seulement la perception que le lecteur a de certains personnages, mais aussi le ton général de la série.

Ce qui semblait être un comic de super-héros classique prend soudainement une tournure beaucoup plus sombre et imprévisible. C’est ici que Robert Kirkman démontre tout son talent. Il joue avec nos attentes, utilise nos repères culturels liés aux super-héros, puis les renverse. On croit savoir où l’on s’en va… et on se trompe.

C’est probablement la plus grande force de ce premier tome : réussir à surprendre dans un genre que l’on croit pourtant connaître par cœur.

Un ton plus adulte qu’il n’y paraît
Visuellement, le style de Cory Walker (puis de Ryan Ottley un peu plus tard dans la série) peut donner l’impression d’un comic accessible, presque léger. Les couleurs sont vives, les traits sont nets, les personnages expressifs. On pourrait croire à une lecture grand public.

Mais il ne faut pas s’y tromper.

Lorsque les combats éclatent, la violence est frontale, graphique et assumée. Les affrontements ne sont pas esthétiquement « propres » comme dans certains comics traditionnels. Ils ont du poids, des conséquences, et cela se ressent dans chaque case. Un combat vers la fin du tome donne d’ailleurs un aperçu clair de la direction que prendra la série par la suite : plus intense, plus dramatique, plus viscérale.

C’est définitivement une lecture destinée à un public averti.

Une écriture qui accroche du début à la fin
Ce qui rend Invincible aussi efficace, c’est son équilibre. Kirkman ne mise pas uniquement sur les chocs et la violence. Il prend le temps de développer ses personnages. Mark n’est pas qu’un jeune héros enthousiaste ; c’est un adolescent qui tente de comprendre sa place dans le monde, d’être à la hauteur de l’image de son père et de gérer une double vie de plus en plus complexe.

Les relations familiales occupent une place centrale. La dynamique entre Mark et Nolan est particulièrement bien construite, tout comme la relation avec sa mère. Ces éléments donnent une profondeur émotionnelle qui élève l’histoire au-delà du simple récit de super-héros.

Même lorsqu’on connaît déjà l’intrigue grâce à la série animée, la lecture reste captivante. Le rythme est bien maîtrisé, les dialogues sont naturels et les révélations frappent avec la même intensité.

Une adaptation télévisée fidèle
Il faut le souligner : l’adaptation animée est remarquablement fidèle au comic. Certaines scènes sont déplacées dans la chronologie, quelques éléments sont développés différemment, mais l’essence de l’œuvre est intacte. Lire ce premier tome permet même d’apprécier davantage le travail d’adaptation, en voyant comment certaines séquences ont été transposées à l’écran.

Cela prouve surtout la solidité du matériau original. Si l’histoire fonctionne aussi bien en bande dessinée qu’en animation, c’est qu’elle repose sur des bases narratives solides.

Verdict
Ce premier tome de l’intégrale d’Invincible est, tout simplement, excellent. Il réussit à prendre les codes classiques du super-héros pour mieux les déconstruire. Il offre des personnages attachants, des retournements marquants et un ton qui évolue rapidement vers quelque chose de plus mature et ambitieux.

Même si l’on peut reconnaître des influences de Marvel ou de DC, Invincible ne copie pas : il transforme et affirme sa propre identité. C’est une lecture prenante, surprenante et difficile à lâcher une fois commencée.

Merci a Interforum pour la copie de la BD!

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