
Bonjour à tous, ici Coffee&Keeps, fidèle au rendez-vous pour replonger dans les nuits troubles, parfois tendres, parfois cruelles, de Call of the Night.
Après un neuvième tome particulièrement frontal, où les repères moraux étaient mis à l’épreuve et où la tension atteignait un point de rupture, ce dixième volume nous entraîne directement au cœur des conséquences.
Publié le 13 décembre 2022 chez VIZ COMICS, ce tome 10 signé Kotoyama est proposé au prix de 12,99 $. Il poursuit sans détour l’affrontement émotionnel entamé précédemment, mais avec une nuance importante : ici, ce ne sont plus seulement les révélations qui frappent… ce sont les choix.
La nuit n’est plus un terrain d’observation.
Elle est devenue un champ de décision.
Quand le courage remplace la peur
Dès les premières pages, Yamori arrive sur le lieu du combat entre Meijiro et Nazuna. L’atmosphère est lourde, tendue, presque irrespirable, et pourtant ce qui m’a le plus marqué n’est pas la violence de la situation, mais l’absence de peur chez lui. Il s’interpose, non pas par impulsivité naïve ni par héroïsme spectaculaire, mais parce qu’il comprend enfin ce qui se joue réellement. Il perçoit l’intention véritable de Meijiro, il saisit la douleur qui motive ses actes, et c’est précisément cette compréhension qui lui permet de rester droit face à elle. Ce moment m’a profondément frappé, car il démontre à quel point Yamori a évolué depuis le début de la série. Il ne cherche plus seulement à devenir vampire par fascination ou par désir d’évasion ; il agit désormais en pleine conscience des conséquences, avec une maturité émotionnelle que je ne lui avais encore jamais vue aussi clairement.
Empêcher l’irréparable
Lorsque Meijiro prend la fuite, Yamori ne réfléchit pas longtemps avant de partir à sa poursuite. Il ne cherche pas l’affrontement, ni la confrontation directe ; il agit parce qu’il s’inquiète sincèrement pour elle, et ce détail change complètement la portée de la scène. En la retrouvant, il comprend ce qu’elle tente de faire et, sans hésiter, il s’élance pour l’en empêcher. Ce geste lui coûte cher : il se blesse, il encaisse la douleur, mais il refuse malgré tout de laisser la situation dégénérer. Ce passage m’a donné l’impression que la série franchissait un cap important. On ne se trouve plus simplement dans la contemplation des dilemmes moraux ou dans l’observation distante des tensions ; on est désormais dans l’action émotionnelle, dans la prise de risque assumée. Yamori ne cherche plus seulement à comprendre la nuit et ce qu’elle représente. Il choisit d’y agir, pleinement, et d’en accepter les conséquences.
Regrets, silences et vérités
Ce tome m’a particulièrement touché par la succession de conversations qui suivent l’affrontement. Rien n’y est exagéré, rien n’est théâtral, et pourtant chaque échange porte un poids réel. Meijiro dévoile davantage ses malaises, ses regrets, cette rage qui l’a consumée et qui l’a poussée trop loin. Pour la première fois, je ne l’ai pas perçue comme une simple antagoniste, mais comme une personne profondément marquée par ses propres blessures. En parallèle, la relation entre Yamori et Nazuna continue d’évoluer avec une sincérité nouvelle. Il y a moins de jeu, moins de provocation, et davantage de vulnérabilité, comme si leurs interactions perdaient enfin leur couche de protection pour laisser place à quelque chose de plus vrai. J’ai particulièrement apprécié cette impression que plusieurs personnages autour d’eux semblent désormais espérer leur réussite, comme s’ils voulaient les voir accomplir cet exploit presque paradoxal : devenir vampire tout en tombant amoureux sincèrement. Ce n’est plus uniquement leur objectif personnel ; cela commence à ressembler à un espoir partagé.
Une nuit plus humaine que jamais
Alors que Yamori se remet progressivement de ses blessures et finit par quitter l’hôpital pour retrouver une forme de normalité, j’ai ressenti quelque chose d’inhabituel dans ce tome : un calme fragile, presque suspendu. Ce n’est pas un volume explosif ni un tome rempli de révélations massives ; il m’a plutôt donné l’impression d’être un moment de réparation. Kotoyama semble offrir une respiration après l’intensité du volume précédent, tout en consolidant les fondations émotionnelles de ce qui s’en vient. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est cette humanisation encore plus marquée des personnages. Les vampires ne sont plus seulement des figures mystérieuses, et les humains ne sont plus réduits à des victimes ou à des menaces. Chacun porte ses blessures, chacun lutte contre ses propres démons, et cette nuance rend l’ensemble beaucoup plus sincère. Au milieu de tout cela, Yamori ne cherche plus à fuir le jour comme il le faisait au début de la série ; il choisit la nuit, mais cette fois en pleine conscience de ce qu’elle implique.
Verdict de Coffee&Keeps
Le tome 10 de Call of the Night n’est pas un volume qui cherche à impressionner par le choc ou par une succession de moments spectaculaires. Il cherche plutôt à solidifier ce qui a été ébranlé, en misant sur l’émotion et sur les conséquences des choix posés. J’ai senti une maturité nouvelle dans la manière dont les conflits se résolvent : moins de chaos, davantage d’introspection et, surtout, un sens accru de la responsabilité chez les personnages.
Si le tome 9 agissait comme un miroir brutal, confrontant chacun à ses zones d’ombre, le tome 10 m’a semblé être celui du choix assumé. Il n’est peut-être pas le plus spectaculaire de la série, mais il est essentiel dans la progression de Yamori. Devenir vampire n’apparaît plus comme un simple fantasme ou une fuite romantisée vers la nuit ; cela devient une décision consciente, qui exige du courage, de la compréhension et la capacité d’empêcher les autres de sombrer dans leurs propres blessures.
Pour moi, c’est un tome plus calme, mais profondément significatif dans l’évolution émotionnelle de la série.
Merci à Interforum pour la copie du livre.

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