
Dans le tome 6 de Soul Eater, Atsushi Ōkubo continue d’approfondir les tensions qui s’installent progressivement autour de la DWMA. Après plusieurs affrontements marquants, l’histoire prend une tournure plus psychologique, mettant davantage l’accent sur les failles intérieures des personnages. Ce volume conserve l’identité visuelle si particulière du manga — décors tordus, expressions exagérées et mise en scène dynamique — tout en installant une atmosphère plus lourde. L’équilibre entre humour absurde et noirceur reste au cœur du récit, mais on sent que l’intrigue gagne en maturité. Ce tome agit comme une transition importante, où certains personnages prennent plus d’ampleur et où la menace devient plus tangible.
Le retour d’Excalibur constitue l’un des moments les plus marquants du tome. Pendant un chapitre entier, Ōkubo met en avant toute la démesure de cette arme légendaire. Excalibur est présenté comme une entité d’une puissance incomparable, capable d’écraser n’importe quel adversaire avec une aisance presque ridicule. Pourtant, ce qui rend ce passage si mémorable n’est pas uniquement sa force, mais son caractère absolument insupportable. Égocentrique, bruyant, interminable dans ses discours absurdes et ses exigences impossibles, il transforme ce chapitre en une expérience volontairement éprouvante. Le lecteur ressent presque physiquement la difficulté de devoir le supporter. Ce contraste entre puissance divine et personnalité exaspérante crée un humour très particulier, typique de Soul Eater, où la grandeur côtoie le grotesque.
Parallèlement, Crona est mis(e) bien plus en avant dans ce tome. Derrière son apparence fragile et son comportement instable, on perçoit de plus en plus une grande vulnérabilité. À mes yeux, Crona ne semble pas animé(e) par un mauvais fond. Son attitude découle surtout de la peur, du conditionnement et de l’influence toxique qu’iel subit. Cette mise en lumière rend le personnage profondément touchant. On sent qu’iel est prisonnier(ère) d’une situation qui le/la dépasse, ce qui ajoute une dimension tragique à ses actions. Ce développement apporte une profondeur émotionnelle au récit et nuance le conflit principal.
Le tome 6 de Soul Eater réussit à combiner humour excessif et exploration psychologique. Le chapitre consacré à Excalibur démontre la créativité débridée d’Ōkubo, tandis que l’évolution de Crona apporte une sincérité émotive inattendue. Ce contraste entre légèreté absurde et drame intérieur renforce l’identité unique du manga. Plus qu’un simple tome de transition, ce volume consolide les thèmes centraux de la série : la peur, l’influence et la quête d’identité. Une lecture marquante qui confirme la richesse et l’originalité de Soul Eater.
Merci à Interforum pour la copie du livre.

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