Le dix-neuvième tome de One-Punch Man est sorti le 3 juillet 2020. Il couvre les chapitres 91 à 94 et inclut une histoire bonus, pour un total de 225 pages. En version française, il est édité par la maison d’édition Kurokawa et distribué au Québec par Interforum. L’auteur de cette œuvre est Yusuke Murata. Le manga est vendu au prix de 12,95 $.

Une narration qui prend enfin toute sa place
Le dix-neuvième tome de One-Punch Man marque, selon moi, un tournant important dans la série. C’est une lecture plus dense, plus chargée, et j’irais même jusqu’à dire que, depuis le tout premier tome, c’est celui où la narration prend réellement le dessus sur les simples affrontements. Bien sûr, on aime One-Punch Man pour ses combats spectaculaires, ses personnages hauts en couleur et son humour parfois absurde. Mais ici, on sent que l’histoire cherche à s’ancrer plus solidement, à poser des bases claires pour ce qui s’en vient.

Ce tome ne se contente pas d’aligner les affrontements ou les démonstrations de puissance. Il prépare le terrain. On comprend que quelque chose de plus grand est en train de se mettre en place, et cette construction progressive donne un vrai poids dramatique à l’ensemble.

Les fondations d’un affrontement majeur
L’un des éléments centraux de ce volume est la préparation de l’affrontement entre l’Association des héros et l’Association des monstres. On sent que l’on approche d’un point de rupture. Les stratégies se dessinent, les camps s’organisent, et la tension monte graduellement. Sans trop en dévoiler, on perçoit clairement que les auteurs installent les dernières pièces d’un échiquier avant un choc d’envergure.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la manière dont tout cela est amené. Rien ne semble précipité. On prend le temps d’expliquer les enjeux, de montrer les doutes et les craintes. L’Association des héros, par exemple, ne fait pas qu’élaborer un plan : elle doit aussi composer avec l’idée qu’un traître pourrait se cacher dans ses rangs. Cette méfiance interne ajoute une couche supplémentaire de tension et rend le tout plus crédible.

Garoh, un personnage toujours aussi fascinant
Garoh demeure l’un des personnages les plus intéressants de la série. Dans ce tome, son parcours prend une direction particulière. Il infiltre l’organisation des monstres, à la fois pour atteindre ses propres objectifs et pour prouver qu’il est supérieur aux créatures les plus redoutées. Sans entrer dans les détails, disons que ses motivations continuent d’être nuancées. Il n’est pas un antagoniste classique, et c’est ce qui fait sa force.

On ressent chez lui une certaine complexité morale. Il agit selon sa propre logique, parfois déroutante, mais toujours cohérente avec sa vision du monde. Ce développement donne une profondeur supplémentaire à l’histoire et évite de tomber dans une simple opposition héros contre méchants.

Saitama et l’équilibre entre légèreté et tension
Pendant que les grandes manœuvres se préparent, Saitama, Genos et les autres continuent d’évoluer dans un quotidien presque banal. Cette alternance entre la gravité des événements et la simplicité de certaines scènes apporte un équilibre que la série maîtrise très bien. C’est d’ailleurs l’une des signatures de One-Punch Man : être capable de juxtaposer une situation explosive avec un moment trivial, sans que cela ne paraisse forcé.

Ce contraste permet aussi de rappeler que, malgré l’ampleur des enjeux, l’humour et la légèreté font toujours partie intégrante de l’ADN de la série.

Un dessin d’une précision remarquable
Comme toujours, le travail graphique est impressionnant. Yusuke Murata offre des planches extrêmement détaillées, dynamiques et soignées. Chaque expression, chaque décor, chaque mouvement semble travaillé avec minutie. On sent l’investissement derrière chaque page.

Personnellement, je lis présentement la version couleur de Dragon Ball, et cela me fait réaliser à quel point One-Punch Man fonctionne parfaitement en noir et blanc. Le niveau de détail, les contrastes, l’intensité des traits donnent une force visuelle qui serait peut-être diluée avec la couleur. Ici, le noir et blanc participe pleinement à l’expérience.

Une construction prometteuse
Même si l’on ne sait pas toujours exactement où l’histoire nous mène, tout est amené de manière cohérente. Les bases sont solides, la tension monte progressivement et l’on sent que la conclusion de l’arc se prépare avec ambition. J’ai toutefois un léger soupçon quant à l’ampleur réelle de la bataille à venir, mais cela n’enlève rien à la qualité de ce tome.

Au final, ce dix-neuvième volume se distingue par sa maturité narrative et sa capacité à préparer le terrain sans sacrifier l’identité de la série. Pour moi, il mérite amplement une note de 9 sur 10.

Merci à Interforum pour la copie du manga.

Pour se procurer le manga, c’est ici.

Auteur

Avatar de Trash Talker

Article écrit par

Laisser un commentaire