
Minit – Mourir toutes les 60 secondes n’aura jamais été aussi brillant
J’ai acheté près d’une quinzaine de jeux indépendants cette semaine. Pourquoi? Parce que sur le PlayStation Store, une vente dédiée aux jeux indés battait son plein, et les prix étaient franchement tentants. C’est dans ce contexte que j’ai décidé de me procurer Minit, un petit jeu sorti en 2018 dont le concept peut sembler absurde au premier abord : une aventure qui se termine en… 60 secondes.
Oui, vous avez bien lu. Soixante secondes.
Alors évidemment, la question se pose : pourquoi jouer à un jeu qui se termine en une minute? La réponse est simple, ce n’est pas si simple.
Une malédiction en une minute
Dès les premières secondes, on comprend rapidement l’inspiration évidente des tout premiers Zelda. On débute dans une petite maison, vue du dessus, avec un style minimaliste. On explore les environs, on découvre une épée… et c’est là que tout bascule. L’arme que vous venez de trouver est maudite. Elle vous condamne à mourir après 60 secondes.
À partir de ce moment, la boucle de gameplay s’installe : chaque minute devient précieuse. Vous avez 60 secondes pour explorer, parler aux personnages, résoudre des énigmes, découvrir des raccourcis ou progresser dans l’histoire avant de retomber, inévitablement.
Mais la mort n’est pas une fin. Elle est le cœur même de l’expérience.

Un faux roguelike, mais une vraie progression
Minit donne une impression de roguelike, sans en être totalement un. À chaque mort, vous recommencez depuis votre point de départ… mais pas complètement à zéro. Les éléments clés débloqués, certains raccourcis ouverts et les nouveaux points d’apparition restent acquis.
C’est là toute la subtilité du jeu. Vous ne perdez pas vraiment votre progression, mais vous devez constamment optimiser vos déplacements. Chaque minute devient une réflexion stratégique : est-ce que je vais explorer vers le nord? Est-ce que je tente d’atteindre ce bâtiment aperçu plus tôt? Est-ce que je complète enfin cette petite quête secondaire?
La structure en boucles courtes crée une tension constante. On apprend rapidement à planifier ses actions, à mémoriser les trajets, à gagner quelques précieuses secondes ici et là.

Une aventure minimaliste, mais intelligente
Sans trop spoiler, l’histoire de Minit est simple en apparence. Vous cherchez à briser la malédiction qui vous tue toutes les 60 secondes. En chemin, vous croiserez une galerie de personnages étranges et attachants, chacun avec leurs petites demandes ou leurs problèmes.
Le jeu ne vous prend pas par la main. Comme dans le tout premier The Legend of Zelda, les informations sont rares. Il faut expérimenter, parler aux PNJ, tester des choses. Parfois, vous aurez l’impression de tourner en rond. Mais chaque découverte apporte une réelle satisfaction. Ce n’est pas un jeu difficile mécaniquement. Les combats sont simples, les interactions limitées. La vraie complexité réside dans le cheminement. Trouver la “bonne” progression, comprendre l’ordre logique des événements, optimiser ses trajets, c’est là que Minit brille.
Comptez environ 3 à 5 heures pour voir le générique de fin une première fois, selon votre rythme. Et pour ceux qui en veulent plus, un mode New Game Plus est disponible, ajoutant une nouvelle couche de défi.

Un style visuel rétro assumé
Visuellement, Minit ne cherche pas à impressionner. Le jeu est entièrement en noir et blanc, avec un style qui rappelle clairement la Game Boy originale. Les sprites sont simples, parfois presque austères. Ce ne sera pas un coup de cœur graphique pour tout le monde. Mais ce choix artistique renforce l’identité du jeu. Il y a une cohérence dans cette direction minimaliste.
Du côté sonore, même constat. Les effets sont corrects, fonctionnels. La musique, lorsqu’elle est présente, évoque le 8-bit classique. Ce n’est pas la trame sonore du siècle, mais elle accompagne bien l’expérience sans devenir envahissante. Minit ne cherche pas à séduire par son emballage. Il mise tout sur son idée centrale.

Le génie de la contrainte
Ce qui rend Minit si intéressant, c’est sa contrainte. Là où la majorité des jeux modernes offrent des mondes immenses et des dizaines d’heures de contenu, celui-ci vous impose une limite stricte. Et c’est précisément cette limite qui crée la créativité.
On se surprend à penser différemment. À jouer différemment. À analyser l’espace comme une carte à optimiser. Chaque seconde compte, littéralement. Et cette pression constante donne une saveur unique à l’aventure.
Ce n’est pas un jeu qui plaira à tout le monde. Certains pourraient trouver la répétition frustrante. D’autres pourraient être dérangés par son esthétique minimaliste. Mais pour ceux qui aiment les concepts originaux et les jeux indépendants qui osent sortir du cadre, Minit est une belle surprise.

Verdict
Acheter ce jeu sur un coup de tête pendant une vente s’est avéré être une excellente décision. Derrière son concept qui semble gimmick, Minit propose une expérience intelligente, bien pensée et étonnamment satisfaisante.
Ce n’est pas le jeu le plus spectaculaire visuellement ni le plus ambitieux en termes de production. Mais son gameplay est solide, addictif et unique.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.


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