Afin de terminer en beauté le mois de l’histoire des Noirs, je voulais vous présenter un de mes films préférés.
Après le grand succès de Spider-Man: Into the Spider-Verse, Sony Animation nous présente la suite des aventures de Miles Morales, dans Spider-Man: Across the Spider-Verse. En plus de Shameik Moore, Hailee Steinfeld, Brian Tyree Henry, Lauren Vélez, et Jake Johnson, la distribution s’agrandit avec Jason Schwartzman, Issa Rae, Karan Soni, Daniel Kaluuya, Shea Whigham, et Oscar Isaac.
Et croyez-moi, si vous pensez que le premier film avait repoussé les limites de l’animation, vous n’avez rien vu.

Elle s’appelle Gwen Stacy. Il s’appelle Miles Morales.
De retour dans son univers, Gwen Stacy (Hailee Steinfeld) s’isole de plus en plus, alors que son père (Shea Whigham) pourchasse Spider-Woman qu’il croit être coupable de meurtre. Mais après une anomalie dimensionnelle, elle rencontre la Spider-Woman Jess Drew (Issa Ra) et le Spider-Man 2099 Miguel O’Hara (Oscar Isaac), qui décident de la recruter dans la Spider Society, un groupe de Spider-Men qui protègent le multivers.
De son côté, Miles Morales (Shameik Moore) a de la misère à s’ouvrir à ses parents (Brian Tyree Henry et Laura Vélez) qui ignorent qu’il est secrètement Spider-Man. Mais après une visite soudaine de Gwen, il décide qu’il veut s’enrôler dans la Spider Society et faire ses preuves. Cependant, il ignore que cette route ne sera pas facile, d’autant plus qu’un nouvel ennemi qu’il négligeait, Spot (Jason Schwartzman) semble plus dangereux que prévu…

Une animation révolutionnaire — à nouveau
En 2017, Spider-Man:Into the Spider-Verse a bouleversé le monde de l’animation en repoussant les limites du possible. En 2023, Across the Spider-Verse a trouvé le moyen de les explorer encore plus loin.
En profitant du domaine du multivers, le film utilise différents styles visuels pour chaque univers et ses personnages, certains de ces styles reflétant la personnalité du Spider de sa dimension. Parmi les styles graphiques utilisés, on compte notamment la bédé, l’aquarelle, le parchemin du Moyen Âge, le sketch en noir et blanc, le lego (animé par un Canadien de 14 ans), la prise de vue réelle, le pop art, le collage magazine, le graffiti et le néon futuriste.
Mention spéciale pour l’aquarelle de l’univers de Gwen, dont les couleurs et les textures changent pour refléter les émotions des personnages. (Sur ce point, les émotions de Miles sont aussi visualisées dans une scène vers la fin du film, lors d’une scène poignante et lourde.)
Le film contient aussi une multitude de gags visuels, de easter eggs, de caméos, de memes, de notes textuelles, et de petits détails que vous remarquerez seulement après quelques visionnements. Alors même si vous aviez déjà vu le film, il y a encore plus à découvrir et explorer (notamment pour certains présages qu’on ne remarque que lors d’un double visionnement).
Aussi, le film joue beaucoup avec les perspectives, notamment avec les Spider-Men qui marchent au plafond, pour créer d’autres visuels uniques. Avec les multiples scènes d’actions stupéfiantes (notamment durant la fameuse « poursuite »), et le film contient de multiples plans dont la beauté visuelle peut rivaliser avec le pas de foi du premier film.

De la loi et l’ordre à l’anarchie
En plus de Miles et Gwen, le film introduit une panoplie de personnages secondaires remarquables. Jess Drew et Pavitr Prabhakar (Karan Soni) sont des Spider-Men aux personnalités excentriques et aux styles de combats uniques et captivants.
Mais mon préféré des personnages secondaires demeure le Spider-Punk Hobie Brown (Daniel Kaluuya). Non seulement par son design et style visuel unique, ainsi que son humour sur ses idéaux contradictoires et de ses vannes anarchistes et anticapitalistes, mais aussi par la subtilité qu’il joue son rôle. En effet, à première vue, il semble être un obstacle pour Miles. Mais à la fin du film, on comprend qu’il est en fait un mentor qui l’aidait dans l’ombre et tentait de le prévenir pour Miguel.
Et en parlant de Miguel, il sert d’excellent antagoniste pour la deuxième partie du film. Non seulement parce que ces actions, dans le cadre de ses connaissances, sont compréhensibles, mais aussi parce que, thématiquement, il est à la fois similaire et opposé à Miles, même s’il n’ose pas le dire. (En effet, Miguel est réputé pour être « spécial » comparé aux autres Spider-Men.) Et si Hobie incarne le chaos et le désordre absolu, Miguel incarne l’ordre, la loi, la surveillance, et le destin.
Quant à Spot, il sert d’excellent antagoniste à Miles. Alors qu’au début son pouvoir semblait ridicule, il gagne rapidement en force au cours du récit, et son style visuel passe de caricatural à horrifique.
Avant que j’aille plus loin, je dois mentionner l’excellente bande originale du film, qui alterne avec brio les musiques thématiques de chaque personnage (ceux de Miguel, Gwen, Spot, et un personnage mystère à la fin du film sont mes préférés).

Le canon des Spider-Men
À fond dans la métafiction de Spider-Man, le film aborde la question de ce que cela signifie être un Spider. Les événements clés, les sacrifices, les « canons » du personnage, etc.
Pour Gwen, cela se démontre avec sa relation avec ses parents, et sur son dilemme entre aider Miles, ou rester fidèle à la Spider Society et ses principes.
Pour Miles, c’est non seulement pour tenter de résoudre un dilemme impossible à résoudre (comparable au dilemme du train), mais aussi pour défendre son identité dans un univers qui le considère comme une « erreur ». (Il y a d’ailleurs un côté méta à cela, vu que, lors de sa première apparition dans les médias, la réception de Miles Morales auprès des fans étaient… partagés, disons.)
Le film finit avec l’arc de Gwen qui a pris sa décision, et Miles qui est encore prisonnier de son dilemme.

Conclusion
En plus de reprendre les points forts du premier film, Spider-Man: Across the Spider-Verse défie les limites de l’animation, avec un style visuel unique jamais exploré auparavant avec une bande sonore captivante, et joue avec les codes qu’on attribue au personnage de Spider-Man. Mais surtout, il demeure l’histoire de l’évolution de Miles Morales, qui tente de trouver sa place dans un monde qui le rejette.
Ce film est de loin l’un de mes préférés de la décennie, et j’espère que le troisième volet saura compléter la trilogie avec brio. Si c’est le cas, on aura peut-être entre les mains l’une des meilleures trilogies du cinéma.

Pour visionner le film, c’est ici.

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