Un départ hésitant… avant la claque
Depuis que moi et ma blonde avons terminé Haikyu!!, surtout elle d’ailleurs, nous avons eu énormément de difficulté à embarquer dans un nouvel anime. Haikyu nous avait happés dès les premiers épisodes : rythme soutenu, personnages attachants, montée dramatique constante. Alors quand nous avons commencé L’Attaque des Titans il y a environ cinq mois, on pensait revivre cette même connexion rapide. Pourtant, après seulement six épisodes, nous avons arrêté. L’intérêt était là, mais il manquait quelque chose pour vraiment nous accrocher.

Ce n’était pas ma première tentative. Depuis 2025, j’avais essayé à plusieurs reprises de m’y plonger, mais je bloquais toujours autour de l’épisode 10. J’avais l’impression que la série restait dans une structure assez classique : un monde en danger, un jeune protagoniste animé par la rage, un entraînement militaire, des combats contre des créatures gigantesques. Je trouvais que ça allait dans la simplicité. Avec le recul, je réalise que je confondais mise en place et superficialité. La série prenait son temps — et je n’avais simplement pas été assez patient.

Une histoire qui dépasse son apparente simplicité
La première saison compte 25 épisodes et se divise en deux grands arcs narratifs. Le premier sert à installer l’univers : une humanité enfermée derrière d’immenses murs pour se protéger des Titans, ces créatures humanoïdes qui dévorent les humains sans raison claire. On suit Eren, Mikasa et Armin, trois jeunes dont le destin est bouleversé par un événement traumatisant qui les pousse à rejoindre l’armée. À première vue, on pourrait croire qu’on est face à un shonen classique construit autour de la vengeance et du dépassement de soi.

Mais un événement majeur impliquant directement Eren vient complètement changer la donne. Sans entrer dans les détails pour éviter de spoiler, ce moment transforme non seulement la trajectoire du personnage principal, mais aussi notre compréhension de l’univers. Ce qui semblait simple devient soudainement plus ambigu, plus stratégique, presque politique. L’écriture reprend un élément qui aurait pu être banal et le développe au maximum. On réalise que chaque détail compte, que chaque révélation est calculée. La série ne cherche pas seulement à montrer des humains contre des monstres ; elle construit lentement un mystère beaucoup plus vaste.

Une écriture mature et sans filet de sécurité
On parle souvent du « big three » — Dragon Ball, Naruto, Bleach et One Piece — des séries marquantes qui ont défini le shonen moderne. Elles reposent sur des bases solides : progression du héros, combats spectaculaires, amitié, dépassement de soi. L’Attaque des Titans emprunte certains de ces codes, mais elle s’en éloigne rapidement par son ton beaucoup plus sombre et son écriture étonnamment mature. On a parfois l’impression d’assister à une adaptation de roman plutôt qu’à celle d’un manga.

La série n’a pas peur des conséquences. Les personnages ne sont pas protégés par une armure scénaristique évidente. Quand un danger survient, il est réel. L’auteur n’hésite pas à sacrifier des personnages si cela sert le récit, et cette brutalité donne une tension constante aux affrontements. Chaque bataille est angoissante. On ne regarde pas des héros invincibles triompher ; on observe de jeunes soldats confrontés à une horreur qui les dépasse. Cette fragilité rend les relations entre les personnages encore plus fortes. Eren est impulsif, parfois frustrant, Mikasa est d’une loyauté impressionnante, Armin apporte une intelligence stratégique essentielle. Leur dynamique est crédible, imparfaite, profondément humaine.

Une direction artistique et musicale marquante
Visuellement, la série est frappante. Malgré une palette de couleurs sombre dominée par les gris et les bruns, l’anime conserve une identité visuelle forte grâce à ses contours noirs épais et à ses jeux d’ombre qui créent un effet de profondeur impressionnant. Certaines images peuvent sembler légèrement moins détaillées à certains moments, mais l’ensemble demeure solide et cohérent. Les scènes de déplacement en équipement tridimensionnel sont particulièrement spectaculaires : elles donnent une sensation de vitesse, de verticalité et de danger rarement vue dans les productions de l’époque.

Et il est impossible de parler de cette première saison sans mentionner la musique. La trame sonore amplifie chaque émotion, qu’il s’agisse de tension, de désespoir ou d’espoir. Certains thèmes deviennent rapidement emblématiques et contribuent grandement à l’identité de la série. On ne regarde pas seulement L’Attaque des Titans, on la ressent. La musique transforme des scènes déjà fortes en moments mémorables.

Un deuxième arc qui élève la série
Si le premier arc pose les bases, le deuxième les explose. Le rythme s’intensifie, les révélations s’enchaînent et le mystère prend une ampleur beaucoup plus grande. C’est à ce moment précis que j’ai compris que je m’étais trompé en jugeant la série trop vite. Ce que je prenais pour une narration simple était en réalité une construction patiente, méthodique, qui préparait le terrain pour quelque chose de plus ambitieux.

La saison se conclut sur des développements qui donnent immédiatement envie de continuer. On sent que l’histoire ne fait que commencer et que l’univers cache encore énormément de secrets. Avec du recul, je comprends pourquoi cette série a marqué autant de spectateurs à travers le monde.

Au final, cette première saison est une œuvre intense, sombre et intelligemment construite. Elle demande un peu de patience, mais elle récompense largement ceux qui acceptent de lui faire confiance.

Pour écouter l’anime, cliquez ici

Auteur

Avatar de Trash Talker

Article écrit par

Laisser un commentaire