
Une série intense
Paru il y a maintenant plus de trois ans, le second tome de Clevatess, publié par Ki-Oon, m’était pourtant passé sous le radar à sa sortie. Heureusement, grâce à son adaptation animée diffusée la saison dernière, j’ai fait la magnifique découverte de l’œuvre et je me suis immédiatement plongée dans le manga original !
Derrière cette série aussi brutale qu’émotive, on retrouve le talent de Yûji Iwahara, qui nous offre ici un travail remarquable : une mise en scène très dynamique, des affrontements percutants et une atmosphère sombre, mais toujours traversée par une réelle sensibilité. Plus qu’un simple récit d’action, l’auteur façonne un univers dense où chaque moment de tension porte aussi une charge émotionnelle qui m’a beaucoup surprise. Ici, on ne fait pas qu’assister aux affrontements : on les vit pleinement, projetés au cœur de l’action avec des personnages auxquels on s’attache presque malgré nous.

Une alliance sous tension
Dans cette suite, on retrouve Clevatess et Alicia séparés à la suite de leur capture. D’un côté, le roi-démon se retrouve face à un troll bien décidé à le dévorer… ainsi que le bébé. Mais pourquoi cette créature pourtant si puissante obéirait-elle à un petit humain en apparence insignifiant ? De nouvelles révélations viennent rapidement complexifier la situation, d’autant plus que Clevatess se révèle particulièrement vulnérable sous sa forme humaine. Parviendra-t-il à s’échapper ? Réussira-t-il à sauver l’héritier de Hiden ? Ou l’avenir des humains est-il voué à la destruction ? Une catastrophe semble désormais imminente.
Alors que du côté d’Alicia, la situation n’a rien de plus réjouissant. Revenue d’entre les morts — au prix d’une souffrance tout simplement indicible — elle doit encore affronter ses ravisseurs sans pitié, motivés uniquement par l’appât du gain et la convoitise de l’épée légendaire reposant au fond du Puits d’Elbe, où des créatures affamées guettent patiemment leur prochain festin. Aucune issue ne semble donc favorable dans cet affrontement sanguinaire ! Et si notre héroïne est bel et bien immortelle… elle n’en demeure pas moins capable de ressentir chaque douleur, dans toute son intensité. Chaque décision devient alors un véritable dilemme.

Une intensité de tous les instants
Ce que j’apprécie particulièrement dans Clevatess, c’est que malgré la force impressionnante de notre duo, on n’a jamais l’impression que quoi que ce soit est acquis — et c’est précisément cette incertitude constante qui me captive autant ! Loin des héros surpuissants classiques que je croise dans d’autres œuvres, ici, leur puissance ne devient jamais une facilité scénaristique. Bien au contraire, elle est constamment mise à l’épreuve, rendant chaque victoire fragile et chaque défaite potentiellement fatale. Et c’est justement cette tension sombre, haletante et intensément dramatique qui m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière page !
Ce que j’admire également, c’est la manière dont chaque scène est magnifiquement mise en images par l’auteur ! Chaque planche respire le mouvement : on a presque l’impression de traverser les affrontements avec les personnages, ressentant l’impact de chaque coup. Les expressions des protagonistes sont saisissantes, passant avec magnificence de la tristesse à la douleur, de l’effroi à la détermination, et tout cela sans jamais paraître forcé. Et que dire du soin apporté aux détails : des arrière-plans travaillés aux traits des créatures, chaque élément contribue à renforcer l’intensité dramatique et l’immersion totale dans l’univers. C’est cette précision graphique, combinée à la tension narrative, qui rend la lecture absolument captivante et visuellement époustouflante !

Précision, rythme et suspense : l’action sous son meilleur jour
De plus, je dois dire que j’ai été impressionnée par la mise en scène de l’action, tout aussi percutante que brillamment rythmée. Yûji Iwahara nous démontre encore une fois son talent incontestable : chaque affrontement est construit avec une précision redoutable et maintient cette tension constante qui ne laisse aux lecteurs aucun moment de répit ! Vous en serez témoins, les situations catastrophiques s’enchaînent avec une efficacité remarquable, plaçant les protagonistes dans des impasses toujours plus vertigineuses, sans pour autant que l’action ne soit simplement une succession de combats spectaculaires pour épater la galerie.
Chaque moment déroutant est intelligemment pensé et construit, intégré de manière cohérente à l’intrigue, ce qui rend l’ensemble captivant sans jamais tomber dans une série de scènes décousues ou gratuites. Du début à la fin, on ressent cette incertitude oppressante quant à l’issue des événements, un choix narratif audacieux que j’ai trouvé particulièrement immersif.

Yûji Iwahara : un talent exceptionnel à tous les niveaux
Pour moi, Yûji Iwahara est tout simplement exceptionnel : autant dans la construction du récit que dans la richesse et la puissance de ses illustrations. Chaque planche, chaque scène, chaque rebondissement témoigne d’un talent hors norme, faisant de Clevatess une œuvre absolument incroyable et, incontestablement, un chef-d’œuvre à mes yeux. J’ai été émerveillée par l’intensité de l’action, la profondeur des personnages et le soin apporté aux détails graphiques — un équilibre parfait entre récit captivant et immersion visuelle totale.Je vous invite donc à plonger sans attendre dans cette série toujours en cours de publication avec huit tomes à son actif. Attention toutefois : l’univers de Clevatess reste sombre et exigeant, destiné à un public averti ! Je vous souhaite donc une excellente lecture en attendant mon retour avec ma critique du troisième tome pour partager encore plus de découvertes et de moments intenses.

Merci à Interforum pour la copie du manga.

Queen Kate 💜
Pour vous le procurer, c’est ici.