Après Battle Hearts : Reborn of Steel, Grey Anvil nous propose un jeu d’aventure et de stratégie dans un univers médiévale. Loin des clichés du RPG classique, Tales of Old: Dominus veut raconter la chute d’un empire à travers le regard fatigué de ses derniers survivants. Il propose une expérience de jeux qui se situe entre un Red Dead Revolver et un jeu de gestion. Une formule risquée, mais ô combien intrigante.

Beaucoup de questions, peu de certitudes
L’histoire s’ouvre sur un royaume au bord de l’effondrement. Dominus, jadis prospère, vit ses derniers jours. On y incarne Éric, un officier désabusé, contraint de naviguer dans un monde où alliances et trahisons s’entremêlent sans répit. Rien n’est simple, et personne n’est totalement bon ou mauvais.
Éric est sans doute l’un des personnages les plus convaincants des derniers jeux que j’ai joués. Il n’est pas un héros flamboyant, mais un homme fatigué, terre-à-terre, qui tente de maintenir un semblant d’ordre dans un empire qui s’écroule sous ses yeux. Chaque dialogue, chaque regard, respire le désespoir d’un monde en fin de course. On s’attache vite à lui, non pas parce qu’il sauve le monde, mais parce qu’il essaie simplement d’y survivre.

Une expérience brisée par moments
On aurait aimé dire que le produit est parfait. Mais hélas, plusieurs sessions de jeu se sont ponctuées de freezes frustrants. Ces arrêts brutaux, surtout en plein dialogue crucial ou lors d’un choix moral important, brisent le rythme et donne l’impression que le jeu est peut-être sortie trop tôt.
La bonne nouvelle, c’est que les sauvegardes automatiques sont fréquentes, ce qui limite les pertes de progression. Mais impossible d’ignorer que ces problèmes nuisent à un jeu qui mise justement sur l’immersion. Dans un univers où chaque seconde de silence compte, un écran figé a vite fait de tout gâcher.

Entre RPG et gestion : un mariage compliqué
C’est sans doute le cœur du problème. Le gameplay de Tales of Old: Dominus flotte entre deux créneaux : d’un côté, un RPG à choix narratifs ; de l’autre, un jeu de gestion politique. Sur le papier, ce mixte a de quoi séduire. Dans les faits, le résultat est plus mitigé. Les mécaniques de gestion (administration des provinces, équilibre des finances, négociations avec les seigneurs) sont trop simplistes pour captiver les amateurs du genre. On gagne ou on perd du prestige selon trois jauges, et voilà. Pas de profondeur, peu de stratégie réelle.
Et pourtant, pour les habitués de RPG narratifs, ces mêmes séquences peuvent sembler inutilement complexes. Les menus sont touffus, les chiffres nombreux, sans que cela change fondamentalement les choix finaux. On finit par cliquer machinalement, un œil sur les dialogues, l’autre sur les jauges. C’est trop de chiffres pour un jeu d’histoires et trop de texte pour un jeu de gestion. Les deux systèmes se tirent un peu dans les pattes, empêchant Tales of Old: Dominus d’atteindre une expérience optimale.

Un monde d’une beauté déchue
Visuellement, Grey Anvil a encore frappé fort. Dominus est un monde fatigué, qui respire la poussière et le souvenir. Les villages se consument doucement sous un soleil gris, les citadelles se dressent comme des tombeaux de pierre. On ressent littéralement la fin d’une époque, un univers figé entre majesté et ruine. Les textures sont fines, l’éclairage soigné, et la direction artistique joue beaucoup sur la lumière : des teintes d’ambre pour le passé, de gris bleuté pour le présent. La bande sonore colle parfaitement à l’émotion qui est représenté dans le jeu. Des moments de silences sont placés à des moments cruciales ce qui crée un effet de pesanteur qui met en relief les moments sombre de l’histoire.

En résumé
Tales of Old: Dominus est une œuvre magnifique dans son intention, mais imparfaite dans son exécution. Son univers visuel et narratif impressionne, son personnage principal captive, mais ses hésitations mécaniques et ses problèmes techniques l’empêchent d’atteindre le statut de chef-d’œuvre.
C’est un jeu qui ne plaira pas à tout le monde : trop lent pour les amateurs d’action, trop imprécis pour les puristes de la gestion. Il faut quand même saluer l’effort d’avoir essayé de proposer quelque chose de nouveau.

Merci à indie.io pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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