
Sorti à l’été 2024, Days with My Stepsister a été une de mes grandes surprises puisque je m’attendais à quelque chose de vulgaire et rempli de fan service mais j’ai eu droit à quelque chose de remarquablement touchant. Cet anime est basé sur une série de light novels écrit par Ghost Mikawa depuis janvier 2021 et fait partie d’un projet multimédia qui a débuté avec une chaîne radio sur Youtube suivant les protagonistes dans leur vie quotidienne et ainsi qu’un manga. J’ai d’ailleurs eu la chance de couvrir une autre adaptation d’une série de Ghost Mikawa auparavant et ce qui est intéressant, c’est le contraste dans le ton entre les deux séries. Cette série de 12 épisodes a été produite par le vénérable Studio DEEN et est la première production de son directeur, Ueno Souta.
Asamura Yuuta, du jour au lendemain, voit sa vie chambouler. Il vit seul avec son père depuis le divorce de ses parents, sa mère les ayant abandonnés. Un jour, son père annonce qu’il a rencontré une femme et qu’il va se remarier avec elle. De plus, Yuuta sera un grand frère puisque la nouvelle épouse de son père est aussi mère d’une fille qui serait beaucoup plus jeune que lui selon une photo que son père lui montre.

À sa grande surprise, Yuuta découvre que sa nouvelle demi-sœur n’est pas une adorable petite fille au primaire mais Ayase Saki, la beauté fatale de son école, distante et entourée de rumeurs moins que plaisante sur ses mœurs à l’extérieur de l’école. À sa surprise, Yuuta découvre que Saki est très loin d’être supposément une fille facile qui fréquente des love hotels mais plutôt une personne très réservée et qui rêve surtout d’être indépendante.
Ainsi débute une nouvelle vie quotidienne pour nos deux protagonistes qui apprennent à se connaître et voient une relation naître entre eux. Maintenant, où est-ce que cette nouvelle réalité va mener la relation naissante entre Yuuta et Saki? Resteront-ils des inconnus? Seront-ils des amis ou plus encore?
Une série terre à terre et introspective
La première chose qui nous frappe avec Days with My Stepsister, c’est comment la série est très calme. Les personnages ne sont jamais animés avec les expressions exagérées que l’on peut voir dans les animes et ne vont pas aussi crier de façon dramatique lorsqu’ils se parlent entre eux. La palette de couleur est aussi douce et chaleureuse, réflétant le ton d’une vie ordinaire et familière. Les effets de caméras sont très artistiques et se démarquent par comment ils réussissent à nous captiver sans être tape à l’oeil. Ces effets très sobres mais très bien exécutés racontent souvent comment les personnages vivent leurs émotions complexes lors de l’apparition de ces effets.
Contrairement à d’autres séries impliquant des demi-frères et des demi-soeurs, il n’y a pas de fanservice excessif, la série préférant prendre un ton plus mature et sain dans la représentation de ses personnages, cherchant à la place à explorer les émotions que ceux-ci vivent avec leur nouvelle réalité.

Days with My Stepsister se veut très terre à terre et une sorte d’exploration de la vie quotidienne entre deux jeunes inconnus qui doivent composer avec une nouvelle personne dans leur train de vie. Les épisodes nous donnent des dates exactes, nous permettant de nous situer dans le temps et nous donnant le sentiment d’une histoire de tous les jours.
On explore aussi les états d’âmes de Yuuta et Saki à travers la série avec leurs questionnements et leur adaptation à leur nouvelle vie. Cela peut se manifester par des petites choses comme par exemple Saki qui tente de comprendre comment les interrupteurs fonctionnent après que sa mère et elle aient emménagé chez Yuuta et son père ou des moments où Yuuta trouve ça étrange de rentrer à la maison et de voir une personne qui l’attend pour souper avec lui.

Pour accompagner cette introspection, il y a une trame sonore très douce mais qui va chercher nos émotions, nous réconfortant durant les événements de la série et nous faisant sortir les émotions de nos protagonistes. La chanson d’ouverture, Tenshi-tachi no Uta (The Song of Angels) par fhána ainsi que Suisou no Buranko (Aquarium Swim) par Kitri, suivent bien cette idée de douceur de la vie quotidienne. La première chanson reflète comment les mondes de Yuuta et Saki se sont mélangés pour en créer un nouveau à explorer et comment celui-ci va leur être précieux et doit être protégé. Quant à Suisou no Buranko, elle raconte l’espoir d’un monde plus gentil et plus tendre pour nos protagonistes. Ces deux chansons représentent aussi bien la vie difficile de Saki et Yuuta avant les événements de la série et comment leur vie change au fil des épisodes.
Des personnages réalistes
Saki et Yuuta sont deux personnages qu’ il est facile de reconnaître dans la vie de tous les jours et qui sont très réalistes dans leur façon d’être. Ils sont très similaires en fait. Le trait le plus commun qu’ils ont, c’est leur indépendance. C’est d’ailleurs un trait qu’ils chérissent et l’un de leurs grands questionnements durant la série, c’est de continuer à être le plus indépendant possible ou apprendre à se fier sur l’autre.

Les deux ont eu une jeunesse marquée par un parent abusif, des divorces difficiles et les résultats de ces derniers qui ont fait en sorte que le parent qui est resté n’a jamais eu assez de temps pour eux. Ainsi, nos deux protagonistes, bien que très gentils, sont très distants et réticents de s’attacher émotionnellement. Cela mène au désir très fort de Saki et Yuuta de rester indépendants. Ils sont aussi incertains de comment agir entre eux puisque c’est la première fois depuis leur enfance qu’il y a une autre personne à la maison en dehors d’un parent. Par exemple, il y a un malentendu entre Yuuta et Saki quand cette dernière se cherche un emploi à temps partiel car Saki utilise les mauvais termes et Yuuta a mal compris à cause des rumeurs qu’il a entendu sur Saki en plus du vocabulaire de sa demie-soeur.
En même temps, ils sont très humains dans leurs relations. Saki est solitaire, n’ayant qu’une seule amie puisque celle-ci est la seule qui n’a pas cru aux rumeurs douteuses sur la mère de Saki. Quant à Yuuta, il a son meilleur ami, Maru, et son amie, Shiori, qui est également sa collègue de travail avec lesquels il a de belles amitiés qui se soutiennent et qui se taquinent mutuellement.

Une série étonnamment difficile à suivre
Pour toutes les forces de Days with my Stepsister, les épisodes peuvent être difficiles à suivre à cause de la nature très calme des épisodes. Il y a beaucoup de subtilité dans la façon dont les émotions et états d’âmes de Saki et Yuuta sont exprimés. Cette subtilité peut facilement être ratée. De plus, les conversations n’ont pas les voix et expressions exagérées comme dans d’autres animes de romance et, avec leur nature très terre à terre, font en sorte qu’il est facile de se faire distraire ou de perdre l’attention sur ce que les personnages se disent entre eux. Également, le fait que la série nous montre une vie quotidienne très ordinaire fait en sorte qu’il est facile d’oublier ce qui s’est passé dans les épisodes.

Conclusion et autres contenus reliés
Days with my Stepsister, malgré ses épisodes un peu difficiles à suivre, reste une excellente série et un très bon lancement de carrière pour son directeur Ueno Souta. C’est une série qui se démarque par la grande introspection de ses protagonistes, la fascinante exploration émotionnelle et ses superbes effets visuels. Chaque épisode a été fait avec amour et grand soin pour nous raconter une histoire touchante. Nous sommes d’ailleurs chanceux puisque le light novel et le manga sont disponibles en anglais chez Yen Press. Sept volumes du roman sur 15 tomes ont déjà été traduits tandis que les cinq volumes du manga sont tous traduits. Avec le 16e tome qui sort dans les prochaines semaines, Ghost Mikawa est d’ailleurs toujours très passionné par l’écriture de sa série, et a annoncé qu’il prévoit écrire jusqu’à 20 volumes lors de son entrevue la plus récente. Quant à la chaîne Youtube, il a malheureusement annoncé une suspension indéterminée pour la création de nouveau contenu pour celle-ci mais le contenu actuel est disponible sous-titré en anglais.
Pour conclure, je donne un score de 8/10 à Days with my Stepsister et pour ceux qui veulent la série, l’intégralité des 12 épisodes sont disponibles sur Crunchyroll.

Pour visionner l’anime c’est ici.


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