
Il existe des jeux qui cherchent à raconter des épopées héroïques, d’autres qui veulent simuler des guerres galactiques… et puis il y a ceux qui décident simplement de canaliser la haine universelle du lundi matin. Monday Syndrome fait clairement partie de cette seconde catégorie très particulière. Développé par hyesmo et lancé le 9 février 2026, le jeu propose une approche roguelike twin-stick shooter aussi absurde que cathartique, où l’on incarne un employé de bureau qui décide littéralement de régler ses comptes avec son environnement professionnel.
Mais attention, ici, les collègues ne sont pas seulement agaçants : ce sont des démons. Une idée simple, mais qui donne immédiatement le ton.

Un concept aussi bête que brillant
Dès les premières minutes, Monday Syndrome pose son ambiance. On se retrouve dans un immeuble de bureaux banal du moins en apparence. Rapidement, la routine administrative laisse place à un déferlement de créatures démoniaques représentant collègues, RH ou cadres transformés en monstres grotesques.
Le principe est limpide, étage après étage, il faut nettoyer les lieux à coups d’armes improvisées règle électrique, cafetière brûlante, fournitures de bureau détournées dans un gameplay twin-stick shooter classique mais efficace.
Chaque run suit la logique roguelike, on progresse, on accumule de l’argent, on débloque des armes permanentes, tandis que les bonus temporaires ne durent que le temps de la tentative en cours. Un système très familier pour les amateurs du genre, mais qui fonctionne bien ici grâce à son rythme rapide.

Une boucle de gameplay immédiate et addictive
Ce qui frappe, c’est la prise en main instantanée. Déplacement au stick gauche, visée au stick droit, attaques rapides et lourdes, esquive : tout est lisible, nerveux, sans fioritures inutiles.
Le jeu pousse à bouger constamment. Les ennemis de mêlée encerclent, ceux à distance bombardent, et rester immobile équivaut souvent à signer son arrêt de mort. Cette pression constante rend les premières heures particulièrement engageantes.
Le système d’armes apporte aussi une belle variété. Certaines sont orientées mêlée, d’autres projectiles, d’autres encore créent des zones de dégâts. La fameuse cafetière, par exemple, permet d’attaquer à distance et même à travers certains obstacles, ce qui modifie radicalement la manière d’aborder les affrontements.

Progression et hub : le cœur roguelike
Entre chaque tentative, on retourne dans un hub central servant de zone d’amélioration. On y débloque de nouvelles armes, on investit l’argent gagné, et on prépare la prochaine descente aux enfers bureaucratique.
Un système original repose sur une photocopieuse modifiée qui génère des bonus aléatoires pour la run suivante. Ces améliorations peuvent booster vitesse, puissance ou mobilité, rendant certaines tentatives beaucoup plus faciles que d’autres.
Ce côté aléatoire est grisant au début, car il donne l’impression de progresser constamment, même après un échec.

Une direction artistique absurde mais cohérente
Visuellement, Monday Syndrome ne cherche pas le photoréalisme. Le style est coloré, caricatural, presque cartoon, ce qui contraste volontairement avec la violence des actions.
Les bureaux deviennent des arènes, les salles de réunion des champs de bataille, et les accessoires du quotidien se transforment en outils de destruction. L’idée n’est pas d’effrayer, mais de faire sourire tout en défoulant le joueur.
Cette cohérence artistique renforce l’identité du jeu : on est dans une satire du monde du travail, pas dans un shooter sérieux.

Le problème de la répétition
Là où l’expérience commence à s’essouffler, c’est sur la durée. Une fois certaines armes débloquées, le challenge peut chuter drastiquement. Certaines combinaisons de bonus rendent le joueur presque intouchable, permettant de nettoyer des étages entiers sans réelle opposition.
Ce déséquilibre casse un peu la tension roguelike. On passe d’une lutte pour survivre à une routine mécanique, ce qui nuit à la longévité. Les boss, censés briser la monotonie, ne remplissent pas toujours leur rôle. Certains affrontements manquent d’impact ou de difficulté, donnant l’impression d’être de simples formalités.

Des soucis d’interface et de confort
Autre point faible : l’ergonomie. Naviguer dans les menus, sélectionner les armes ou gérer les déblocages peut devenir laborieux, surtout à la manette. Certains systèmes semblent pensés pour la souris, ce qui rend l’expérience moins fluide sur d’autres supports. Rien de catastrophique, mais suffisamment présent pour casser le rythme entre deux runs.

Une ambiance qui parle à tout le monde
Malgré ses défauts, Monday Syndrome réussit quelque chose d’important : créer une connexion immédiate avec le joueur. Qui n’a jamais fantasmé envoyer valser son bureau un lundi matin ? Le jeu transforme cette frustration universelle en exutoire ludique. Et c’est là sa plus grande force : il ne cherche pas à être profond, mais à être relatable, drôle et libérateur.

Forces et défauts
Forces :
- Un concept original et cathartique immédiatement compréhensible.
- Gameplay twin-stick nerveux et accessible.
- Boucle roguelike efficace sur les premières heures.
- Armes créatives et amusantes à utiliser.
- Direction artistique satirique cohérente.
Défauts :
- Répétitivité qui s’installe trop vite.
- Difficulté déséquilibrée selon les bonus.
- Boss peu marquants.
- Interface parfois maladroite à la manette.

Verdict
Monday Syndrome n’est pas un roguelike révolutionnaire, ni le plus profond du marché. Mais ce n’est clairement pas son objectif.
Là où il réussit, c’est dans sa capacité à transformer une frustration universelle – la haine du lundi et du bureau – en expérience ludique défoulante, rapide et souvent drôle. Son gameplay fonctionne, sa boucle d’amélioration accroche, et son identité visuelle lui donne un charme certain.
Oui, la répétition finit par se faire sentir. Oui, l’équilibrage aurait mérité plus de rigueur. Mais malgré cela, le jeu reste fun, accessible et parfait pour des sessions courtes où l’on veut simplement se vider la tête.
Sans être un chef-d’œuvre du roguelike, il remplit exactement ce qu’on attend de lui.
Merci à Blackburne Games Studio FZ LLC pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu c’est ici.


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