
Quand la magie de l’encre flirte avec la folie
Dès les premières minutes, Aris Arcanum impose une identité forte et intrigante. Ce roguelite teinté d’horreur cosmique plonge le joueur au cœur d’une immense bibliothèque ésotérique rongée par une corruption surnaturelle. Entre magie occulte, savoir interdit et descentes répétées dans des salles déformées par l’Encre, le jeu propose une expérience singulière, portée par une ambiance lourde et une direction artistique évocatrice. Malgré quelques accrocs notables dans son gameplay, il réussit malgré tout à captiver par son univers et ses idées.
Une bibliothèque vivante… et profondément malade
Le monde d’Aris est sans conteste l’un des grands points forts du jeu. La bibliothèque, autrefois symbole de connaissance et d’ordre, est désormais ravagée par l’Encre, une entité extraterrestre aux propriétés aussi fascinantes que destructrices. Les érudits corrompus, marqués physiquement et mentalement par cette boue noire, donnent corps à une tragédie palpable. Chaque salle traversée raconte une chute, chaque ennemi évoque une tentative ratée de maîtriser un pouvoir trop grand.
Le récit de Clyde, ancien futur dirigeant de la bibliothèque devenu superviseur de l’Atramancie, s’inscrit parfaitement dans cette atmosphère. Sa quête de rédemption, après la perte de sa mentor Mira, donne un cadre narratif solide aux descentes répétées typiques du roguelite.

L’Atramancie: une magie aussi grisante que dangereuse
Sur le plan divertissement, Aris Arcanum brille par son système de sorts basé sur l’Encre. Chaque pouvoir utilisé est à double tranchant: plus Clyde s’appuie sur cette magie occulte, plus la corruption progresse. Cette mécanique renforce le sentiment de tension permanente et oblige le joueur à réfléchir à ses choix, même au cœur de l’action.
Les sorts offrent une belle variété d’approches, permettant de composer des styles de jeu distincts au fil des tentatives. La progression roguelite, bien rythmée, encourage l’expérimentation et donne envie de replonger encore et encore dans les profondeurs d’Aris.

Des combats solides, mais entravés par deux faiblesses majeures
Malgré ses qualités, le jeu n’est pas exempt de défauts. Le premier, et sans doute le plus perceptible, concerne le déplacement lent de Clyde. Cette lourdeur peut frustrer, surtout face à des ennemis rapides ou lors de situations demandant des esquives précises.
La seconde faiblesse notable réside dans l’absence d’un système de blocage ou de verrouillage de cible. Sans mécanisme permettant de focuser clairement un ennemi, certains combats manquent de lisibilité, rendant la visée moins précise et parfois injuste, notamment dans les affrontements plus chaotiques.

Une expérience imparfaite, mais profondément envoûtante
En dépit de ces limitations, Aris Arcanum reste une proposition audacieuse et attachante. Son univers dense, sa narration sombre et son approche originale de la magie compensent largement ses faiblesses techniques. Pour les amateurs de roguelites narratifs et d’ambiances lovecraftiennes, il s’agit d’une descente dans la folie qui mérite amplement d’être vécue… plume à la main, et encre jusqu’aux coudes.
Merci à indie.io pour la copie du jeu.

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