
Shakespeare à travers le prisme du manga
Salut la gang de G pour Geek!
Cette semaine, je vous parle d’un manga un peu particulier, puisqu’il fait partie de la collection « Les classiques en manga » publiée par Nobi Nobi! Une série que j’adore personnellement pour son ambition : rendre accessibles, vivantes et attrayantes de grandes œuvres de la littérature mondiale en les adaptant au format manga ! L’objectif est simple, mais redoutablement efficace : susciter la curiosité des jeunes lecteurs — et raviver celle des moins jeunes — en leur proposant une porte d’entrée dynamique et immersive vers ces monuments littéraires. Une façon originale de les redécouvrir… ou de les découvrir tout court, sous un angle nouveau et rafraîchissant.
Parmi les titres déjà adaptés, on retrouve notamment Le Comte de Monte-Cristo, Les Trois Mousquetaires, Les Misérables, Hamlet ou encore Roméo et Juliette.
Mais cette semaine, je m’attarde plus précisément à l’une des œuvres majeures de l’incroyable William Shakespeare : Le Songe d’une nuit d’été, initialement publiée vers 1595-1596. Cette comédie emblématique de la fin du XVIe siècle traverse les époques sans jamais perdre de sa fraîcheur ni de sa pertinence, et c’est toujours le cas ici ! La version manga dont je vous parle, disponible depuis novembre dernier, est adaptée par Crystal S. Chan, qui propose une relecture dynamique et accessible de cette œuvre intemporelle.
Une comédie aussi magique que chaotique, où l’amour et l’illusion s’entremêlent dans une nuit hors du temps !

Désirs, quiproquos et enchantements
L’histoire nous plonge dans un incroyable chaos amoureux profondément marqué par l’autorité patriarcale. Ainsi, la jeune Hermia est éprise de Lysandre, mais son père, Égée, l’a déjà promise à Démétrius. Refusant d’entendre les sentiments de sa fille, il fait appel au duc tyran d’Athènes, Thésée, afin de faire respecter son autorité. Hermia se retrouve alors face à un choix cruel : obéir à son père et renoncer à l’amour, accepter la mort selon la loi athénienne… ou choisir le célibat à vie. Trois options tout aussi oppressantes les unes que les autres pour notre jeune femme déterminée à défendre son cœur !
Hermia et Lysandre choisissent donc la fuite. Mais, évidemment, rien ne sera simple. Démétrius, vexé d’être rejeté, se lance à leur poursuite… sans se douter qu’il est lui-même suivi par Hélène, follement amoureuse de lui, bien qu’il ne lui accorde aucune attention (Ouch!). Comme si, dans cette histoire, personne ne pouvait aimer librement — ni être aimé en retour.
Les jeunes amoureux et leur poursuivant se retrouvent alors au cœur d’une forêt enchantée, théâtre des querelles du roi et de la reine des fées, Obéron et Titania. Et c’est là que la cacophonie va débuter : sous l’influence d’un élixir magique censé provoquer l’amour au premier regard — administré par le malicieux Puck — les sentiments vont se brouiller, les cœurs changer de cible et une panoplie de quiproquos vont s’enchaîner…
Le songe d’une nuit d’été, c’est tout simplement un savant mélange entre sortilèges, jalousies, transformations inattendues et situations absurdes. Ce sera une nuit d’été complètement folle, jusqu’à ce que l’ordre — et les bons sentiments — soient finalement rétablis !
Et je vous le dis, cette remarquable adaptation, avec ses 305 pages, conserve une excellente fidélité à l’histoire originale de Shakespeare. Eh oui ! Malgré le passage au format manga, le scénario respecte avec soin la trame, les personnages et les rebondissements de la pièce classique. Les dilemmes amoureux, les conflits familiaux, les manipulations féériques et les quiproquos savoureux sont tous présents, comme si on lisait le texte original, mais avec une mise en images qui le rend d’autant plus vivant et accessible. Une pièce où la tension dramatique se marie harmonieusement à une touche d’humour subtile.
Cette fidélité vous permettra ainsi de profiter de la magie de la pièce de Shakespeare tout en découvrant un univers graphique captivant, vous offrant ainsi une expérience qui honore pleinement l’œuvre de notre grand écrivain. Vous l’aurez donc compris, ma lecture fut tout simplement INCROYABLE !

Une mise en images féerique… avec un léger bémol
Ce que j’ai particulièrement adoré de cette adaptation c’est justement cette mise en images, œuvre du talentueux Po Tse, qui parvient somptueusement à donner vie aux personnages et à l’univers féérique de Shakespeare. Chaque protagoniste est magnifiquement représenté, avec des expressions, des postures et des détails vestimentaires qui reflètent parfaitement sa personnalité unique et ses émotions. Les scènes d’interaction, les jeux de regards et les situations comiques prennent une dimension encore plus captivante — et attachante — grâce à cette mise en images ma foi très précise et expressive, créant ainsi une atmosphère magique où l’on se laisse rapidement emporter par la fantaisie et l’élégance de l’œuvre.
Le seul bémol, à mon sens, concerne la forêt enchantée… qui constitue pourtant le cœur même de la magie et de la féérie. Dans cette version, elle m’a semblé assez fade et moins immersive que ce que je m’attendais pour un lieu central de sortilèges et d’embrouilles. J’ai malheureusement trouvé que, malgré la beauté des personnages et le soin apporté aux scènes principales, cette forêt manquait un peu de profondeur et de mystère, et cela atténue légèrement l’enchantement de certains passages. Un petit regret dans une adaptation pourtant très réussie.

Une fidélité à l’œuvre originale qui peut complexifier la lecture
Comme je vous l’ai déjà dit, l’un des aspects fascinants de cette adaptation réside dans sa fidélité à l’œuvre originale… mais cet engagement a aussi ses défis. Après tout, il s’agit d’un récit écrit au XIXᵉ siècle, avec un langage qui reflète pleinement son époque. Le vocabulaire est donc sophistiqué, les tournures de phrases souvent poétiques plutôt que littérales, et certaines métaphores, allégories ou hyperboles ne sont pas toujours directement illustrées — même si plusieurs d’entre elles sont très bien représentées. Comprendre toutes les subtilités du texte demande donc une certaine capacité à déchiffrer le langage et à apprécier la profondeur des images poétiques de Shakespeare, soyez-en prévenus !
De plus, le nombre de personnages est assez élevé et peut également compliquer la lecture, surtout si, comme moi, vous avez tendance à oublier les noms ou à confondre les visages. Cela peut rendre la grande aventure de cette pièce un peu plus difficile à suivre. Heureusement, l’auteur a pensé à nous : une fiche récapitulative avec les noms et les représentations de chacun des personnages est disponible en début d’œuvre. Honnêtement, j’ai énormément apprécié ce guide, car il m’a permis de m’y référer tout au long de ma lecture et de ne jamais perdre le fil du récit.
Au final, pour une grande amatrice de littérature classique comme moi, cette fidélité a été un véritable atout : elle a enrichi ma lecture, m’a permis de savourer les nuances du texte et d’apprécier encore davantage le génie de Shakespeare. Cela dit, je reconnais que ce niveau de complexité pourrait troubler certains lecteurs, notamment ceux moins habitués à ce type de langage ou à la poésie classique. Une lecture exigeante, mais profondément gratifiante pour qui accepte de plonger dans l’univers original de la pièce !

Une adaptation qui séduit malgré tout
Sommes toutes, je suis réellement satisfaite de cette adaptation en manga et j’ai énormément apprécié ma relecture de Songe d’une nuit d’été. Chaque page m’a permis d’admirer les illustrations magnifiques de Po Tse, qui donnent vie aux personnages et à l’univers féérique de l’œuvre. Et même si certains aspects ont présenté de petits défis personnels, rien n’a entravé mon plaisir de lecture ni mon admiration pour le récit.
J’espère donc que cette première critique d’un « classique en manga » vous aura donné envie de plonger dans cette merveilleuse collection de Nobi Nobi! et de revisiter ces œuvres intemporelles. Si vous aimez la grande littérature, ces adaptations vous offrirons une manière originale et visuelle de redécouvrir les classiques de la littérature, tout en profitant d’une expérience graphique captivante et fidèle à l’esprit des textes originaux. Une splendide invitation à se laisser émerveiller par ces magnifiques réinterprétations.
Et d’ici mes prochaines publications, je vous souhaite de très belles lectures, et à la semaine prochaine !

Merci à Hachette pour la copie de ce manga.

Queen Kate 💜
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