Timothée Chalamet est rapidement devenu le DiCaprio de cette génération. Cette année encore, un de ses films est nominés aux oscars cette année. Accompagné de Gwyneth Paltrow, Odessa A’zio, Kevin O’Leary, Tyler Okanma, Abel Ferrara et Fran Drescher, il joue dans Marty Supreme de Josh Safdie, une comédie dramatique sportive sur un joueur de tennis sur tables des années 1950. Le film est librement inspiré du champion de tennis sur table Marty Reisman.
Anecdote personnelle. Par ironie du sort, j’ai vu ce film la même journée que l’avant-première de Goat, un autre film de sport. Et d’une certaine manière, Marty Supreme ne pouvait être plus à l’opposé de celui-ci.

Devenir le meilleur, se battre sans répits, tout faire pour être vainqueur…
Marty Mauser (Timothée Chalamet), vendeur de chaussures et joueur de ping-pong arrogant, souhaite partir à l’étranger pour concourir au championnat mondial de tennis sur table. Malgré son manque d’argent, les objections de ses proches, et ses responsabilités envers eux qu’ils négligent, il fera tout pour atteindre son objectif. Quitte à trahir ses proches, arnaquer les gens, commettre des crimes, s’associer avec des personnes peu recommandables… Mais lorsque la répercussion de ses actes retombera sur lui, ces nombreux sacrifices en vaudront-ils la peine?

Un style inusité
L’histoire se déroulant peu après la Deuxième Guerre mondiale, le film reprend aisément les décors, les costumes et l’esthétique de l’époque, ainsi que de la culture juive après les événements tragiques de la décennie antérieure. Il incorpore cependant une bande sonore anachronique, avec des chansons qui jouent avec les thématiques de l’intrigue.
Le film va cependant utiliser à quelques moments des images étranges et singulières, qui feront réagir à coup sûr le spectateur. Notamment la scène des crédits d’ouverture, ou encore une scène où le miel est invoqué.
Autrement, le montage démontre bien l’intensité des parties de ping-pong, et nous incite à investir dans la partie.

« Suis-je le méchant? »
Comme on pouvait s’y attendre, Chalamet est de loin au cœur du récit avec sa performance phénoménale. Le tout en jouant… l’un des personnages les plus détestables qu’il soit.
Vous savez les films où on suit un outsider sous-estimé mais pur de cœur qui triomphe de l’ancien champion arrogant, égoïste et malhonnête? Et bien, cette fois, vous suivez « l’ancien champion ». Sauf qu’il est, cette fois, rancunier de sa précédente défaite, trompe sa maîtresse mariée (qu’il veut abandonner même si elle est enceinte de lui) avec une autre femme mariée, n’hésite pas à mentir, rabaisser les autres, arnaquer, voler, commettre des délits pour parvenir à ses fins… Il est grosso modo Walter White ou Light Yagami (sans la drogue ou le cahier de la mort, bien sûr) mélangé avec un personnage d’un sketch de Wil Aime.
Ce choix crée un dilemme chez le spectateur durant le film. Comme il est le protagoniste, l’instinct premier est de vouloir le voir réussir, mais ses actions nous font cependant souhaiter sa défaite, et on a très peu de sympathie lorsqu’il se fait arnaquer à son tour, ou qu’il fait face aux conséquences de ses actes.

Tout cela… pour quoi?
Et autant on rend Marty détestable, on nous fait sympathiser avec ceux qu’ils méprisent (même si certains d’entre eux sont aussi loin d’être innocents). On sympathise également avec son rival Koto, le joueur japonais sourd qui est devenu une image nationale pour son pays.
Le film explore le prix de la recherche de l’excellence et la gloire au détriment du reste et d’autrui. Marty va jusqu’à trahir maintes fois ses proches, à abuser de la confiance de plusieurs, et pour quoi? Pour ruiner la réputation d’un héros national pour satisfaire son propre ego? Parce qu’il est « meilleur que tout le monde »?
Et après, quand la vérité reviendra à lui, tout ce qu’il a traversé en vaudra-t-il la peine?

Quelques reproches
Il n’y en a pas beaucoup, mais j’ai quelques reproches à faire au film.
D’abord, une scène « d’humiliation » vers la fin du film m’a un peu dérangée. Peut-être est-ce parce que j’ai vu ce film à un mauvais moment dans notre climat politique actuel ou encore que j’interprète la scène différemment de son intention première, mais cette scène me semblait inutile et exploiteuse.
Aussi, quelques actions de certains personnages m’ont fait gratter la tête à certains moments, notamment le personnage de Paltrow.
Enfin, j’aurais préféré que la fin se passe autrement. Le film fonctionne avec cette fin et a bien été exécuté, mais une fin alternative aurait été plus forte, selon moi.

Conclusion
Timothée Chalamet triomphe dans Marty Supreme à travers son personnage têtu, déterminé et détestable. Cela crée une dynamique inhabituelle, semblable aux films comme Fight Club, The Wolf of Wall Street, ou Taxi Driver. C’est un film qui vous surprendra, vous frustrera, et vous fera réfléchir. Cela dit, le film laisse beaucoup de place à l’interprétation de la moralité des personnages ainsi que de son message. Alors ne soyez pas surpris si vous arrivez à une conclusion différente de la mienne.

Pour visionner le film, c’est ici.

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