Une quête mythologique aux accents guaranis
Testé sur PS5, Tropicalia se présente comme un RPG au tour par tour qui puise clairement dans les racines du genre tout en tentant de séduire un public moderne. Le jeu nous plonge dans un univers inspiré des mythes sud-américains, loin des dragons et des elfes habituels, pour proposer une expérience à la fois dépaysante… et parfois déroutante.

Dans Tropicalia, le joueur incarne Kaique, un courageux guerrier guarani dont la vie bascule lorsque sa compagne, Kerana, est enlevée par Tau, un dieu maléfique. Ce point de départ très classique sert de prétexte à une aventure qui mise avant tout sur son folklore. Curupiras et Boitatas remplacent les créatures fantasy traditionnelles, offrant un bestiaire original qui change agréablement des codes habituels du RPG japonais.

L’histoire se veut accessible, presque contemplative par moments, notamment grâce à un mode « terrain de jeu » qui permet de parcourir le monde sans combats, uniquement pour profiter du récit et de l’exploration. Une bonne idée sur le papier, qui souligne la volonté du studio de rendre son univers accueillant.

Un gameplay oscillant entre modernité et déjà-vu
Sur le plan du gameplay, Tropicalia adopte un système de combat au tour par tour enrichi d’événementsQuick-Time. Ces interactions demandent au joueur de rester attentif et donnent parfois un peu de dynamisme aux affrontements. Lors de certaines batailles ou face à des boss bien conçus, la stratégie et le timing trouvent enfin leur place.

Cependant, ces bonnes idées finissent par s’essouffler. Les combats deviennent rapidement répétitifs et manquent de renouvellement, malgré la fabrication d’objets et la collecte de ressources. On passe ainsi de moments intéressants à d’autres franchement ennuyeux, sans véritable montée en puissance.

Une exploration généreuse, mais inégale
Tropicalia invite le joueur à chasser, pêcher, nager, plonger, sauter et explorer une jungle luxuriante. Les possibilités sont nombreuses et donnent parfois l’impression d’un grand terrain de jeu. Pourtant, cette richesse se transforme aussi en sensation de manège: on avance, on admire, mais sans toujours ressentir un véritable engagement.
L’exploration, bien que plaisante visuellement, manque de surprises sur la durée. Le charme opère au début, puis laisse place à une certaine redondance.

Une aventure tropicale entre hommage et lassitude
C’est sans doute là que Tropicalia divise le plus. Le jeu évoque la nostalgie des RPG classiques au tour par tour, avec une esthétique mignonne et des mécaniques familières. Mais difficile de savoir si cette nostalgie est réellement maîtrisée ou si l’on se retrouve face à une formule trop prémâchée.

À force de vouloir rassurer, Tropicalia peine à captiver durablement. Il propose une aventure sympathique, parfois touchante, mais rarement mémorable. Un jeu qui se laisse parcourir, sans jamais vraiment marquer les esprits.

Merci à Paulo Henrique Franqueira pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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