
Code Vein : un action-RPG vampirique entre exigence et accessibilité
Difficile de poser les yeux sur Code Vein sans que l’expression « Dark Souls version anime » ne traverse l’esprit. Son identité visuelle, ses environnements en ruine et son ambiance mélancolique évoquent immédiatement les codes du souls-like. Pourtant, après plusieurs heures passées manette en main, le jeu de Bandai Namco se révèle bien plus nuancé qu’un simple clone assumé. Code Vein se positionne avant tout comme un action-RPG narratif, où la difficulté cohabite avec une volonté claire de rendre l’expérience plus accueillante.
Les influences sont évidentes, mais elles ne définissent pas entièrement l’œuvre. À mesure que l’on progresse, Code Vein s’éloigne des comparaisons faciles pour affirmer sa propre personnalité, tant dans son approche du combat que dans la manière dont il raconte son monde.

Un ADN Bandai Namco bien visible
Les joueurs familiers de la licence God Eater reconnaîtront sans peine certaines signatures artistiques. Les armes surdimensionnées, les palettes de couleurs froides et la direction artistique post-apocalyptique rappellent les précédentes productions du studio. Toutefois, Code Vein ne se contente pas de recycler ces éléments : il les réinterprète dans un univers vampirique marqué par la désolation et la perte.
Là où le jeu se démarque immédiatement, c’est par l’importance accordée à la personnalisation du personnage. Rarement un action-RPG aura proposé un éditeur aussi détaillé. Coiffures, traits du visage, accessoires, vêtements, couleurs… tout est modulable avec une précision presque obsessionnelle. Il est très facile d’y consacrer une heure, voire plus tant les options sont nombreuses. Cette liberté permet à chaque joueur de façonner un protagoniste unique, renforçant l’attachement dès les premières minutes.

Revenants, mémoire et damnation
Une fois votre personnage créé, vous êtes plongé dans un monde à l’agonie. Vous incarnez un Revenant, un être humain revenu à la vie grâce à un parasite qui lui confère immortalité et pouvoirs surnaturels, au prix de ses souvenirs. Tant que leur cœur reste intact, les Revenants ne peuvent pas mourir, mais s’ils succombent à la soif de sang, ils perdent toute humanité et deviennent des créatures monstrueuses appelées les Égarés.
Le scénario prend le temps de s’installer. Plutôt que de tout expliquer d’emblée, Code Vein distille ses informations progressivement, à travers dialogues, environnements et souvenirs fragmentés. Contrairement à d’autres jeux du genre, l’histoire est relativement lisible et émotionnellement accessible. Le joueur comprend rapidement qui il est, où il se trouve et ce qui est en jeu, tout en laissant place au mystère.

Des compagnons plus qu’optionnels
L’une des grandes différences avec les souls-like traditionnels réside dans la présence quasi permanente de compagnons contrôlés par l’IA. Ces alliés ne se contentent pas d’infliger des dégâts : ils attirent l’attention des ennemis, utilisent des compétences spécifiques et peuvent même vous sauver d’une mort certaine en sacrifiant une partie de leur énergie vitale.
Chaque compagnon possède son propre style de combat et sa personnalité, ce qui permet d’adapter l’expérience à son approche préférée : offensive, défensive ou équilibrée. Cette mécanique réduit sensiblement la frustration, sans pour autant annihiler le défi. On se sent soutenu, mais jamais totalement porté.

Les vestiges : quand le passé façonne le présent
En contrepartie de cette aide, vos alliés vous demandent de retrouver des vestiges, fragments de souvenirs appartenant aux Revenants. Ces séquences offrent des flashbacks narratifs qui approfondissent l’univers et donnent du poids émotionnel aux personnages secondaires. Certaines histoires sont poignantes, d’autres plus discrètes, mais l’ensemble contribue à rendre le monde plus crédible et tragique.
Ce système renforce le thème central du jeu : la mémoire comme ancrage de l’humanité. Plus les Revenants tombent, plus leurs souvenirs se dissipent, soulignant la fragilité de leur existence.

Une base centrale riche en activités
Entre deux expéditions, vous disposez d’un hub central servant de refuge. On y retrouve des marchands, des possibilités d’amélioration d’équipement, des échanges d’objets rares et même la possibilité de modifier son apparence à tout moment. Des donjons optionnels viennent également enrichir le contenu, proposant des défis supplémentaires et des récompenses de valeur.
Certaines fonctionnalités relèvent clairement du fan service, mais elles participent aussi à l’atmosphère générale et renforcent le lien avec les compagnons.

Blood Codes et système de combat
Le gameplay repose sur un système de classes flexible appelé Blood Codes. Plutôt que d’enfermer le joueur dans un rôle définitif, Code Vein permet de changer de style à la volée. Chaque Blood Code offre des statistiques spécifiques et donne accès à des compétences appelées « dons », qui peuvent être offensives, défensives ou utilitaires.
Ces dons doivent toutefois être maîtrisés pour être utilisés en dehors de leur classe d’origine, ce qui encourage l’expérimentation mais peut freiner légèrement la liberté à court terme. Malgré cela, la profondeur du système offre une grande variété de builds.

Armes, voiles de sang et stratégie
Cinq grandes catégories d’armes sont disponibles, chacune avec ses propres sensations : épées à une ou deux mains, marteaux, hallebardes et baïonnettes. À cela s’ajoutent les voiles de sang, véritables armures hybrides servant à la fois de protection et d’outil de contre-attaque.
Ces voiles dissimulent des armes organiques capables d’infliger de lourds dégâts et de recharger les ressources nécessaires à l’utilisation des dons. Leur utilisation demande du timing et renforce l’aspect tactique des affrontements.

Exploration et level design
Les environnements alternent entre zones linéaires et espaces plus ouverts aux chemins multiples. Tous les niveaux sont interconnectés, donnant une impression de cohérence et d’ampleur. Le jeu brille par sa fluidité, même si la caméra peut parfois se montrer capricieuse dans les espaces confinés.
La mini-carte, bien que pratique, ne représente pas toujours clairement les différences de hauteur, obligeant le joueur à mémoriser les lieux et à observer attentivement son environnement.

Une approche plus indulgente du genre
Là où Code Vein surprend, c’est dans sa manière de rendre la mort moins punitive. Les points de repos s’intègrent naturellement au décor et la progression reste motivante malgré les échecs répétés. Il vous pousse à persévérer sans jamais vous décourager totalement, créant une boucle de progression presque addictive.

Verdict
Sans chercher à révolutionner le genre, Code Vein parvient à proposer une expérience rafraîchissante, accessible mais exigeante, profonde sans être opaque. Grâce à son univers vampirique, son système de combat flexible, sa narration plus explicite et son impressionnante personnalisation, le jeu s’impose comme une alternative solide aux souls-like traditionnels.
Avec ses fins multiples, son New Game Plus plus corsé et son contenu généreux, Code Vein offre suffisamment de raisons de replonger dans ce monde ravagé… jusqu’à la dernière goutte de sang.

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