
Spider-Man: Into the Spider-Verse
C’est février, et dans le but de célébrer le mois de l’histoire des Noirs, nous allons visiter ce mois-ci quelques blockbusters qui ont été marquants pour la communauté. Aujourd’hui, nous allons aborder l’un de mes films de superhéros et d’animation préférés, Spider-Man: Into the Spider-Verse. Ce film de Sony Pictures Animation met en vedette Shameik Moore dans le rôle de Miles Morales, ainsi que Jake Johnson, Hailee Steinfeld, Mahershala Ali, Brian Tyree Henry, Lily Tomlin, Luna Lauren Vélez, John Mulaney, Kimiko Glenn, Nicolas Cage et Liev Schreiber.
Miles Morales entre en scène
Peter Parker était le seul et unique Spider-Man… jusqu’au jour où Miles Morales s’est fait lui aussi mordre par une araignée radioactive. Mais après le décès de Parker aux mains de Kingpin, Miles se voit obligé de reprendre son flambeau malgré son manque d’expérience. Heureusement, il ne sera pas seul, car d’autres Spider-Man venus d’autres dimensions sont venus l’épauler…

Le rival des géants de l’animation
Disney, Ghibli, Pixar, Warner Bros et Dreamworks sont sans doute les cinq studios qui ont le plus influencé les films d’animation en occident. Et autant dans les courts-métrages, certains se diversifiaient dans leurs styles, avant 2018, tous les films d’animation grands publics aux États-Unis avaient un style visuel à peu près similaire, où le mélange du réalisme des décors avec les design cartoonesques des personnages était la norme. Il était donc difficile de concevoir un film qui allait briser la tendance. Jusqu’à Spider-Verse.
En plus de s’inspirer plus des styles visuels des bandes dessinées que des dessins animés, le film adopte un style visuel 3D proches du premier, mais utilise des effets 2D pour les effets visuels (onomatopées, explosions, graffitis, bulles de dialogues, portails entre les univers, etc.) qui imitent le style d’une bédé. Sans compter les changements visuels pour les différents Spider-Man des autres univers, ce style visuel, qui était sans doute un pari risqué, a permis au film d’explorer des aspects du médium qu’aucun autre film grand public n’avait essayé jusque-là.
En plus de faire un pas en avant pour l’animation, le style visuel 2D/3D du film a par la suite inspiré plusieurs imitateurs, dont Arcane, Puss in Boots: The Last Wish, The Bad guys, The Mitchells vs. the Machines, Intergalactic, Wish, Teenage Mutant Ninja Turtles: Mutant Mayhem, Astérix et Obélix : Le combat des chefs, et plus encore.

Au commencement du multivers
Mais en plus d’influencer l’animation, le film en influença aussi plusieurs à créer leur propre multivers.
À l’aide des personnages secondaires, l’histoire explore plusieurs dynamiques différentes. Mais le film, contrairement à plusieurs imitateurs, ne se contente pas que de faire du fan service ou des clins d’œil à la caméra. Le film demeure avant tout une histoire de Spider-Man, avec l’action, les thématiques, et l’humour propre au personnage. Et chaque Spider-Man, à sa propre façon, définit le rôle d’un Spider-Man, et comment de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités, tout en permettant à Miles de prendre sa propre voie.
Le multivers est aussi utilisé pour l’intrigue principale (notamment pour les motivations du Kingpin), ainsi que pour quelques surprises sur certains des antagonistes qui affronteront nos Spider-Man. (D’ailleurs, avec six antagonistes, le film a pu faire un semblant de Sinister Six que les films Amazing Spider-Man avaient tenté de bâtir.)

Le pas de foi de Miles
Et malgré l’animation, le multivers, et les multiples Spider-Man, l’histoire demeure avant tout celle de Miles Morales. Et au lieu d’être un copier-coller de Peter Parker, il a sa propre personnalité, sa propre dynamique familiale, ses propres talents, ses propres passe-temps, et ses propres objectifs. En plus de quelques hommages subtils à ses origines afro-américaines et portoricaines, le film démontre en quoi Miles se distingue des autres Spider-Man, mais est à la fois un représentant de tout ce qui définit Spider-Man.
La scène la plus culte du film, et le point culminant de Miles, est la fameuse scène du « pas de foi », où il saute dans le vide. La cinématographie de la scène, notamment sur le plan « à l’envers » qui est digne d’un tableau, a permis à celle-ci de devenir rapidement l’un des moments les plus cultes de Spider-Man.
Et le film, en plus de parcourir son développement de personnage durant l’histoire, démontre également comment, à la fin de l’histoire, Miles peut également influencer les autres, notamment Peter B. Parker (un Spider-Man d’une autre dimension) qui suit son propre arc narratif après son divorce.
Chacun a son Spider-Man favori. Que ce soit Maguire pour la nostalgie et son charme, Garfield pour le drame et sa personnalité, Holland pour son énergie et son charisme, ou le Spider-Man japonais pour… son excentricité, disons. Et malgré la compétition, le Morales de Moore arrive à se distinguer du lot, et est rapidement devenu pour plusieurs leur Spider-Man favori.

Qui est Spider-Man?
Comme mentionné plus tôt, le film explore la définition d’un Spider-Man (ou « Spider-person » comme Gwen le mentionne). En effet, il n’est pas défini par une seule identité, mais par la volonté d’aider son prochain, de se relever malgré les échecs, de faire des sacrifices, de prendre au sérieux la responsabilité de ses grands pouvoirs, et surtout, la volonté de vouloir faire un pas de fois.
Dans les bédés de superhéros, il est commun d’avoir des successeurs qui reprennent le flambeau des héros précédents (Ant-Man, The Wasp, Robin, Hawkeye, Captain America, Captain Marvel, Green Lantern, Flash, Wonder Woman…), et la question de ce qui définit un superhéros revient souvent. Certaines personnes (pour des raisons que je ne nommerai pas en ce mois de février…) disent que seul Peter Parker est Spider-Man, mais ce film (et le suivant que nous aborderons une autre fois) explore l’identité du héros avec une dimension plus profonde de ce que l’on pourrait croire à première vue.

Conclusion
Spider-Man: Into the Spider-Verse est un film d’animation innovant qui a remis à jour l’histoire maintes fois racontée de Spider-Man. Que ce soit en matière de représentation, d’animation, de créativité, ou de sa place dans l’univers de Spider-Man, ce film est un pilier du cinéma américain et de l’animation, qui laissera sa place dans l’histoire. Ce film (au même titre que sa suite que nous aborderons une autre fois) fait partie de mon top 20 de mes films préférés de tous les temps, et est l’un de mes Spider-Man favoris avec Tom Holland (choix impopulaire, je sais).
P.S.: Préparez vos mouchoirs pour l’hommage à Stan Lee…

Pour visionner le film, c’est ici.


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