Parmi les nominés aux oscars cette année, Sinners et One Battle After Another attirent plus l’attention que leurs concurrents. Mais parmi les autres, celui qui est le plus à surveiller est le cinquième long-métrage de Chloé Zhao (Nomadland, Eternals). Adapté du roman éponyme de Maggie O’Farrell, Hamnet met en vedette Jessie Buckley et Paul Mescal, ainsi qu’Emily Watson, Joe Alwyn et Noah Jupe dans des rôles secondaires, et une fiction historique sur la famille de l’écrivain William Shakespeare.

La famille de Shakespeare
William (Paul Mescal), qui travaille en tant que tuteur en latin afin de payer ses dettes, tombe amoureux d’Agnes Hathaway (Jessie Buckley), une pratiquante de la médecine des plantes, dont on soupçonne qu’elle serait la fille de la sorcière de la forêt. Malgré les tensions familiales et sociales, William et Agnes décident d’être ensemble et d’avoir des enfants. Mais alors que William part pour Londres pour poursuivre ses rêves de théâtre, une tragédie frappera la famille, et les bouleversera…

Un visuel terre à terre
L’élément premier qui m’avait frappé durant le film est la cinématographie, notamment avec l’utilisation de la lumière naturelle, qui met en valeur le vert de la nature. De plus, les décors et costumes à l’effigie de l’époque nous transportent en Angleterre de la Renaissance, sans pour autant paraître fantastiques ou caricaturaux. De ce fait, les prouesses techniques visuelles du film nous introduisent dans un univers propre à son temps, mais en demeurant assez réalistes pour que nous puissions nous adapter et nous identifier aux personnages.

Une tranche de vie teintée de mysticisme
Pour continuer sur le côté réaliste, l’histoire est une tranche de vie qui suit la famille de Shakespeare, plus précisément Agnes. Mais au lieu de jouer sur le sensationnalisme et le drame exagéré, le film adopte un ton calme, contrôlé, et proche de la réalité. Les émotions ressenties des personnages sont plus crédibles que ce que l’on voit dans d’autres drames. Même la bande sonore, dépourvue de percussions, prend un ton calme et serein.
En fait, les seuls moments où l’histoire dévie du réalisme est lorsqu’elle explore les attributs mystiques d’Agnes. Et encore, le film laisse une interprétation ouverte et artistique aux événements, sans forcer une opinion plus qu’une autre.

Le destin et la tragédie
À travers William, l’histoire explore le besoin de s’émanciper. À travers Agnes, l’incertitude et la certitude du destin. À travers leurs parents, les conflits intergénérationnels et les pressions sociales. À travers les enfants, les liens familiaux.
Mais au milieu du film, après une tragédie, le deuil et les regrets prennent le premier plan. Et chacun tente de guérir à sa manière, même si leurs méthodes peuvent entrer en conflit avec les deuils des autres.

Y a-t-il des défauts?
Pas vraiment. Le jeu d’un des acteurs était boiteux durant une demi-seconde, mais c’est tout.
En fait, ce qui joue surtout contre ce film est que, vu son approche et son ton réaliste (quoique beau), c’est un film lent où peu de choses se passent. Ce n’est donc pas un film que l’on peut recommander à tout le monde.

Conclusion
Hamnet est un drame visuellement beau qui raconte la vie de la famille Shakespeare sans jouer dans le mélodrame. Avec de bons acteurs et une prouesse audiovisuelle époustouflante, pas étonnant que ce film ait attiré les faveurs des oscars. Si vous aimez les drames historiques, ce film est pour vous. Pour les autres, ce ne serait pas le premier des nominés que je vous recommanderais.

Pour visionner le film, c’est ici.

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