
Un jeu de rôle libre et bricolé avec ambition
Gedonia 2 est un jeu de rôle à la fois bac à sable et narratif, développé par Kazakov Oleg, qui nous place dans la peau d’un héros évoluant dans un monde médiéval fantastique.
Dès le départ, en retournant dans les options de création du personnage, je réalise que je n’ai pas du tout optimisé mon avatar. Le jeu commence par la distribution de huit points dans quatre caractéristiques principales : agilité, intelligence, charisme et force. Ces caractéristiques servent de fondation à la maîtrise de diverses compétences, dans lesquelles on peut investir des points supplémentaires à mesure que l’on gagne des niveaux.
Sauf que moi, comme un imbécile, j’ai misé presque exclusivement sur l’intelligence… et presque rien dans le charisme, ce qui a donné à mon personnage une personnalité franchement antipathique. Mes premiers points de compétence ont été investis en gestion des bêtes, une aptitude qui s’accorde bien avec le charisme. En revanche, j’ai complètement ignoré les différentes formes de magie, pourtant optimisées par une intelligence élevée. Une belle occasion manquée.

Liberté de création… et vertige du débutant
Cette liberté quasi totale dans le développement du personnage constitue l’une des grandes forces de Gedonia 2. Le joueur n’est jamais enfermé dans un moule prédéfini, et les possibilités semblent presque infinies. Cela dit, pour un néophyte, cette ouverture peut aussi devenir intimidante et légèrement décourageante.
Une fois les caractéristiques définies, on s’attarde à l’apparence du personnage. Ici, aucun choix de race: on incarne obligatoirement un humain. Les options esthétiques demeurent limitées, mais les équipements trouvés en jeu permettent de personnaliser son apparence par la suite. On choisit ensuite une origine parmi cinq possibilités, comme paysan ou étranger mystérieux. Ces origines influencent l’équipement de départ et débloquent certaines options de dialogue avec les personnages non jouables (PNJ). L’origine de l’étranger mystérieux a d’ailleurs une particularité amusante : un personnage énigmatique peut apparaître de façon aléatoire pour venir prêter main-forte en combat.
À noter que les points investis dans les caractéristiques et les compétences peuvent également ouvrir ou fermer certaines options de dialogue, ce qui ajoute une couche intéressante aux échanges.

Une structure familière, mais efficace
Une fois lancé dans l’aventure, Gedonia 2 évoque un peu un World of Warcraft à petit budget, version hors ligne. Même si le jeu permet une coopération jusqu’à quatre joueurs, l’expérience demeure principalement solo. On explore le monde, on discute avec des PNJ signalés par des icônes au-dessus de leur tête, on accepte des quêtes, puis on mine, on cueille, on fabrique des armes, des armures et des potions. Ce n’est pas aussi poussé que chez les grands du genre, mais l’ensemble tient la route.
Malgré la présence de nécromancie et d’autres réjouissances macabres, Gedonia 2 affiche un humour étonnamment présent. Il n’est pas toujours subtil, mais plusieurs gags réussissent à alléger un univers parfois chargé d’horreurs. Cela crée un contraste amusant, d’autant plus que les environnements privilégient souvent des couleurs claires et évitent, la plupart du temps, des ambiances trop sombres, même dans certains souterrains.

Progression, musique et petits accrocs techniques
L’arbre de compétences, dans lequel on investit nos points de maîtrise pour débloquer des pouvoirs spéciaux, se révèle très riche. Dans cette version en accès anticipé, la majorité des domaines sont accessibles, bien que quatre sur quatorze demeurent encore verrouillés.
La musique accompagne généralement bien l’action, avec des sonorités très enchanteresses dominées par la harpe et les chœurs. Par moments, cette ambiance donne presque l’impression d’évoluer dans un purgatoire lumineux, alors que l’on est simplement en train de labourer un champ. Heureusement, la bande sonore reste discrète et s’adapte correctement aux changements de rythme, notamment lors des combats.
Il est également possible de construire sa propre maison. Dans mon cas, faute d’argent, mon terrain est resté désespérément vide, mais l’option est là, en attente de jours plus prospères.

Gedonia 2 permet aussi de faire des choix d’allégeance. Rien n’oblige le joueur à aider qui que ce soit, et l’inaction n’entraîne pas toujours de conséquences immédiates. J’ai par exemple choisi de soutenir les gobelins plutôt que les soldats. L’impact de cette décision m’a semblé limité, mis à part le fait d’éviter d’être attaqué par ces petits êtres verts. J’ose croire que des répercussions plus marquées se feront sentir plus tard.
Côté technique, tout n’est pas parfait. J’ai dû redémarrer une partie, car mon personnage traversait systématiquement le sol à un endroit précis, tombant dans un vide infini. Même la fonction « Je suis coincé!», censée nous repositionner ailleurs, ne réglait pas le problème. De plus, les contrôles de saut gagneraient à être améliorés.

Une expérience imparfaite, mais prometteuse
Malgré son budget modeste et ses imperfections, Gedonia 2 offre un divertissement honnête dans sa catégorie. Pour environ 15 dollars, le jeu propose une liberté appréciable et un univers qui, sans révolutionner le genre, parvient à se démarquer par sa générosité et son ambition.
Les développeurs de chez Kazakov Oleg semblent clairement sur la bonne voie. Avec un peu de polissage et du contenu supplémentaire, Gedonia 2 pourrait devenir bien plus qu’un simple jeu « potable », même face à des titres similaires beaucoup plus riches et aboutis.
Merci à Kazakov Oleg pour la copie du jeu.
Pour se procurer le jeu, c’est ici.