
Who Killed WCW : autopsie d’un géant de la lutte professionnelle
Produite par Vice Studios Canada, Who Killed WCW est une série documentaire américano-canadienne consacrée à la lutte professionnelle. Pour ceux qui suivent un minimum les productions de Vice, on le sait déjà : lorsqu’il est question de culture, d’histoire et de sujets complexes, le studio livre très souvent des séries solides, bien documentées et accessibles. Et pourtant, malgré mon attachement à la lutte, j’étais passé complètement à côté de Who Killed WCW. Une surprise, quand on sait à quel point la WCW et la Monday Night War font partie de mon ADN de fan.
Même si je ne suis plus la lutte de manière assidue aujourd’hui, la WCW, l’Attitude Era de la WWF et la guerre du lundi soir représentent littéralement l’époque avec laquelle j’ai grandi. Cette nostalgie est encore bien présente, et la série vient clairement la raviver.<
Un titre qui annonce clairement la couleur
Le titre Who Killed WCW est on ne peut plus explicite. En quatre épisodes, la série se penche sur une question simple en apparence, mais extrêmement complexe dans les faits : qui a réellement tué la WCW ? Pour bien comprendre, il faut revenir en 2001, au moment où la fédération ferme ses portes et est vendue à Vince McMahon, le grand patron de la WWF. Cette transaction mènera à la fusion des deux fédérations, donnant naissance à ce que l’on connaît aujourd’hui comme la WWE.
La série explique cette conclusion de manière volontairement grossière et accessible, sans noyer le spectateur dans des détails financiers trop techniques. L’objectif est clair : comprendre le “comment” et le “pourquoi”, pas simplement réciter une ligne du temps froide et impersonnelle.

Comprendre le phénomène WCW
Avant de parler de chute, Who Killed WCW prend le temps de rappeler l’ampleur du phénomène. La WCW a réussi l’exploit de battre la WWF dans les cotes d’écoute pendant 83 semaines consécutives, un fait majeur dans l’histoire de la télévision et de la lutte professionnelle. À l’époque, la WCW offrait un produit perçu comme plus frais, plus audacieux et mieux adapté au public.
Ce succès est aussi ce qui a forcé la WWF à se réinventer, menant directement à la naissance de l’Attitude Era. Une période qui a propulsé des noms devenus mythiques comme The Rock, Stone Cold Steve Austin, The Undertaker, Kane, et bien d’autres. La série établit clairement ce lien sans jamais tomber dans l’exagération.

D’un sommet historique à une chute brutale
L’un des aspects les plus fascinants de la série est la façon dont elle explore la descente aux enfers de la WCW. Comment une fédération aussi dominante a-t-elle pu, en si peu de temps, passer du statut de géant de la lutte à celui de risée, au point où plus personne ne voulait la regarder ?
Who Killed WCW aborde cette question en donnant la parole à de nombreux acteurs clés : The Rock, Kevin Nash, Vince Russo, Eric Bischoff, Booker T, ainsi que plusieurs personnes ayant travaillé chez Time Warner. Cette diversité de points de vue est essentielle, car la série refuse de pointer un seul coupable.

Une industrie dominée par les égos
Là où le documentaire se distingue, c’est dans sa volonté de montrer que la chute de la WCW est le résultat d’un ensemble de décisions, de conflits internes et d’egos démesurés. La série ne cherche pas à réécrire l’histoire ni à blanchir qui que ce soit. Elle expose plutôt la réalité d’une industrie où la créativité, la politique interne et les intérêts corporatifs se heurtent constamment.
Cette approche donne un portrait nuancé, parfois frustrant, mais toujours honnête. On comprend rapidement que la WCW n’a pas été tuée par une seule personne, mais par une accumulation d’erreurs et de choix discutables.

Un hommage nostalgique, sans complaisance
J’ai personnellement adoré ce documentaire. Who Killed WCW réussit à célébrer la WCW autant dans ses meilleurs moments que dans ses pires décisions. La nostalgie est bien présente, mais elle n’aveugle jamais le propos. La série reste critique, lucide et respectueuse de l’histoire.
Il faut toutefois aimer la lutte pour pleinement apprécier l’expérience. Les références, les enjeux et les témoignages prennent tout leur sens pour ceux qui ont vécu cette époque.

Pour visionner la série, c’est ici.


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