
Retour à Derry : une entrée en matière déroutante
It: Welcome to Derry n’est pas une série qui se laisse apprivoiser facilement. Dès les premières minutes, on comprend qu’on n’est pas devant un simple produit dérivé conçu pour capitaliser sur la popularité des films récents. La série prend son temps, parfois même un peu trop, au point où il faut au moins deux épisodes complets pour réellement saisir son intention, son rythme et sa vision. Pour un spectateur qui ne connaît pas bien l’univers de Stephen King, l’entrée peut sembler confuse, presque désorientante. Malgré cela, une fois les bases posées, la série révèle une identité forte et assumée, qui la place déjà à part dans le paysage des séries d’horreur télévisées.
Derry, une ville malade avant tout
L’un des choix les plus intéressants de Welcome to Derry est de déplacer le regard. Ici, Pennywise n’est pas seulement un monstre qui surgit dans l’ombre pour terroriser des enfants. Il est une présence diffuse, presque invisible, qui imprègne chaque recoin de la ville. La série insiste beaucoup sur cette idée : Derry n’est pas simplement le décor de l’horreur, elle en est le symptôme. On comprend rapidement que le clown maléfique ne peut pas réellement mourir, mais surtout qu’il est capable de plier une communauté entière à sa volonté. Cette approche donne une dimension beaucoup plus sociale et psychologique à l’horreur, et c’est là que la série se distingue réellement.

Une nouvelle famille au cœur du malaise
La série introduit une nouvelle famille, les Hanlon, qui devient rapidement un point d’ancrage émotionnel important. Sans trop en dévoiler, leurs expériences servent de miroir à une Amérique d’époque loin d’être idéalisée. Les situations auxquelles ils sont confrontés sont parfois difficiles à regarder, non pas uniquement à cause du surnaturel, mais parce qu’elles reflètent des tensions sociales, des injustices et une violence bien humaine. Welcome to Derry ne se contente pas de faire peur : elle met le spectateur face à des réalités inconfortables, ce qui renforce l’impact des moments d’horreur.

Des groupes de jeunes et une narration éclatée
Contrairement aux films, la série choisit de suivre plusieurs groupes de jeunes, chacun avec sa propre dynamique et ses propres enjeux. Ce choix peut déstabiliser au départ, car la narration est volontairement fragmentée. Pourtant, avec le temps, on comprend que cette structure sert le propos de la série. Elle permet de montrer comment l’influence de Derry et de ce qui la ronge se manifeste de différentes façons selon les individus. Cette multiplicité de points de vue enrichit l’univers et évite la redondance, tout en préparant subtilement des liens narratifs qui prennent tout leur sens plus tard.

Une horreur brutale, mais jamais gratuite
S’il y a un aspect où It: Welcome to Derry frappe fort, c’est dans sa gestion de l’horreur. La série n’hésite pas à aller dans le gore, avec des scènes parfois choquantes, mais toujours justifiées par le récit. Ici, la violence n’est jamais là pour faire joli ou pour provoquer gratuitement. Elle sert à illustrer l’emprise de Pennywise sur la ville et à rappeler constamment que personne n’est réellement en sécurité. Les moments de tension sont efficaces, les jumpscares bien dosés, et l’atmosphère reste lourde du début à la fin.

Une série qui exige de l’attention
Il faut toutefois le dire : Welcome to Derry demande un certain investissement. Ce n’est pas une série à écouter distraitement en regardant son téléphone. Elle exige de l’attention, de la patience et une volonté de se laisser porter par son rythme parfois lent. Mais cet effort est récompensé. Plus on avance, plus la série devient captivante, jusqu’à réussir à maintenir le spectateur dans un état de malaise constant, ce qui est exactement ce que l’on attend d’une œuvre liée à l’univers de It.

Verdict : une réussite audacieuse
Je ne pensais honnêtement pas qu’une série télévisée centrée sur It pourrait fonctionner aussi bien. Et pourtant, It: Welcome to Derry réussit là où plusieurs adaptations échouent : elle respecte l’esprit de Stephen King tout en proposant quelque chose de nouveau. Réfléchissante, dérangeante et profondément horrifique, elle s’impose déjà comme une référence moderne du genre à la télévision.

Pour visionner la série, c’est ici.


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