
Salut les Geek et les Geekettes. L’illustre animateur du fabuleux podcast Les aventures d’un Otaku, Frank le Dieu Geek vous revient dans cette série produite en collaboration avec l’extraordinaire Queen Kate, Les Chefs-d’œuvre de Lovecraft de Gou Tanabe. Cette série, offerte en français par les éditions Ki-oon dans une merveilleuse couverture de simili-cuir, met en image les histoires terrifiantes de H.P. Lovecraft. Mes prochaines critiques seront concentrées sur L’Abomination de Dunwich, qui a été produite en trois tomes. Originalement publiée pour la première fois en 1929 dans le magazine Weird Tales, cette histoire est au cœur du mythe de Cthulhu. Publié en 2023, Gou Tanabe nous offre sa version illustrée et laissez-moi vous dire que c’est quelque chose. Allons voir ensemble ce tome 1.
Résumé de l’œuvre
Dunwich, village en déliquescence aux confins de la Nouvelle-Angleterre, fait l’objet de nombreuses rumeurs. On dit que les cercles de monolithes au sommet de ses collines étaient jadis le théâtre de rites terrifiants… En 1913, la naissance de Wilbur est un mystère de plus sur cette terre maudite. Sa mère est une albinos aux airs de sorcière, et l’identité du père est tenue secrète par le patriarche Whateley, qui assure qu’il s’agit d’un être supérieur, différent de tout ce qu’il connaît…
Les voisins le croient fou, néanmoins le faciès animal du jeune garçon semble appuyer ses dires. Sans compter qu’il grandit à une vitesse fulgurante… À dix ans, il se met en quête d’un ouvrage ésotérique, le Necronomicon, dont il s’enquiert auprès de diverses bibliothèques. Le professeur Armitage de l’université Miskatonic, intrigué par cette demande, se rend sur place pour le rencontrer. L’intelligence de Wilbur l’impressionne, mais quand il voit les murs de l’étage se déformer sous l’effet d’une puissance inconnue, il repart la peur au ventre! Quelles monstruosités se cachent chez les Whateley?
Une atmosphère profondément malsaine
Déjà que l’œuvre originale donne froid dans le dos par le mélange d’étrange, de mesquinerie et de laideur, car oui, c’est laid. Toutefois, ici, c’est le but. Les Whateley ne nous donnent pas envie de les côtoyer et ce qu’ils fabriquent sur la colline est étrange, mais personne n’ose aller les voir car lorsqu’il y a des échanges avec le vieux Whateley, un énorme malaise l’entoure et personne n’ose en savoir plus. Ce qui nous donne l’impression que ce village cherche à fermer les yeux par peur de découvrir ce qui se passe ou même de subir des représailles. Gou Tanabe nous fait ressentir ce malaise aussi bien que Lovecraft dans sa nouvelle.
Le Necronomicon et l’horreur qui s’installe
C’est dans cette nouvelle que fait son apparition la plus significative le fameux Necronomicon, cet ouvrage fictif qui dépasse la légende de H.P. Lovecraft et qui est rempli d’incantations dites maléfiques. Car Wilbur, cet étrange enfant qui vieillit à vitesse folle, désire en connaître plus sur cet ouvrage. De plus, il est vraiment intelligent pour son âge, ce qui intrigue le professeur Armitage qui était loin de se douter que lors de sa rencontre avec ce prodige, il serait témoin d’une vision sortie d’un cauchemar. La narration nous décrit vraiment bien l’émotion terrifiante que traverse le professeur, mais c’est surtout la transposition du malaise régnant dans cette maison qui est vraiment intéressante et qui nous permet aussi de vivre cette frayeur avec lui.
Un dessin qui fait peur pour vrai
Toutefois, c’est vraiment le dessin qui vient ajouter la goutte qui permet de vraiment avoir peur. Visuellement, c’est un chef-d’œuvre en soi. Gou Tanabe sait illustrer l’horreur et comprend vraiment ce qu’est H.P. Lovecraft. Cela ne ressemble pas du tout à une adaptation, mais bien à un hommage à l’œuvre de l’auteur original.
Des personnages volontairement dérangeants
Le design des personnages est tout simplement parfait. Je parlais de laideur plus haut: les Whateley sont horribles et cette femme albinos semble représenter la folie de cette famille, et le vieux Whateley dégage une aura ignoble qui ne donne pas envie de faire affaire avec lui. Wilbur gagne la palme: cet enfant est une abomination qui nous fait demander quel animal cette sorcière a pu procréer. H.P. Lovecraft avait décrit Wilbur comme « ayant une physionomie caprine (de chèvre) à la peau sombre » et Gou Tanabe nous a offert exactement cela.
Conclusion du Dieu Geek
Ce premier tome est vraiment solide et tout fan d’horreur se doit de le lire. De plus, c’est une façon incroyable de découvrir l’œuvre de H.P. Lovecraft, qui est l’auteur ayant façonné l’horreur littéraire et inspiré plus d’une personne.
Merci à Interforum pour la copie du livre.

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