
Lovecraft réinventé par le trait de Gou Tanabe
Salut la belle communauté G pour Geek ! Cette semaine, vous avez la merveilleuse chance de découvrir les Chefs-d’œuvre de Lovecraft, de magnifiques réécritures des classiques du génie de l’horreur psychologique. Et, qui plus est, le tout en collaboration avec votre cher et formidable Dieu Geek ! Alors, si, comme nous, vous êtes de grands Lovecraftiens dans l’âme, je vous invite à lire nos critiques complètes de chacun de ces chefs-d’œuvre. Et, si vous ne connaissez pas encore l’univers de ce grand écrivain, ces adaptations en mangas sont une chance inouïe de les découvrir, en plus d’être illustrées par le fabuleux Gou Tanabe et publiées par Ki-Oon.
Avant de commencer, pour ceux qui ne connaissent pas H. P. Lovecraft, sachez qu’il s’agit d’un écrivain américain aujourd’hui considéré comme un pilier de la littérature fantastique… alors qu’il a été méprisé et ignoré de son vivant. Relégué aux magazines pulp, vivant dans la pauvreté et l’indifférence générale, il n’a jamais vu la reconnaissance que méritait son œuvre. Ironie cruelle : ce n’est qu’après sa mort, en 1937, que ses récits d’horreur cosmique ont été célébrés, transformant en profondeur le genre et laissant une empreinte durable sur l’imaginaire collectif, au point que le terme « lovecraftien » est aujourd’hui couramment utilisé pour qualifier une horreur qui lui est propre ! Et, aujourd’hui encore, nous avons la chance de lire et relire ces classiques ainsi que leurs adaptations, rappel cruel que la reconnaissance lui est arrivée bien trop tard.
Je suis donc bien heureuse et reconnaissante d’avoir pu lire quatre de ces œuvres selon la vision de Gou Tanabe et, bien évidemment, de pouvoir vous en parler en détail dans ces différentes critiques.

Une adaptation fidèle
L’Appel de Cthulhu n’est pas le premier de la série de Gou Tanabe (publié en novembre 2020 – originalement en 1929 par Lovecraft). Pourtant, c’est avec lui que je débuterai, puisque ce mythe a donné naissance à de nombreux autres ouvrages, jeux vidéo, films et même jeux de rôles. Il est donc le plus « connu » dans l’univers geek, et je voulais commencer en force pour vous envoûter pleinement dans cette descente aux enfers — une descente, soit dit en passant, fortement appréciée.
Pour être honnête, les œuvres de H. P. Lovecraft ont longtemps été considérées comme quasiment inadaptables, car elles reposent sur une horreur cosmique souvent indescriptible ! L’auteur use de termes vagues et d’adjectifs imprécis, laissant aux lecteurs le soin de ressentir l’angoisse par la suggestion plutôt que par la description. C’est précisément ce qui rend son univers si unique… et si difficile à transposer visuellement. Pourtant, je vous assure que Gou Tanabe relève ce défi avec brio : il parvient à traduire en images l’indicible, à capturer la tension et la peur qui émanent des textes originaux, livrant une adaptation autant fidèle qu’admirablement immersive.

Entre respect du mythe et interprétation graphique
L’Appel de Cthulhu suit donc Francis Thurston, un jeune homme qui hérite des possessions de son grand-oncle archéologue et découvre, étonnamment, qu’il est lié à une destinée tout aussi fascinante que tragique. Parmi les papiers, il tombe sur les recherches obsessionnelles de l’homme à propos d’un mystérieux culte de Cthulhu. Parmi ces découvertes, une gravure inquiétante attire immédiatement son attention : un monstre cauchemardesque, capable de plonger l’esprit humain dans la folie. Fasciné et nerveusement intrigué, Francis décide alors de reprendre la piste du culte, des États-Unis jusqu’aux étendues glaciales du Groenland, là où l’horreur rôde dans chaque recoin. Mais attention… oserez-vous affronter la réalité telle qu’elle vous est révélée ?
En voyant la nouvelle de 28 pages passer à 278, il est normal de s’inquiéter des ajouts et de la discordance avec l’œuvre de grande renommée. Mais, mes chers fanatiques lovecraftiens, je vous rassure : Gou Tanabe réussit ici à capturer l’essence même des récits de Lovecraft. Il reste extrêmement fidèle à l’intrigue originale, respectant soigneusement les détails de l’univers narratif et l’atmosphère extrêmement oppressante qui fait toute la force de l’horreur cosmique. Chaque événement, chaque découverte de Francis Thurston est traité avec rigueur et fidélité, ce qui nous permet de ressentir pleinement la tension et le mystère qui imprègnent le texte original de Lovecraft. L’univers narratif, ainsi minutieusement préservé, nous plonge dans un monde où l’inconnu, la folie et l’effroi rôdent à chaque page, offrant une expérience immersive qui honore parfaitement l’œuvre originale. Gou Tanabe signe donc ici une adaptation magistrale, respectueuse et passionnante, qui saura ravir tant les fans de Lovecraft que les nouveaux lecteurs !

Un noir et blanc au service de l’angoisse
Plus encore, dans cette adaptation en manga, je trouve que Gou Tanabe réussit merveilleusement à transposer l’indicible en images, mêlant habilement tension, mystère et horreur cosmique. À vrai dire, je suis profondément impressionnée par la manière dont chaque planche, minutieusement détaillée et parfaitement sombre, rend vivante et palpable la peur et l’angoisse qui imprègnent l’œuvre originale — j’en ai même eu des frissons lors de ma lecture ! Personnellement, je trouve que l’on ressent intensément l’atmosphère oppressante et fascinante du mythe de Cthulhu, tout en appréciant à quel point Tanabe respecte fidèlement et brillamment la vision de Lovecraft.
Puis, déjà, avant même de vous parler de la beauté des illustrations, je dois vous dire à quel point la mise en page est tout simplement incroyable ! Pour les collectionneurs, vous ne serez absolument pas déçus : le manga en grand format, avec sa couverture en cuir élégante, est une véritable merveille à tenir en main. C’est un objet magnifique à ajouter à votre collection parmi vos autres mangas — et comme tous les Chefs-d’œuvre de Lovecraft bénéficient de ce format, le rendu dans votre bibliothèque est tout simplement sublime.
Et, pour les illustrations, je n’ai qu’un seul mot : wow ! Je dois dire que je suis absolument émerveillée par la manière dont Gou Tanabe utilise le noir et blanc pour sublimer l’univers psychologiquement angoissant et oppressant de L’Appel de Cthulhu. Je trouve que ses illustrations sont incroyablement puissantes : la dominance du noir dans ses planches, à l’inverse des mangas habituels qui privilégient les fonds blancs, renforce intensément l’atmosphère de terreur propre à Lovecraft. De plus, je suis profondément impressionnée par ses représentations des différentes cités : elles sont détaillées, massives et imposent immédiatement un sentiment d’écrasante étrangeté.
Ici, Gou Tanabe ne joue vraiment pas dans la subtilité : ses dessins sont crus, durs et directs, et je trouve que cette approche colle parfaitement à l’univers horrifique de H. P. Lovecraft. Et, bien sûr, je ne peux absolument pas passer sous silence les scènes en pages doubles, qui sont tout simplement à couper le souffle, me laissant souvent sans voix devant tant de maîtrise !
Bon, je dois être critique tout de même, je sais que certains pourraient être déroutés par le style très « manga » des personnages, notamment par leurs grands yeux qui semblent inexpressifs. Personnellement, je trouve au contraire que cette particularité est brillamment efficace : elle donne l’impression que les personnages sont constamment pétrifiés, perdus dans la folie et l’horreur de leur réalité. Pour moi, cela renforce parfaitement l’atmosphère oppressante et fascinante de l’histoire, et chaque regard figé contribue à nous plonger dans un univers où la peur et la fascination se mêlent inlassablement !

Le malaise comme fil conducteur
Pour ma part, l’un des aspects les plus fascinants de cette adaptation — et de l’œuvre originale —, c’est la manière dont la réalité et la fiction s’entremêlent remarquablement. Les événements, pourtant extraordinaires, semblent presque plausibles grâce au soin apporté à chaque détail et à la fidélité de Gou Tanabe à l’intrigue originale. Cette subtile fusion crée un malaise constant, comme si, nous, lecteurs, pouvions à tout moment basculer dans un monde où l’horreur devient tangible, où chaque découverte de Francis Thurston semble pouvoir se produire dans notre propre réalité ! Dès les premières pages, j’ai ressenti cette angoisse et cette tension de manière profondément immersive, et je suis captivée par la manière dont chaque indice et chaque rencontre renforcent ce fil conducteur de malaise qui traverse tout le récit.
La représentation de Cthulhu, quant à elle, pourrait en perturber certains : le monstre n’est jamais clairement défini, et sa forme reste partiellement floue ou suggérée. Pourtant, je trouve que c’est absolument parfait pour ce mythe qui transcende la réalité et défie toute tentative de description précise. Cette ambiguïté visuelle rend le dieu ancien encore plus effrayant et fascinant, car il dépasse notre compréhension et notre perception. Pour moi, cette approche souligne avec brio l’essence même de Lovecraft : l’horreur ne se montre pas complètement, elle se devine, se ressent, et c’est précisément cette subtilité qui rend le récit si intensément captivant et oppressant !

Une lecture qui ne laisse pas indemne
Personnellement, lire L’Appel de Cthulhu dans cette adaptation de Gou Tanabe a été une expérience profondément marquante. Chaque page, chaque planche m’a plongé dans un univers où la réalité et la fiction s’entrelacaient subtilement, où le malaise devenait un fil conducteur inévitable. Tout au long de ma lecture, j’ai pu ressentir toute la tension qui s’installait, cette angoisse grandissante qui accompagnait Francis Thurston dans sa descente aux confins de l’inconnu. Et ce fut une expérience incroyable et bouleversante !
En terminant cette lecture, je me suis sentie profondément marquée et transportée par l’univers de Lovecraft, parfaitement restitué par Gou Tanabe. L’histoire m’a tenue en haleine du début à la fin, et je suis sortie de cette expérience avec un mélange d’admiration, de fascination et d’une légère frissonnante inquiétude… exactement ce que je cherchais dans un récit d’horreur cosmique ! Pour ma part, cette adaptation est une réussite totale, à la fois fidèle, captivante et immersive, et je ne peux que vous encourager à plonger vous aussi dans ce mythe intemporel. Croyez-moi, vous ne sortirez pas indemnes… mais vous en redemanderez.
Je vous retrouve donc après votre lecture, pour découvrir ensemble la critique de trois autres Chefs-d’œuvre de Lovecraft — et vous assurer que votre exploration de cet univers ne fait que s’intensifier !

Merci à Interforum pour la copie de ce manga.

Queen Kate 💜
Pour vous le procurer, c’est ici.