
Nous sommes de retour pour une autre adaptation des histoires de Lovecraft par Gou Tanabe. Cette fois-ci, nous avons une reliure de deux nouvelles : Dagon et Celui qui hantait les ténèbres. Ce que j’aime de l’horreur de H.P. Lovecraft, c’est son ambiance, et c’est pour cette raison qu’il est si difficile d’adapter son œuvre, car souvent, son horreur se passe dans la tête. On entre directement dans la folie. Ce qui est remarquable, c’est de voir que Gou Tanabe réussit à illustrer cette folie, et même à travers la couverture du manga des éditions françaises Ki-oon. Mais qu’en est-il du contenu?
Résumé
Dans la ville de Providence, le jeune écrivain Robert Blake semble fasciné par une étrange église abandonnée. Alors qu’il finit par s’aventurer dans ce lieu de culte perverti, il y découvre le Necronomicon, un ouvrage maudit de magie noire, et invoque sans le vouloir des forces maléfiques qui dépassent l’entendement…
Pendant la Première Guerre mondiale, un officier évadé se retrouve perdu en pleine mer. Épuisé, il s’évanouit dans sa barque et, à son réveil, s’aperçoit qu’il s’est échoué sur une île inquiétante, recouverte à perte de vue de carcasses de bêtes marines…
Dagon : la peur en pleine mer
Commençons par la nouvelle Dagon. Vous êtes-vous déjà demandé comment vous vous sentiriez, pris en pleine mer, seul, sans savoir où vous allez? Déjà, moi, je panique, et la panique peut vous jouer dans la tête. C’est exactement ce que raconte cette histoire : cet homme, ce soldat, qui ne comprend plus ce qui est vrai ou non. Il a vu des horreurs autant à la guerre que, selon lui, lorsqu’il s’est retrouvé sur cette île où se trouvait un énorme monstre. Personne ne le croit, mais lui est habité par cette terreur chaque jour et sombre tranquillement dans l’abîme de la drogue.
Gou Tanabe réussit très bien à illustrer cette nouvelle, qui est l’une des premières écrites par H.P. Lovecraft. L’ambiance est remarquable et on ressent la panique et l’impuissance du personnage face à ce qu’il vit. On comprend pourquoi cette peur l’envahit et pourquoi sa descente dans la drogue devient si percutante. On ne peut que se sentir démuni quand on est incompris.
Celui qui hantait les ténèbres : l’horreur dans l’ombre
La deuxième nouvelle, Celui qui hantait les ténèbres, se déroule dans la ville de Providence. Celle-ci n’est pas fictive : c’est là où H.P. Lovecraft est né et mort, ce qui rend l’histoire encore plus intéressante. Encore une fois, nous avons affaire à une créature que personne ne peut vraiment décrire, et Gou Tanabe s’est fait un malin plaisir de garder cette image floue, ce qui, selon moi, ajoute énormément à la frayeur. De plus, le Necronomicon revient dans cette nouvelle, et encore une fois, il ne fallait vraiment pas y toucher… Robert Blake va l’apprendre à ses dépens.
Cette histoire démontre qu’un récit simple peut être terrifiant et ne pas donner envie que les lumières s’éteignent.
Verdict
Finalement, ces deux histoires courtes sont tout à fait fascinantes, à la fois simples et remplies de mystère, permettant à Gou Tanabe de nous offrir encore une fois en images tout le talent de H.P. Lovecraft. De plus, le mangaka, comme il l’écrit dans sa préface, désire reprendre entièrement ces deux récits, un peu comme un architecte qui, encore et encore, croque la Sagrada Familia. Voudrait-il dire qu’il n’était pas satisfait? Ou comme moi, est-ce simplement une œuvre qu’on aime lire et relire?
Merci à Interforum pour la copie du livre.

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