
Une fresque de l’Ouest crépusculaire
Jeu d’action et d’aventure paru le 26 octobre 2018 sur Xbox One et PlayStation 4, puis le 5 novembre 2019 sur Windows (et brièvement sur Stadia), Red Dead Redemption 2 nous entraîne dans une Amérique fictive de 1899. Rockstar Games y déploie un immense monde ouvert, jouable à la troisième ou à la première personne, où l’on incarne un hors-la-loi à l’aube de la fin du Far West.
Près de sept ans et demi après sa sortie, RDR2 continue de se vendre à un rythme impressionnant et demeure, à ce jour, le dernier titre majeur publié par Rockstar. Son successeur spirituel, Grand Theft Auto VI, est attendu pour la fin de l’année. Dire que l’attente est fébrile serait un doux euphémisme. Red Dead Redemption 2 ayant placé la barre très haut, les attentes sont à la mesure de ce monument.

Une production hors norme
Mais qu’est-ce que Red Dead Redemption 2, au fond?
C’est une œuvre titanesque, conçue par une armée de développeurs bénéficiant de moyens financiers colossaux et, surtout, de temps. Beaucoup de temps. Le jeu devait marquer son époque et inscrire son empreinte dans l’histoire du jeu vidéo, autant que dans l’imaginaire collectif.
Certains souligneront que le titre s’est classé deuxième des ventes lors de son année de sortie, derrière Call of Duty: Black Ops 4. Mais soyons honnêtes: Black Ops 4 se vend-il encore aujourd’hui avec la même ferveur? La série Call of Duty recycle son propre succès annuel, là où Red Dead Redemption mise sur la singularité, l’ambition et la durabilité.

Un GTA à cheval… et bien plus
Dans sa structure, RDR2 reprend les fondations chères à Rockstar: un groupe de criminels organisés, des missions scénarisées, une vaste carte à explorer et une grande liberté d’action. Ici, les voitures sont remplacées par des chevaux, les autoroutes par des pistes boueuses, et les gratte-ciel par des saloons décrépis.
On incarne Arthur Morgan, membre du gang Van der Linde dirigé par le charismatique Dutch. Entre braquages, chasses, discussions banales ou échanges violents, le joueur façonne sa propre trajectoire morale. L’exploration, la chasse, la collecte de trésors et la découverte de lieux mémorables enrichissent constamment l’expérience.

L’obsession du détail
Tout, absolument tout, semble peaufiné. Avec près de 300 heures de jeu au compteur, je continue d’être frappé par la beauté de certains paysages et par des transitions lumineuses si naturelles qu’on jurerait observer une œuvre vivante. Les armes, les animations, les réactions des personnages et la vie urbaine participent à une illusion de monde crédible, en mutation lente sous le poids de l’industrialisation et du chemin de fer. Ce contexte historique demeure en toile de fond. On est trop occupé à vivre l’instant, à dégainer, à chevaucher, à choisir qui l’on souhaite être dans ce monde brutal.
Une nature vivante et crédible
Si les villes impressionnent, la nature n’est pas en reste. Forêts, plaines, marais, déserts et montagnes regorgent de vie sauvage. Les animaux semblent dotés de comportements cohérents, réagissant de façon crédible à la présence du joueur. Les sons ambiants renforcent l’immersion et donnent à chaque escapade une texture sensorielle remarquable.
Une histoire de rédemption
Cette prouesse technique s’accompagne d’un récit puissant, centré sur la rédemption, thème déjà cher à Rockstar mais ici exploité avec une rare justesse. Les personnages qui gravitent autour d’Arthur Morgan sont mémorables. Parmi eux, Sadie Adler s’impose comme une figure marquante: une femme qui rejette son ancienne vie pour embrasser la sauvagerie de l’Ouest et s’imposer comme une force redoutable.

Une trame sonore magistrale
La musique sublime les moments forts du jeu. Entre compositions originales signées Woody Jackson et collaborations ponctuelles avec des artistes comme Willie Nelson ou Josh Homme, la bande sonore agit comme une boussole émotionnelle. Parfois, un simple accord suffit à replacer le joueur exactement là où il doit être, mentalement et émotionnellement.
Une référence encore inégalée
Malgré son âge, RDR2 reste une référence absolue en matière de richesse de détails. Visuellement, certains titres récents peuvent sembler plus nets, mais aucun n’atteint ce niveau de minutie. Qu’il s’agisse de clôtures destructibles ou de détails aussi absurdes (comme la contraction des testicules des chevaux lorsqu’il fait froid) que réalistes, le jeu regorge de petites attentions qui, mises bout à bout, font toute la différence.

Réalisme et contemplation
Certains joueurs reprochent au jeu son réalisme parfois envahissant, notamment dans ses animations plus lentes. Personnellement, j’ai toujours trouvé l’équilibre juste. Le jeu invite à la contemplation sans jamais devenir laborieux. La chasse, par exemple, reste accessible et immersive sans sombrer dans une simulation excessive.
Mot de la fin
Red Dead Redemption 2 est un chef-d’œuvre. Un incontournable pour les amateurs de westerns, de mondes ouverts et, plus largement, de jeux vidéo. Son seul véritable défaut reste une interface parfois maladroite lors du pillage d’objets mineurs, un irritant mineur dans un ensemble autrement exceptionnel.
Somme toute, le jeu frôle la perfection.
Merci à Rockstar Games pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.


Laisser un commentaire