Treize surprises dans une boîte à pixels
Ce jeu, dont le titre affiche sans détour son amour pour certaines bêtes poilues de la famille des canidés, est une petite boîte à surprises renfermant treize mini-jeux en 8 bits, tous plus ou moins ludiques, que l’on découvre avec un plaisir sincère.
Développé par Adam Saltsman, Corgispace a su me charmer au point où j’ai essayé les treize jeux d’un seul trait, convaincu que je n’y passerais que quelques minutes chacun. Or, même à quinze minutes par jeu, multiplié par treize, on dépasse rapidement les trois heures. Après cinq heures jouées sans interruption, la faim s’est manifestée et j’ai réalisé que Corgispace venait de me voler du temps. Poliment, mais sûrement.

Un parfum de NES… avec un bagage moderne
Les jeux sont volontairement simples et couvrent une belle variété de genres. On se retrouve à l’époque de la Nintendo originale, la Nintendo Entertainment System, autant sur le plan visuel que sonore. Cela dit, les créateurs d’aujourd’hui bénéficient d’une bien plus grande expérience dans la conception de jeux courts et compacts, notamment grâce à l’essor massif du jeu mobile.
Chaque mini-jeu se dévoile à l’ouverture d’une boîte. Le concept est charmant, presque enfantin, et fonctionne étonnamment bien.

Les treize jeux:

1. Rat Dreams
On incarne un rat errant dans un donjon, peut-être des égouts. On accumule de l’expérience, sans jamais réellement sentir une progression claire. C’est difficile et peu engageant. Malgré quelques réminiscences de Nobody Saves the World dans la façon de se battre, je n’ai pas accroché.


2. Kuiper Cargo
Une variation très réussie de Tetris teintée de roguelike. On place des blocs dans un camion sans jamais les faire disparaître, ce qui oblige à optimiser l’espace. L’argent gagné permet d’améliorer divers paramètres. Je l’ai terminé une fois et j’ai beaucoup aimé. Ingénieux et efficace.


3. Dust Settlers
Un tableau évoquant un jeu de lettres cachées où l’on retourne des tuiles à l’aide de pièces aléatoires. Facile d’accès, difficile à maîtriser. Simple, élégant et subtilement frustrant.


4. Derbis
On défend une base pendant que des ovnis, des civils et des météorites tombent du ciel. Il faut récupérer les uns et détruire les autres. Le problème, c’est la lisibilité. Le graphisme très pixelisé rend l’action confuse. Trop brouillon à mon goût.


5. Sebastian’s Quest
Un chien mord des objets pour créer des gemmes qui fusionnent entre elles afin d’en produire de plus précieuses. Plus les gemmes sont rares, plus le chien peut mordre des matériaux résistants, jusqu’à percer un mur protégeant un fromage. C’est absurdement addictif. J’ai adoré, même si l’objectif final reste un peu vain.


6. Vampire vs Pope Army
On incarne un vampire infiltrant le Vatican pour boire le sang éternel du pape. Les prêtres et autres représentants de l’Église tentent de nous arrêter, mais une fois vaincus, ils servent à restaurer notre vitalité. Les casse-têtes sont bien dosés et le tout a satisfait ma soif de violence pixelisée.


7. Skeleton Gelatin
On contrôle une créature gélatineuse qui se duplique en bulles pour se déplacer dans l’espace et résoudre des énigmes. Le jeu évoque A Boy and His Blob par son charme, même si la motivation narrative demeure floue.


8. Cave of Cards
Mon grand coup de cœur. On creuse la roche pour révéler monstres et cartes. Les symboles servent à combattre, creuser, survivre ou acheter. La mécanique rappelle le Démineur, mais inversé, puisqu’on cherche volontairement le danger. L’équilibre entre hasard et stratégie est savoureux, bien que parfois cruel.


9. Bandit Accountancy
Un jeu de regroupement de gemmes par type. Trop simple et beaucoup trop proche de mon quotidien professionnel pour que j’y trouve du plaisir.


10. Prince of Prussia
Un clin d’œil assumé à Prince of Persia, où l’on incarne un combattant affrontant des nazis. Il m’a fallu un moment pour comprendre la distance optimale d’attaque. Une fois maîtrisé, c’est aussi plaisant que Vampire vs Pope Army.


11. Mole Mole
Une taupe coiffée d’un casque de chantier creuse le sol, fait exploser la pierre et évite l’eau pour trouver la sortie. Les casse-têtes sont bien conçus et gagnent en complexité. Très réussi.


12. Dust Bunny
Un lapin nettoie le sol pendant que des objets s’accrochent à lui. Le concept est amusant, mais j’ai préféré Mole Mole, plus dynamique. L’anecdote sur l’inspiration du jeu, née d’un passage d’aspirateur, est savoureuse.


13. Dino Sort
Un casse-tête classique où il faut regrouper ou séparer des dinosaures selon des règles précises. Relaxant, efficace, avec un mode infini pour prolonger le plaisir.

Au final
Pour 6,49 $, Corgispace est une véritable aubaine. Parmi ces treize expériences, il y en a presque assurément une qui saura vous séduire. Les amateurs de réalisme peuvent passer leur chemin, mais ceux qui ont le cœur rétro y trouveront leur compte. J’ai particulièrement apprécié que le développeur partage, après chaque jeu, ses intentions et inspirations.

Merci à Finji pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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