Meg’s Monster est un jeu développé et édité par Odencat, sorti en 2023 sur PC, Xbox One et Nintendo Switch. Son DLC Lost Memories est disponible depuis décembre 2025. Meg’s Monster est avant tout une expérience narrative singulière qui se distingue par sa sensibilité et son approche émotionnelle inhabituelle du RPG. Le joueur y incarne Roy, un monstre taciturne et surpuissant chargé d’escorter Meg, une petite fille humaine perdue, jusqu’à sa mère. Le cœur du jeu repose sur une idée simple mais puissante: si Meg pleure, c’est l’apocalypse. Cette contrainte narrative devient une mécanique centrale, transformant chaque situation en un exercice de protection et d’anticipation.

Un scénario efficace
Le scénario est clairement le point fort du jeu. Meg’s Monster aborde avec justesse des thèmes tels que la responsabilité, l’empathie et la peur de l’échec. La relation qui se développe entre Roy et Meg est crédible et touchante, portée par une écriture sincère et souvent surprenante. Le récit alterne constamment entre scènes plus sombres d’autres plus légères, ce qui crée un équilibre très réussi. Certaines scènes marquent durablement, notamment grâce à une mise en scène efficace malgré des moyens modestes.

Un pixel art mélancolique
Sur le plan visuel, le pixel art est particulièrement réussi. Les environnements sont colorés, expressifs et remplis de détails qui renforcent l’identité du monde. Les animations, bien que simples, sont fluides et donnent beaucoup de personnalité aux personnages. La direction artistique, combinée à une bande-son mélancolique et discrète, soutient parfaitement l’ambiance du jeu et amplifie l’impact émotionnel des moments clés.

Une bonne idée, mais pas assez développée
Le gameplay, en revanche, se montre plus limité. Les combats reposent sur une mécanique originale où il faut gérer les actions de Roy tout en évitant de faire monter le stress de Meg. Essentiellement, Roy est à peu près invincible: c’est vraiment la peur de Meg qui se trouve à être notre réelle barre de vie. La mécanique est non seulement bien pensée, mais s’intègre parfaitement avec la trame narrative. Ceci dit, j’ai trouvé que l’idée ne se renouvelait pas suffisamment sur la durée. Les affrontements manquent parfois de profondeur et peuvent donner l’impression d’une progression plus narrative que ludique. De plus, la durée de vie relativement courte pourrait laisser certains joueurs avec un sentiment de frustration, tant l’univers mériterait d’être davantage exploré.

Lost Memories
C’est là que débarque Meg’s Monster: Lost Memories. Il s’agit d’une extension narrative qui enrichit l’univers déjà touchant du jeu original en proposant cinq histoires préquelles centrées sur différents personnages du monde. Ces courts épisodes explorent des passés lourds de sens (par exemple: un combattant de MMA se battant pour la santé de son frère ou encore un enfant élevé en laboratoire) et posent des questions profondes sur l’humanité et la monstruosité.

La force de Lost Memories réside principalement dans sa capacité à susciter l’émotion en peu de temps. Chaque chapitre, bien que bref (l’ensemble se termine en environ deux heures), parvient à instaurer une atmosphère mélancolique et réfléchie, fidèle à l’esprit du jeu original, tout en donnant un nouvel éclairage sur le contexte et les motivations de certains personnages. Bref, il s’agit d’un petit plus pour les amateurs du jeu original, qui est le bienvenue tant le monde de Meg’s Monster a beaucoup à offrir.

Conclusion
En définitive, Meg’s Monster est une œuvre touchante et mémorable, davantage pensée comme une aventure émotionnelle que comme un RPG traditionnel. Il s’adresse surtout aux joueurs sensibles aux récits intimistes et aux expériences centrées sur les personnages, acceptant un gameplay volontairement simple au service de l’histoire. Son extention Lost Memories est un ajout intéressant pour ceux qui désirent prolonger l’expérience.

Merci à Odencat pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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