
Un thriller absurde mais étonnamment divertissant
The Stolen Girl se présente comme un thriller rapide et efficace, porté par Holliday Grainger et Ambika Mod, qui vous emmène dans une histoire de disparition d’enfant où le rationnel n’a pas toujours sa place. Dès les premières minutes, le ton est donné : une mère confie sa fille pour un simple sleepover avec une nouvelle camarade de classe, et le lendemain, c’est la panique totale. La maison est vide, la petite a disparu, et seule une femme de ménage apparaît pour expliquer qu’elle ne connaît rien à la famille. Le suspense est immédiat, et vous savez dès l’instant où vous posez les yeux sur l’écran que le récit ne sera jamais strictement logique mais c’est exactement ce qui le rend divertissant.
Denise Gough incarne Elisa, la mère de la disparue Lucia, tandis que Jim Sturgess joue son père, Fred. La dynamique se complexifie avec Rebecca (Holliday Grainger), mère de la nouvelle amie de Lucia, Josie, dont les intentions restent mystérieuses et déroutantes. Est-elle simplement une femme instable, une criminelle ou quelqu’un avec un vieux ressentiment à l’égard d’Elisa? Et que dire de Fred, avocat pénaliste avec ses secrets bien gardés, ou de Sarah Banks, récemment proche de lui et source de nouvelles intrigues? Tous ces éléments posent une tension constante et, grâce à quelques détails soigneusement placés comme une marque de naissance sur le dos de Lucia qui ne peut qu’avoir un rôle crucial, le spectateur est entraîné dans un tourbillon de spéculations et d’anticipation.

Entre journalisme et investigations personnelles
Pour épaissir l’intrigue, la journaliste Selma Desai (Ambika Mod) mène son enquête, creusant les moindres recoins de la vie des personnages et dénichant des informations qui semblent parfois trop pratiques pour être vraies. Sa présence soulève autant de questions sur le rôle de la police que sur l’état du journalisme moderne, transformé en une sorte de détective privé improvisé. En parallèle, des détails inattendus comme le passé anarcho-communiste de certains personnages ou des lettres mystérieuses envoyées à Elisa viennent ajouter une couche supplémentaire de mystère et de complexité.
La série ne cherche pas la profondeur psychologique à tout prix : elle s’amuse à explorer le ridicule inhérent à certaines situations. Elisa, en tant que mère, est confrontée à la critique publique pour des décisions totalement normales, tandis que les erreurs des figures masculines passent souvent sous silence. Cette approche, volontairement exagérée, renforce le côté preposterous du récit, et permet au spectateur de savourer le drame sans se perdre dans la gravité.

Une intrigue rapide et audacieuse
Les cinq épisodes filent à un rythme suffisant pour que l’on oublie rapidement les imprécisions logiques. Certaines actions semblent relever de la clairvoyance pure comme Selma devinant des détails sur Elisa sans preuve tangible mais le ton volontairement extravagant de la série invite à accepter ces libertés. Le récit jongle habilement entre l’Angleterre et la France, accumulant les suspects et révélations à travers des flashbacks bien placés qui enrichissent l’histoire sans tomber dans l’excès.
L’intrigue multiplie les éléments du puzzle : retouches photographiques, clichés de journalistes sur d’anciens accidents, dates de grossesse et autres indices viennent s’imbriquer avec régularité. Même si le scénario ne restera pas gravé dans votre mémoire une fois le visionnage terminé, il assure cinq heures de suspense constant et de divertissement.

Performances et style
Le casting porte le récit avec énergie. Holliday Grainger apporte une ambiguïté parfaite à Rebecca, Denise Gough rend Elisa touchante dans son désespoir, et Ambika Mod incarne Selma avec un mélange de fougue et d’impatience qui colle au ton de la série. La réalisation joue aussi sur un style visuel dynamique, alternant entre scènes tendues et moments plus légers, toujours avec cette sensation que tout peut basculer à chaque instant.
Ce qui rend The Stolen Girl agréable, c’est sa capacité à allier absurdité et style, à maintenir le suspense tout en ne se prenant jamais trop au sérieux. Le mélange de tension, de mystères à résoudre et de personnages imprévisibles permet de rester accroché jusqu’au dernier épisode, même si, objectivement, certaines ficelles scénaristiques sont trop grosses pour être crédibles.

Verdict
The Stolen Girl n’est pas un chef-d’œuvre inoubliable, et il est facile de l’oublier quelques secondes après le générique final. Mais il réussit parfaitement son objectif : captiver et divertir avec audace, drame et un soupçon de folie. Si vous cherchez une mini-série rapide, prenante et légèrement déjantée, c’est exactement ce qu’il vous faut.
Disponible sur Disney+, elle offre un thriller léger mais efficace, qui prouve que parfois, l’exagération et le style valent mieux que la logique pure.

Pour visionner la série, c’est ici.


Laisser un commentaire