Un naufrage aux allures de mystère
Cette série dramatique de survie, teintée de fantastique et de science-fiction, nous transporte sur une île mystérieuse de l’océan Pacifique. Près d’une quarantaine de survivants ont miraculeusement échappé à la mort après l’écrasement du vol 815 de la compagnie Oceanic Airlines. Les rescapés tentent de survivre tout en explorant une île qui cache de nombreux phénomènes étranges et surnaturels.

De Seul au monde à Twin Peaks
À l’origine, Lost devait s’inspirer du film Seul au monde (Cast Away) de Robert Zemeckis. J. J. Abrams a toutefois insisté pour y ajouter une dimension plus mystérieuse, rappelant l’étrangeté de Twin Peaks, afin de conférer à l’île une véritable personnalité. Le tout est accompagné d’une multitude de retours en arrière qui permettent de mieux connaître la dizaine de survivants principaux. On obtient ainsi une recette efficace pour occuper la plage horaire télévisuelle et faire progresser très lentement le temps sur l’île.

Une production impressionnante
Tournée à Hawaï, la beauté des décors et des environnements est indéniable. La production est même allée jusqu’à acheter un véritable avion, démonté et transporté en morceaux gigantesques sur la plage, offrant l’illusion parfaite d’une carcasse d’appareil écrasé. Les effets spéciaux tiennent encore très bien la route pour une série du début des années 2000. La réalisation reste avare d’explications visuelles claires, laissant au spectateur le soin d’imaginer ce qui rôde et menace les protagonistes.

Une écriture en construction constante
Les suppléments des disques Blu-ray révèlent rapidement que les auteurs n’avaient pas de plan précis concernant l’origine de tous les personnages. Plusieurs éléments ont été développés à partir des performances des comédiens ou de décisions imposées par la production, comme le refus de laisser mourir Jack dans l’épisode pilote. Le résultat donne des personnages solidement incarnés, mais aussi des intrigues qui semblent parfois s’éparpiller et ne mener nulle part, tout en promettant constamment une réponse future. On m’a toutefois averti que je ne trouverai pas de véritable conclusion d’ici la fin de la série.

Personnages, tensions et zones grises
Malgré tout, la série demeure prenante. On s’attache rapidement à plusieurs personnages, portés par une distribution internationale rafraîchissante pour l’époque. Les mystères de l’île, les zones d’ombre du passé des survivants et l’évolution des rapports de force maintiennent l’intérêt. La série flirte par moments avec Sa Majesté des mouches, comme le souligne Sawyer, alors que les frontières entre le bien et le mal deviennent de plus en plus floues. L’île semble même offrir une forme de réinitialisation, la possibilité de devenir quelqu’un d’autre.

Un héritage télévisuel marquant
J’ai la forte impression que Lost, souvent citée parmi les meilleures séries de tous les temps, a popularisé, voire abusé, des retours en arrière pour construire ses personnages. Cette méthode sera reprise abondamment par la suite, y compris dans des séries québécoises comme Unité 9, où le huis clos impose une narration éclatée pour élargir l’univers.

Un plaisir teinté de frustration
Lost demeure un excellent divertissement, même si j’ai parfois l’impression qu’on se moque un peu de moi sur le plan narratif et qu’il n’y a rien de parfaitement cohérent à comprendre. Cela dit, je me laisse porter par l’ampleur de cette production d’ABC. Je ne m’inquiète pas trop pour les survivants: ils peuvent compter sur un Hobbit (Dominic Monaghan) et une elfe (Evangeline Lilly). D’ailleurs, c’est véritablement avec Lost que la carrière d’Evangeline Lilly prend son envol. Icône geek de l’époque, elle évoque une sorte de Lara Croft télévisuelle, à la fois combative, charismatique et vulnérable.

Pour visionner la série, c’est ici.

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