
Critique d’un chef-d’œuvre JRPG revisité
Depuis que Persona 5 Royal a débarqué en Occident, il a marqué les esprits de tous les fans de JRPG et de la série Shin Megami Tensei. Même après avoir joué à tous les épisodes précédents, ce titre a réussi à se hisser parmi mes favoris de tous les temps. Son esthétique incroyable, ses mécaniques de combat et son système social approfondi, ainsi que le retour à Tokyo comme toile de fond, lui confèrent une personnalité unique et immédiatement reconnaissable.
En repensant au jeu original, j’avais accepté certaines imperfections : des dialogues parfois maladroits, une gestion du temps parfois frustrante et une conclusion légèrement inégale. Mais Atlus a su transformer tout cela avec Royal, créant une version non seulement plus complète mais véritablement meilleure sur presque tous les plans. Ce n’est pas une simple réédition, mais une refonte qui surpasse tout ce que la compagnie a fait auparavant, comparable à ce qu’ils avaient fait avec Persona 4 Golden ou Catherine Full Body, mais avec une ambition encore plus grande.
Plongée dans le Metaverse et les Palaces
Entrer dans Persona 5 Royal, c’est revêtir les habits d’un adolescent transféré à l’académie Shujin à Tokyo. Joker, comme on le surnomme, se retrouve plongé dans une aventure qui mélange la vie d’un lycéen normal avec celle d’un Phantom Thief, capable de pénétrer les consciences corrompues des adultes. Dès le premier jour, sa rencontre avec Ryuji déclenche une série d’événements qui le conduisent à découvrir le Metaverse, un monde cognitif où les désirs malsains prennent forme. C’est ici qu’il rencontre Morgana, un chat parlant qui devient son guide et mentor dans cette étrange réalité. Ensemble, ils forment les Phantom Thieves of Hearts, visant à voler les trésors des cœurs corrompus et à changer leurs propriétaires pour le meilleur.
Ce qui m’a frappé dès les premières heures de Royal, c’est la subtilité avec laquelle Atlus a introduit les nouveautés. Les premières scènes semblent presque identiques à l’original, mais en y prêtant attention, on remarque de nouvelles interactions, des portraits réimaginés pour chaque personnage et des dialogues enrichis qui donnent davantage de vie à la narration. Même un petit détail, comme un nouveau portrait pour Morgana, change la manière dont certaines scènes vous touchent émotionnellement, qu’elles soient comiques, chaleureuses ou dramatiques.

Le Third Semester et les nouveaux personnages
Le Third Semester est probablement l’ajout le plus important. Kasumi Yoshizawa, gymnaste talentueuse et dynamique, et Takuto Maruki, conseiller scolaire au tempérament calme et réfléchi, viennent compléter le casting et enrichir l’histoire. Leurs arcs narratifs sont bien intégrés à l’histoire originale et donnent au jeu une profondeur nouvelle, surtout pour ceux qui connaissent déjà Persona 5. Kasumi apporte non seulement des techniques uniques en combat, mais renforce également l’aspect exploration grâce à l’utilisation du grappling hook, tandis que Maruki influence la régénération de SP et offre des moments de dialogue vraiment émouvants.
L’histoire gagne ainsi en maturité et en complexité, et le scénario du troisième semestre offre une conclusion beaucoup plus satisfaisante, avec des thèmes profonds sur la justice, le pardon et les relations humaines. Les nouveaux événements, même mineurs, comme les interactions lors de Noël ou les petites scènes sociales, ajoutent de la texture à l’expérience sans la surcharger.

Les combats repensés et Showtime
Sur le plan du gameplay, Persona 5 Royal améliore considérablement ce qui était déjà un système solide. Les combats, toujours au tour par tour, deviennent plus stratégiques grâce à des ajustements subtils mais puissants. Les armes à feu, par exemple, se rechargent après chaque bataille, ce qui les rend utilisables de manière plus flexible et tactique. Les Showtime Attacks, ces attaques cinématiques où deux personnages se combinent pour infliger des dégâts massifs, ajoutent une dimension spectaculaire aux combats et mettent en valeur la personnalité des membres du groupe avec humour et style.
Le système de Baton Pass a également été repensé pour être disponible dès les premières incursions dans les Palaces. Passer le tour d’un personnage à un autre augmente la puissance de l’attaque suivante, et si vous parvenez à finir la séquence sur un dernier personnage, celui-ci peut attaquer gratuitement. Cette mécanique récompense la planification et ajoute une tension agréable à chaque combat, rendant chaque affrontement gratifiant et stimulant.

Exploration et secrets des Palaces
L’exploration des Palaces est également enrichie. Le grappling hook de Joker permet d’accéder à de nouvelles zones, de surprendre les ennemis ou de découvrir des objets cachés, tandis que les Will Seeds disséminés restaurent le SP et fusionnent pour créer des accessoires puissants. Les Shadow Guards, toujours à l’affût, obligent à naviguer intelligemment entre les caches, rendant chaque étape palpitante. Même pour un vétéran comme moi, chaque Palace offre quelque chose de neuf et d’excitant.
Velvet Room et fusions stratégiques
La fusion de personas dans le Velvet Room a elle aussi gagné en profondeur. Les Traits, bonus passifs uniques à chaque persona, permettent une personnalisation avancée des combats, tandis que le mode Lock Down ajoute un élément de risque et de récompense lors des fusions. Il est possible d’obtenir des personas extrêmement puissants mais parfois imprévisibles, ce qui rend l’expérimentation et la stratégie encore plus intéressantes.

Vie quotidienne et interactions sociales
En parallèle, la vie quotidienne à Tokyo est devenue plus fluide et gratifiante. Chaque nuit offre désormais des options productives : étudier, interagir avec les Confidants ou augmenter ses statistiques. Le système de calendrier a été optimisé pour que chaque jour compte, et des appels téléphoniques ou dialogues supplémentaires avec les personnages renforcent le sentiment de progression. L’ajout du Thieves’ Den est une vraie cerise sur le gâteau : on peut y revoir les cinématiques, écouter la bande-son, interagir avec les personas ou tout simplement profiter de moments de fan service bien pensés.
Le nouveau quartier de Kichijoji propose également des activités comme les fléchettes, qui améliorent le Baton Pass, et permet de découvrir des détails visuels et des objets cachés. Ces ajouts, combinés à des textures améliorées et à une fluidité parfaite sur PS5, rendent l’expérience visuelle et sensorielle encore plus intense.

Bande-son, doublage et Mementos
La bande-son reste incroyable avec 28 nouvelles pistes signées Shoji Meguro, tandis que le doublage anglais et japonais bénéficie de nouvelles lignes, offrant une cohérence et une émotion accrues. L’exploration de Mementos, souvent répétitive dans l’original, est maintenant dynamique et intéressante grâce à José et à une musique évolutive qui accompagne parfaitement la progression.
Tout cela contribue à ce que Royal se sente vraiment vivant : chaque déplacement, chaque interaction et chaque combat possède un impact émotionnel ou stratégique tangible. Atlus a non seulement corrigé les défauts du jeu original, mais a ajouté une myriade de détails qui rendent cette version incontournable pour tout joueur de JRPG.

Conclusion et verdict
Persona 5 Royal ne se contente pas de prolonger le jeu original : il l’amplifie. Chaque amélioration dans les combats, la narration, les personnages et l’exploration rend l’expérience plus immersive et satisfaisante. Après plus de 130 heures, il est clair que Persona 5 Royal est le meilleur opus de la série et l’un des JRPG les plus complets et mémorables de sa génération.
Pour les amateurs de JRPG ou les curieux, Persona 5 Royal n’est pas seulement un jeu à découvrir: c’est une expérience inoubliable qui restera gravée dans votre mémoire.
Merci à SEGA pour la copie du jeu.

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