Entre coup de cœur et doute persistant
Il y a des jeux qui nous séduisent immédiatement ou pas, et d’autres qui nous laissent dans un étrange entre-deux. Bail Force : Cyber Bounty Hunters fait clairement partie de cette deuxième catégorie. D’un côté, je suis fasciné par sa proposition : un roguelite cyberpunk nerveux, adaptatif, bourré de promesses. De l’autre, je ne peux m’empêcher de rester à distance, comme si quelque chose m’empêchait d’adhérer complètement.

Un univers cyberpunk qui accroche… sans toujours convaincre
New Rise City est un terrain de jeu parfait sur le papier : néons, bas-fonds, criminalité high-tech et chasseurs de primes au cœur d’un chaos urbain stylisé. L’ambiance cyberpunk est bien là, assumée, et parfois même très inspirée. On sent une vraie volonté de plonger le joueur dans un monde brutal et oppressant.
Mais en pratique, l’atmosphère ne me touche pas toujours. Les décors, bien que cohérents, manquent parfois de personnalité. J’aurais voulu ressentir davantage la misère, la peur, la tension permanente d’une ville au bord de l’implosion. Au lieu de ça, j’ai souvent l’impression de traverser des niveaux efficaces… mais un peu froids.

Un gameplay nerveux qui me fait vibrer
Là où Bail Force brille clairement, c’est dans son action. Les combats 2D sont rapides, précis et très satisfaisants. Courir, esquiver, tirer, frapper, enchaîner les combos : tout répond bien. Le mélange d’armes de mêlée et à distance permet de varier constamment son approche.
Le système de combat adaptatif est probablement l’idée la plus brillante du jeu. Les ennemis apprennent de votre style. Si vous abusez des armes à distance, ils se rapprochent. Si vous jouez sur la vitesse, ils vous piègent. Ce n’est pas juste une hausse de difficulté artificielle : c’est une réponse intelligente à votre manière de jouer. Et ça, c’est franchement excitant.

Modules, builds et liberté… mais parfois trop abstraits
La personnalisation via les modules complémentaires est riche. Bonus passifs, capacités actives, synergies possibles: on peut vraiment façonner son chasseur de primes à son image. Changer complètement de tactique en cours de partie est non seulement possible, mais parfois nécessaire.
Cependant, cette richesse devient parfois un peu opaque. Certains modules manquent de clarté dans leurs effets réels. J’ai parfois eu l’impression d’équiper des améliorations “par principe”, sans toujours ressentir clairement leur impact dans l’action.

Angel, Lea et une histoire qui hésite entre force et discrétion
Le choix entre Angel et Lea est intéressant: deux visions, deux motivations, deux destins qui s’entrecroisent. L’idée d’un récit qui réagit à votre style de jeu et à vos décisions est séduisante, surtout avec ses multiples fins.
Mais dans les faits, la narration reste souvent en retrait. Les thèmes de trahison, de confiance et de conflits sont là, mais je n’ai pas toujours ressenti la charge émotionnelle annoncée. L’histoire est intelligente… mais parfois trop discrète pour vraiment me marquer.

Rejouable, intelligent… mais pas totalement inoubliable
Bail Force : Cyber Bounty Hunters est un jeu que je respecte énormément. Son système adaptatif est audacieux, son gameplay est solide, et sa structure roguelite est bien pensée. Chaque partie est différente, chaque style de jeu influence l’expérience, et ça fonctionne.
Mais malgré toutes ces qualités, je reste partagé. J’admire le jeu plus que je ne l’aime vraiment. Il m’impressionne souvent, sans toujours me toucher. Et au fond, c’est peut-être ça, son paradoxe: Bail Force est un excellent concept, un bon jeu… mais pas encore celui qui me fera dire sans hésiter: “Oui, celui-là, je l’adore.”

Merci à indie.io pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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