Des stratégies toujours plus improbables
Publié au début de l’année 2024 chez Mana Books, le sixième tome de Bofuri : Je suis pas venue ici pour souffrir alors j’ai tout mis en défense nous replonge une fois de plus dans les aventures explosives de Sally et Maple. Fidèle à l’esprit de la série, cette suite met en avant des compétences toujours plus impressionnantes et des situations aussi improbables qu’amusantes! Pourtant, malgré l’efficacité indéniable de notre cher duo et le plaisir de les retrouver, je dois avouer que ce tome m’a laissée sur une note plus mitigée. Une légère déception s’est installée au fil de la lecture, et je vous explique pourquoi dans cette critique.

Déjà, dès l’annonce et la phase de préparation du quatrième événement, mes attentes étaient particulièrement élevées. Les combats entre guildes promettaient, sur le papier, des affrontements d’envergure, riches en tension et en stratégies. Je m’imaginais des batailles spectaculaires, des retournements de situation marquants et de véritables défis pour la guilde de l’Érable, confrontée à des adversaires capables de rivaliser avec l’excentricité et la puissance de Maple. Malheureusement, ces promesses n’ont pas totalement été à la hauteur de ce que j’espérais…

Des combats entre guildes trop sages
Malgré le fait que la bataille entre guildes ne soit pas encore arrivée à son terme dans ce sixième tome, j’ai eu l’impression que l’événement se déroulait de façon bien trop simple. Tout au long de la préparation, la guilde de l’Érable ne cesse pourtant de souligner à quel point ce défi s’annonce ardu : leur effectif limité, leur manque d’expérience face à ce type d’affrontements et la présence de guildes bien plus nombreuses et rodées à ce genre de compétition laissaient présager des combats intenses et périlleux! 

Or, une fois l’événement lancé, cette difficulté annoncée peine à se faire ressentir. Les obstacles semblent se résoudre avec une facilité déconcertante, ce qui atténue considérablement la tension et réduit l’impact dramatique des affrontements, alors même que le contexte promettait des enjeux bien plus élevés.

Des personnages secondaires enfin mis en lumière… trop brièvement
L’un des rares aspects véritablement intéressants de ce tome réside dans la place accordée à d’autres personnages que Maple et Sally. Pour une fois, l’histoire prend le temps de mettre en avant plusieurs combattants issus d’autres guildes, dont certains possèdent des compétences impressionnantes et un potentiel suffisamment élevé pour donner — du moins en théorie — du fil à retordre à nos deux joueuses excentriques! Ces moments laissent entrevoir des affrontements plus équilibrés et stimulants, capables de renouveler l’intérêt de la série.

Malheureusement, cette bonne idée est rapidement freinée par l’exécution. Les combats se terminent souvent trop vite, et la guilde de l’Érable semble toujours disposer d’une solution immédiate à chaque situation, ce qui crée une certaine redondance. À force de voir Maple et Sally déjouer sans difficulté des adversaires pourtant présentés comme redoutables, la série donne l’impression de tourner en rond. Mon intérêt s’en trouve alors peu à peu affaibli, d’autant plus que plusieurs de ces combattants disposent de capacités qui font sensation auprès des autres joueurs du jeu. Le fait qu’ils soient systématiquement neutralisés avec une telle facilité enlève toute tension et rend ces affrontements finalement peu divertissants, malgré leur potentiel évident.

Entre plaisir simple et lassitude
Avec ce sixième tome, Bofuri démontre malheureusement certaines limites qui commençaient déjà à se faire sentir dans les tomes précédents. Entre une bataille entre guildes annoncée comme périlleuse, mais finalement trop facile, des combats expédiés rapidement et une répétition constante du même schéma narratif — où Maple et Sally semblent toujours avoir une solution à tout — mon intérêt n’est plus aussi vif qu’au départ. Malgré quelques bonnes idées, dont la mise en avant de personnages secondaires prometteurs, leur potentiel reste largement sous-exploité, ce qui empêche la tension et le suspense de réellement s’installer. À ce stade, je ne suis donc pas certaine de poursuivre la lecture de la série, car j’ai l’impression qu’elle ne mène nulle part!

Cela dit, Bofuri conserve un charme indéniable qui saura toujours séduire un certain public. Si vous appréciez les lectures légères, parfaites pour un dimanche soir, capables de divertir sans prise de tête et de vous permettre de mettre votre cerveau sur pause le temps de quelques heures, alors je vous invite à continuer cette aventure aux côtés de Sally et Maple. Malgré tout, ces deux jeunes joueuses restent des personnages doux, attachants et profondément sympathiques, qui font encore aujourd’hui le cœur de la série!

Merci à Interforum pour la copie du manga.

Queen Kate 💜

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