À la fin des années 90, la Nintendo 64 était surtout associée aux jeux de plateforme colorés, aux mascottes iconiques et aux expériences familiales. Pourtant, Destruction Derby 64 est venu prouver qu’elle pouvait aussi accueillir des jeux bruts, violents et entièrement dédiés au chaos mécanique. Développé par Genki, un studio japonais déjà reconnu pour son savoir-faire en matière de jeux de course, ce titre marque un tournant dans la série Destruction Derby, jusque-là surtout connue sur PlayStation.
Ici, pas de courses propres ni de trajectoires parfaites : Destruction Derby 64 célèbre l’accident, l’impact, la tôle froissée et le plaisir presque coupable de pulvériser ses adversaires.

Un concept simple, mais terriblement efficace
Le principe de Destruction Derby 64 est aussi clair que jubilatoire : détruire les autres voitures avant d’être détruit soi-même.
 Le jeu propose plusieurs modes, dont les classiques courses sur circuit où les collisions rapportent autant, sinon plus, que la victoire elle-même, mais surtout le mythique mode Destruction Derby, où tous les véhicules s’affrontent dans une arène fermée.
Chaque choc est récompensé par des points, et plus l’impact est violent, plus le score grimpe. Le jeu transforme ainsi chaque collision en une décision stratégique : faut-il percuter frontalement, prendre de l’élan, attaquer sur les côtés, ou viser une voiture déjà affaiblie ?
Ce système de score donne une profondeur inattendue à un concept qui aurait pu se contenter d’être bourrin.

Une sensation de vitesse et de lourdeur très réussie
L’un des plus grands succès de Destruction Derby 64 réside dans son feeling de conduite. Les voitures sont lourdes, puissantes, parfois difficiles à maîtriser, mais c’est précisément ce qui rend chaque collision si satisfaisante. Contrairement à d’autres jeux de course arcade, ici le poids des véhicules se ressent à chaque virage, à chaque dérapage, à chaque choc.
Les circuits sont pensés pour encourager les affrontements : intersections serrées, lignes droites propices aux attaques frontales, zones étroites où il est presque impossible d’éviter l’impact. Même en course classique, il est rare de terminer un tour sans laisser des morceaux de carrosserie derrière soi.

Un système de dégâts impressionnant pour l’époque
Sur Nintendo 64, Destruction Derby 64 impressionne par son modèle de dégâts visuels. Les carrosseries se déforment en temps réel, les capots s’enfoncent, les flancs se tordent, et les voitures finissent parfois méconnaissables. À une époque où beaucoup de jeux se contentaient de simples étincelles, voir un véhicule perdre littéralement sa forme était spectaculaire.
Ce système n’est pas uniquement esthétique : une voiture trop endommagée devient plus difficile à contrôler, ce qui ajoute une couche de tension constante. Chaque choc est grisant, mais aussi potentiellement fatal.

Une ambiance sonore et visuelle parfaitement adaptée
Visuellement, Destruction Derby 64 adopte un style sombre, industriel, presque underground. Les arènes métalliques, les circuits urbains et les couleurs ternes renforcent cette impression de sport illégal et dangereux. Ce n’est pas un jeu qui cherche à être joli au sens classique, mais plutôt cohérent avec son propos.
La bande-son, composée de musiques électroniques et industrielles, accompagne parfaitement l’action. Les bruitages des moteurs, des collisions et de la tôle froissée sont particulièrement percutants. Chaque crash est audible, presque douloureux, ce qui renforce l’immersion.

Une durée de vie solide et un multijoueur explosif
Le mode solo propose une progression bien pensée, avec de nouveaux véhicules et défis à débloquer. Mais c’est surtout en multijoueur local que Destruction Derby 64 révèle tout son potentiel. À plusieurs joueurs, le jeu devient un véritable champ de bataille où les alliances temporaires et les trahisons sont monnaie courante.
Les parties sont rapides, intenses, et souvent hilarantes. C’est le genre de jeu parfait pour des soirées entre amis, où l’on rit autant de ses propres crashs que de ceux des autres.

Les limites du jeu
Malgré ses nombreuses qualités, Destruction Derby 64 n’est pas exempt de défauts. La variété des modes, bien que correcte, aurait pu être plus étoffée. Certains circuits se ressemblent un peu trop, et l’absence de modes réellement innovants peut donner une légère impression de répétition sur le très long terme.
De plus, l’IA, bien que agressive, manque parfois de subtilité. Elle privilégie souvent l’attaque directe au détriment de stratégies plus variées, ce qui peut rendre certaines épreuves prévisibles.

Forces et Défauts
Forces :

  • Sensation de conduite lourde et satisfaisante
  • Système de dégâts visuels impressionnant pour la N64
  • Gameplay simple mais profondément addictif
  • Ambiance sonore et visuelle parfaitement cohérente
  • Multijoueur local extrêmement fun
  • Score basé sur les collisions, très gratifiant

Défauts :

  • Manque de variété dans les modes de jeu
  • Certains circuits un peu répétitifs
  • IA parfois trop basique dans son approche
  • Peu d’innovation sur la durée

Conclusion
Destruction Derby 64 est l’un de ces jeux qui assument totalement leur identité. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à offrir une expérience brutale, intense et viscérale, centrée sur le plaisir immédiat de la destruction. Grâce à son excellent feeling de conduite, son modèle de dégâts convaincant et son multijoueur explosif, il reste encore aujourd’hui une référence du genre sur Nintendo 64.
Ce n’est peut-être pas le jeu de course le plus technique ni le plus varié, mais il est sans aucun doute l’un des plus mémorables et amusants de sa génération.

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