Une résolution personnelle, une découverte tardive
Black est le deuxième jeu de ma résolution de l’année : couvrir 40 jeux de tir en 2026. Développé par Criterion Games, les créateurs de la série Burnout, Black est un titre que j’avais complètement ignoré à sa sortie en 2006. Non pas par manque d’intérêt, mais plutôt parce que mon temps était déjà monopolisé par des poids lourds du genre : Halo, TimeSplitters et SOCOM. Revenir aujourd’hui sur Black, presque vingt ans plus tard, est donc autant une découverte qu’un exercice de recul critique.

Un FPS au rythme étonnamment lent
Dès les premières minutes, une chose frappe : Black est mou. Et c’est probablement son plus grand défaut. Là où d’autres FPS de la même époque ont traversé le temps avec une fluidité encore appréciable, Black donne l’impression d’être englué dans ses propres ambitions techniques. Les déplacements manquent de nervosité, la visée n’est pas toujours aussi réactive qu’on le souhaiterait, et le rythme global peine à décoller. Ce n’est pas injouable, loin de là, mais on sent constamment une lourdeur qui contraste énormément avec ses contemporains.

Une histoire correcte, plombée par sa mise en scène
Sur le plan narratif, Black s’en sort plutôt bien… sur papier. L’histoire, racontée à travers des interrogatoires et des missions militaires, est cohérente et suffisamment intrigante pour donner envie d’aller au bout. Là où le bât blesse, c’est dans sa mise en scène en live action. Soyons francs : les acteurs sont mauvais, la réalisation est plate, et même en 2006, on avait déjà vu bien mieux dans le genre. Ces cinématiques nuisent plus à l’immersion qu’elles ne l’enrichissent.

Une structure à l’ancienne, efficace mais limitée
Black adopte un système de missions et de difficulté rappelant GoldenEye 007. Selon le niveau choisi, les objectifs varient, ce qui ajoute une certaine rejouabilité. Cela dit, l’expérience reste courte : 5 à 8 heures pour en voir le bout. À une époque où le jeu n’offrait essentiellement qu’un mode solo, cette durée paraît aujourd’hui très limitée. Une fois terminé, Black ne propose pas grand-chose pour retenir le joueur sur le long terme.

Là où Black brille encore
Malgré ses faiblesses, tout n’est pas à jeter, loin de là. Black a marqué son époque pour deux raisons bien précises : le son et le visuel. Les armes à feu sont tout simplement impressionnantes. Chaque tir est lourd, percutant, et les effets sonores donnent une sensation de puissance rarement égalée à l’époque. Visuellement, le jeu était aussi en avance sur son temps. Les explosions, les décors destructibles et le souci du détail faisaient de Black une véritable vitrine technologique, un peu à la manière de Red Faction.

Vieillir, ce n’est pas juste une question de graphismes
Le problème de Black aujourd’hui n’est pas son âge, mais ce qu’il n’a pas su faire évoluer. Doom, Halo, Wolfenstein et TimeSplitters ont tous proposé des expériences qui demeurent pertinentes des années plus tard, que ce soit par leur gameplay, leur rythme ou leur inventivité. Black, lui, repose presque exclusivement sur son impact visuel et sonore. Une fois cet effet passé, il reste un FPS très linéaire, au gameplay rigide, qui peine à justifier une redécouverte en 2025.

Faut-il rejouer à Black aujourd’hui ?
Black n’est pas un mauvais jeu. Il a même été un excellent démonstrateur technique à sa sortie. Mais est-ce un titre qui mérite d’être redécouvert aujourd’hui ? La réponse est mitigée. Pour les curieux, les nostalgiques ou ceux qui s’intéressent à l’évolution du FPS, oui, Black vaut le détour. Pour tous les autres, il existe de bien meilleures expériences issues de la même période, plus solides et mieux vieillies.

Black est un jeu respectable, marquant à son époque, mais limité dans sa longévité.

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