
Quand la mémoire devient une arme
Ici CoffeeKeep. Arrivé à son cinquième tome, Assassin’s Creed: Forgotten Temple n’est plus dans la phase de mise en place ni dans celle de l’hésitation. Après un départ inégal, la série a progressivement trouvé son rythme, affinant ses thématiques autour de l’héritage, de la mémoire et du poids des choix transmis à travers le temps. Ce nouveau volume s’inscrit donc à un moment charnière, là où le passé et le présent ont cessé de s’observer pour commencer à réellement s’influencer.
Publié le 8 décembre 2025 chez Mana Books, Assassin’s Creed: Forgotten Temple #05, illustré par Tabii, est proposé au prix de 23,95 $ et s’intègre à la collection ASSASSIN’S CREED: FORGOTTEN TEMPLE. Classé dans la catégorie Mangas | Assassin’s Creed: Forgotten Temple, ce volume poursuit l’exploration du lien fragile entre l’Animus, les souvenirs d’Edward James Kenway et l’évolution de Noa Kim, désormais confronté à des conséquences qui dépassent le simple cadre de l’expérimentation.
Entre mémoire et héritage : un conflit qui traverse le temps
Depuis le début de Assassin’s Creed: Forgotten Temple, l’histoire alterne entre le présent, où Noa Kim est retenu par Abstergo et contraint d’explorer sa mémoire génétique via l’Animus, et le passé, où Edward James Kenway poursuit une quête mêlant trésor, secrets et conflits idéologiques. De Macao aux routes maritimes, la série a progressivement déplacé son focus des simples affrontements vers des enjeux plus profonds, liés à l’héritage, à la liberté et au contrôle. Au fil des tomes, la frontière entre les souvenirs d’Edward et l’identité de Noa s’est amincie, transformant l’Animus en bien plus qu’un simple outil d’exploration du passé.
Dans ce cinquième tome, l’histoire se structure autour de deux forces opposées dont les ambitions entrent désormais en collision directe. L’Union Zhang Wei, fondée par Edward James Kenway et ses alliés, franchit une étape décisive en concluant un contrat de partenariat de cinq ans avec la Compagnie hollandaise. Cette alliance marque un tournant stratégique majeur : l’Union fait l’acquisition de son premier véritable navire, affirmant ainsi sa montée en puissance sur les routes commerciales.
Mais cette avancée bouleverse un équilibre déjà fragile. Autour de ce partenariat gravite un jeu dangereux impliquant trois grandes compagnies, prêtes à recourir à des complots, des manœuvres politiques et des contrats d’assassinat pour atteindre leur objectif commun. Au cœur de toutes les convoitises se trouve le carnet de bord menant à l’île au trésor, devenu l’enjeu central d’un affrontement où chaque camp est désormais prêt à tout.
Un récit qui trouve enfin son rythme
Avec ce cinquième tome, Assassin’s Creed: Forgotten Temple poursuit sur la lancée amorcée dans le volume précédent, en proposant un scénario plus structuré et mieux maîtrisé. Le récit avance avec une clarté appréciable, alternant efficacement entre manœuvres politiques, tensions commerciales et menaces plus directes, sans jamais perdre de vue son objectif central. On sent que la série a désormais trouvé son rythme, évitant les longueurs inutiles qui pouvaient freiner l’élan des premiers tomes.
La narration gagne également en maturité. Les enjeux sont clairement posés, les différentes forces en présence sont identifiables, et chaque décision semble entraîner des conséquences concrètes. L’équilibre entre action et exposition est mieux dosé, permettant au lecteur de suivre les événements sans se sentir submergé par l’information ou, au contraire, laissé dans le flou.
Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est la façon dont l’histoire parvient à entremêler le passé et le présent sans casser le rythme. L’Animus n’est plus un simple prétexte narratif, mais un véritable moteur de tension, renforçant l’immersion et donnant au récit une continuité plus fluide et plus engageante.
Des figures clés face à leurs responsabilités
Dans ce cinquième tome, le récit se recentre presque exclusivement sur Edward James Kenway, tandis que Noa Kim passe volontairement en arrière-plan. Ce choix narratif permet au manga de s’attarder davantage sur le moment charnière que représente la mise en place de l’Union Zhang Wei, ainsi que sur les responsabilités croissantes qui pèsent désormais sur Edward. L’histoire n’est plus dans l’hésitation, mais dans la construction, et cela se ressent directement dans la posture du personnage principal.
Edward apparaît ici plus posé, mais aussi plus lucide. Ses décisions ne concernent plus uniquement sa survie ou sa quête personnelle, mais l’avenir d’une structure naissante et les conséquences qu’elle entraînera. Ce tome marque également un tournant important dans son parcours : Kenway assume ouvertement son appartenance à la Confrérie des Assassins, affirmant clairement les idéaux qu’il porte et la voie qu’il a choisie. Cette prise de position donne un poids supplémentaire à ses choix et redéfinit la manière dont les autres forces en présence le perçoivent.
Le récit introduit également Saito, une figure clé à la tête d’un groupe dont l’identité et les intentions restent volontairement floues. Sa présence impose une nouvelle dynamique, plus tendue, et souligne l’existence de deux factions opposées, chacune poursuivant ses propres intérêts et méthodes. Sans entrer dans les détails, cette opposition structure une grande partie du tome et prépare un affrontement idéologique autant que stratégique.
L’ensemble donne aux personnages une dimension plus politique que personnelle, où chaque décision semble pesée, chaque alliance fragile, renforçant l’impression que la série aborde ici une phase déterminante de son récit.
Une mise en scène au service de la construction
Sur le plan visuel, Assassin’s Creed: Forgotten Temple #05 s’inscrit dans une continuité claire avec les volumes précédents. Le trait de Tabii reste reconnaissable, avec un souci constant du détail dans les décors, en particulier lorsqu’il s’agit des environnements portuaires, des scènes de navigation ou des lieux chargés d’enjeux politiques. Cette attention portée aux espaces contribue à ancrer le récit dans une ambiance crédible, où chaque lieu semble avoir un rôle à jouer.
Les scènes d’action, bien que moins nombreuses que dans certains tomes antérieurs, conservent une bonne lisibilité. Le découpage privilégie la clarté plutôt que la surenchère, ce qui sert bien un récit davantage axé sur la construction et les tensions latentes que sur l’affrontement pur. Les expressions faciales restent un point fort, permettant de transmettre les hésitations, la méfiance ou la détermination des personnages sans avoir recours à de longs dialogues explicatifs.
En revanche, certains choix visuels déjà observés auparavant — notamment l’usage ponctuel d’effets de flou ou de transitions très douces — sont toujours présents. S’ils participent parfois à l’atmosphère, ils peuvent aussi atténuer l’impact de certaines scènes clés. Cela dit, l’ensemble demeure cohérent et maîtrisé, servant efficacement une narration plus posée, où l’image accompagne le récit plutôt qu’elle ne cherche à le dominer.
Un tome de fondation avant l’escalade
Avec ce cinquième tome, Assassin’s Creed: Forgotten Temple adopte un rythme volontairement plus posé, presque méthodique. L’histoire ne cherche pas à multiplier les retournements spectaculaires, mais à poser des bases solides. On est ici dans un volume de construction, où chaque événement sert à clarifier les alliances, les oppositions et les objectifs à long terme plutôt qu’à provoquer une explosion immédiate.
Le récit s’attarde sur la mise en place de l’Union Zhang Wei, sur les choix stratégiques qui l’accompagnent et sur les conséquences qu’ils entraînent dans un monde déjà saturé de tensions. Les manœuvres politiques, les négociations et les jeux d’influence prennent le pas sur l’action brute, donnant à l’histoire une dimension plus stratégique et plus crédible. On sent que ce qui se joue ici n’est pas une victoire immédiate, mais la survie — ou l’échec — d’un projet à long terme.
Ce choix peut surprendre après la montée en intensité du tome précédent, mais il s’avère cohérent. Ce volume agit comme un pivot narratif, préparant le terrain pour des conflits plus ouverts à venir. L’histoire avance moins vite, mais elle avance avec intention, en donnant au lecteur l’impression que chaque décision compte et que rien n’est laissé au hasard.
Une étape clé avant le point de bascule
Avec Assassin’s Creed: Forgotten Temple #05, la série confirme qu’elle a définitivement quitté sa phase d’hésitation. Ce tome ne cherche pas à impressionner par l’action ou les révélations choc, mais à consolider son univers, ses alliances et ses enjeux. En recentrant le récit sur Edward James Kenway et sur la fondation de l’Union Zhang Wei, l’histoire gagne en cohérence et en maturité, quitte à laisser certains personnages volontairement en retrait.
Ce choix narratif peut donner l’impression d’un rythme plus calme, mais il sert un objectif clair : préparer la suite. Les tensions politiques, les oppositions entre factions et les décisions irréversibles posées ici donnent au récit une assise plus crédible et plus ambitieuse. On sent que ce qui se construit dans ce tome aura des répercussions durables, autant dans le passé que dans le présent.
Visuellement cohérent et narrativement mieux maîtrisé, ce cinquième volume s’adresse avant tout aux lecteurs déjà investis dans la série. Il récompense la patience en offrant une lecture plus réfléchie, plus stratégique, et surtout plus consciente de ce qu’elle veut raconter.
Un tome de transition solide, nécessaire, et intelligemment construit, qui prépare le terrain pour une escalade inévitable.
Merci à Interforum pour la copie du livre.

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