
Plaisir coupable et pizza visuelle sont les premiers termes qui me viennent en tête en commençant à écrire ce petit test de Killing Time: Resurrected. On est clairement devant un jeu qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais qui vise plutôt les amateurs d’histoire vidéoludique et de curiosités venues d’un autre âge.
Un studio en mission
Avec ce remaster, une question revient naturellement : est-ce que Nightdive Studios se sont donné comme mission de ressusciter tous les vieux jeux de tir à la première personne oubliés du passé ? Quand on regarde leur parcours, la réponse semble évidente. Le studio s’est déjà attaqué à des titres comme Turok, Turok 2, Shadow Man, System Shock, Quake, Doom 64 ou encore Powerslave Exhumed. Nightdive s’est forgé une réputation solide dans la restauration de FPS cultes ou obscurs, tout en respectant leur ADN original.

Une histoire venue d’ailleurs
Killing Time trouve ses origines au milieu des années 90, à une époque où le FPS cherchait encore sa voie après Doom et Wolfenstein 3D. À l’origine, le jeu est sorti sur 3DO en 1995, avant d’être porté sur PC. Déjà à l’époque, il se démarquait par une approche plus ouverte que ses contemporains.
Dans le jeu, on incarne un personnage envoyé sur une île mystérieuse afin d’enquêter sur la disparition d’un riche héritier et sur les événements surnaturels entourant un immense manoir. Très rapidement, on découvre que l’île est envahie par des créatures étranges, des esprits, et des habitants transformés par une force obscure. La narration est volontairement fragmentée, livrée à travers des rencontres phantomatiques, des événements et des documents, ce qui renforce le côté étrange et dérangeant de l’ensemble.

Un visuel aussi déroutant qu’unique
Visuellement, Killing Time est… particulier. Même avec le travail de restauration de Nightdive, le jeu conserve une direction artistique parfois déroutante. On croise des canards armés, des chasseurs, des créatures humanoïdes difformes et toute une galerie de personnages improbables qui donnent au jeu une identité presque surréaliste. Ce mélange d’horreur, de grotesque et de bizarrerie crée une ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Le moteur KEX permet d’améliorer la fluidité, la résolution et le confort moderne, mais sans trahir le look d’origine. On sent constamment cette esthétique des années 90, brute et sans filtre.

Un FPS en monde ouvert avant l’heure
L’un des aspects les plus surprenants de Killing Time est sa structure. Contrairement à la majorité des FPS de son époque, le jeu propose un monde ouvert, plutôt qu’une succession de niveaux fermés. L’île est interconnectée, avec plusieurs zones accessibles dans un ordre relativement libre.
La progression repose sur l’exploration. Il faut fouiller les bâtiments, trouver des clés, activer des mécanismes, découvrir des passages secrets et résoudre des situations parfois obscures. Ce côté exploratoire donne au jeu une dimension presque aventureuse, loin du simple enchaînement de combats.

Armes et progression
L’arsenal est typique des FPS des années 90 : pistolets, fusils, armes plus exotiques et objets offensifs variés. Les sensations sont simples, parfois rigides, mais cohérentes avec l’époque. Le plaisir vient davantage de la découverte et de l’atmosphère que de la précision du tir.
Pour progresser, il faut constamment garder l’œil ouvert : clés cachées, objets importants, raccourcis et zones secrètes sont essentiels. Le jeu ne prend pas le joueur par la main, ce qui peut autant séduire les passionnés que frustrer les joueurs modernes.

Une ambiance sonore très marquée
La musique et les effets sonores respirent les années 90. Les compositions sont souvent minimalistes, parfois inquiétantes, parfois étrangement calmes, renforçant le sentiment d’isolement. L’ambiance sonore joue un rôle important dans l’atmosphère générale, rappelant une époque où le son servait surtout à installer une tension plutôt qu’à accompagner l’action en continu.

Conclusion
Killing Time: Resurrected est un jeu correct, imparfait, parfois maladroit, mais profondément fascinant. J’y ai pris du plaisir, surtout grâce à cette étrange curiosité du passé qu’il représente. Ce n’est clairement pas un titre pour tout le monde. Si vous cherchez un FPS moderne, nerveux et guidé, vous pouvez passer votre tour.
En revanche, si vous avez une passion pour l’histoire du jeu vidéo, pour les expérimentations des débuts du FPS et pour les expériences atypiques, Killing Time: Resurrected mérite votre attention. C’est une fenêtre sur une époque où tout était encore à inventer.
Merci à Nightdive Studios pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.


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