Quand j’étais jeune, j’adorais regarder les dessins animés de Walt Disney sur cassette VHS, branché sur une télé cathodique. À cette époque, les téléviseurs HD étaient loin d’exister, et l’image possédait ce grain particulier, légèrement flou et imparfait, qui faisait partie intégrante de l’expérience. Tout ça pour dire que ce vieux grain de pixelisation, Bye Sweet Carole le recrée presque à l’identique.

Le jeu est développé par Little Sewing Machine, un studio italien fondé par Chris Darril, connu pour la série Remothered, avec la collaboration de Meangrip Studios. Il s’agit ici d’un jeu d’horreur narratif en 2D, qui puise clairement ses inspirations dans Alice au pays des merveilles, les vieux films d’animation de Disney, et des classiques du jeu vidéo comme Clock Tower.

Gameplay
Du côté du gameplay, Bye Sweet Carole mise avant tout sur l’exploration, l’observation et la narration plutôt que sur l’action pure. Le jeu se joue principalement en vue 2D avec des déplacements latéraux, où l’on explore différents environnements, résout des énigmes simples et évite des situations dangereuses. L’accent est mis sur l’ambiance et le rythme, avec une progression volontairement lente qui laisse le temps d’absorber l’univers et les détails visuels.

Certaines séquences demandent de la discrétion ou des réflexes, rappelant l’approche des anciens jeux d’horreur à la Clock Tower, où la fuite et la survie priment sur le combat. Le jeu introduit également des mécaniques spécifiques, comme la transformation de l’héroïne en lapin, qui permet d’accéder à de nouvelles zones ou de résoudre certains puzzles. Ces mécaniques restent simples, parfois même un peu limitées, mais elles servent bien la narration et renforcent le côté conte sombre du jeu.

Comme jouer à un film
Je me suis toujours imaginé jouer un jour à un jeu en 2D qui ressemblerait à un film d’animation Disney, avec une animation de très haute qualité. Bye Sweet Carole met un pied dans cette direction, même si le chemin à parcourir est encore long. Cela dit, malgré ses coins parfois très raboteux, le jeu demeure plaisant et captivant du début à la fin.
L’histoire est intrigante, bien ficelée, et surtout très bien écrite. Les dialogues sont solides, naturels, et contribuent énormément à l’ambiance générale. J’ai réellement aimé l’expérience, même si elle est imparfaite. L’atmosphère fonctionne, les décors dessinés à la main sont magnifiques, et l’univers visuel est riche en détails.

Un travail visuel colossal
L’animation est généralement bonne, mais il lui manque encore un certain niveau de finesse pour atteindre un rendu digne d’un long métrage d’animation classique. Cela dit, c’est un objectif extrêmement difficile à atteindre. Travaillant moi-même en animation 2D et 3D depuis près de 25 ans, je peux confirmer à quel point ce genre de production demande une quantité énorme de travail, de talent et de rigueur. Chapeau à cette équipe, qui a clairement mis son cœur et son âme dans le projet, et ça se ressent dans le produit final.

Je recommande Bye Sweet Carole aux vieux fans de dessins animés, à ceux qui aiment les ambiances sombres mais poétiques, et aux joueurs à la recherche d’une expérience narrative différente. La fin est particulièrement bien construite, et on se surprend même à être très ému par les événements qui s’y dévoilent.
Un jeu imparfait, mais sincère, touchant et artistiquement marquant.

Merci à Maximum Entertainment pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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