
The Last Case of John Morley s’inscrit dans la tradition des jeux d’enquête narratifs à la première personne, avec une ambition claire: faire vivre au joueur une dernière affaire marquante, plus introspective que spectaculaire. Dès les premières minutes, le titre installe une atmosphère lourde et mélancolique, portée par une mise en scène sobre et un rythme volontairement lent. Le joueur incarne John Morley, un détective usé par les années et les affaires irrésolues. Le jeu ne cherche pas à impressionner par l’action, mais par la tension psychologique et le sentiment constant que chaque détail compte. Disponible depuis le 27 novembre, le jeu est développé par Indigo Studios – Interactive Stories et édité par JanduSoft.
Entre réalité et interprétation
L’un des points forts du jeu réside dans son écriture. Le scénario se construit progressivement, laissant volontairement des zones d’ombre qui poussent le joueur à observer attentivement son environnement et à réfléchir au moindre indice. Les dialogues sont bien écrits, souvent teintés de cynisme et de fatigue morale, ce qui renforce la crédibilité du protagoniste. L’enquête ne se contente pas d’aligner des énigmes: elle questionne la mémoire, la culpabilité et la frontière floue entre vérité et interprétation. Cette dimension plus intime distingue The Last Case of John Morley de nombreux jeux du même genre, parfois trop mécaniques dans leur approche de l’investigation.

On ne vous tient pas la main
Sur le plan du gameplay, le jeu mise sur une exploration minutieuse et une collecte d’indices basée sur l’observation. Il n’y a pas de système d’aide excessif: le joueur doit prendre des notes mentales, relier les informations par lui-même et accepter de se tromper. Cette liberté peut séduire les amateurs d’enquêtes exigeantes, mais elle risque aussi de dérouter ceux qui préfèrent des mécaniques plus guidées. Certaines phases peuvent sembler lentes, notamment lorsque l’on peine à identifier l’élément déclencheur pour progresser, mais cette lenteur participe aussi à l’ambiance réaliste et pesante du récit. Un conseil: gardez papier et crayons à portée de main et prenez des notes!

Une DA réussie
La direction artistique, sans être particulièrement flamboyante, se montre cohérente et efficace. Les environnements sont souvent austères, parfois presque vides, mais cela sert le propos du jeu. Chaque lieu raconte quelque chose du passé de Morley ou de l’affaire qu’il tente de résoudre. Les jeux de lumière et les couleurs ternes accentuent le sentiment de solitude et d’abandon, tandis que la bande sonore discrète accompagne parfaitement l’expérience sans jamais la surcharger. Le silence est d’ailleurs utilisé comme un véritable outil narratif, renforçant la tension et l’introspection.

Une production somme toute de qualité
Techniquement, The Last Case of John Morley reste modeste. Les animations peuvent manquer de fluidité et certains modèles paraissent rigides, ce qui rappelle le budget limité du projet. Toutefois, ces faiblesses sont en partie compensées par la solidité de l’ambiance et la cohérence de l’ensemble. Le jeu fonctionne davantage comme un roman interactif que comme une production spectaculaire, et il assume pleinement ce positionnement. Les rares bugs ou maladresses techniques n’entachent pas gravement l’expérience, même s’ils peuvent parfois briser l’immersion.

Conclusion
En définitive, The Last Case of John Morley est une œuvre qui s’adresse avant tout aux joueurs en quête d’une expérience narrative mature et réfléchie. Il ne plaira pas à ceux qui recherchent de l’action ou un rythme soutenu, mais il séduira les amateurs de récits policiers introspectifs et d’enquêtes exigeantes. Son écriture soignée, son atmosphère pesante et sa volonté de laisser le joueur interpréter les événements en font un jeu imparfait mais sincère, qui marque davantage par ce qu’il raconte que par ce qu’il montre. Une dernière affaire qui, sans révolutionner le genre, laisse une impression durable.
Merci à JanduSoft pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.


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