CRITIQUE DE JEU VIDÉO – GIGASWORD

par | Déc 12, 2025

Gigasword est un metroidvania développé par Studio Hybrid et publié par Akupara Games sorti le 13 novembre dernier sur PC, Nintendo Switch, PS4, PS5 et Xbox Series. Le jeu se distingue immédiatement par son concept central: une épée gigantesque, lourde, encombrante, mais indispensable, qui modifie profondément la manière de se déplacer, de combattre et d’explorer.

Une vraiment très grosse épée
Cette idée, simple en apparence, est en réalité au cœur de toute l’expérience. Lorsque le protagoniste Ezra porte la Gigasword, il devient puissant mais extrêmement lent, ses sauts sont réduits et sa mobilité est limitée. À l’inverse, lorsqu’il la laisse au sol, il retrouve une agilité surprenante qui lui permet de grimper, de sauter plus haut et d’accéder à des zones autrement inaccessibles. Cette alternance constante entre puissance et mobilité crée une dynamique de level-design intelligente, où chaque salle demande d’évaluer si l’épée doit être portée ou abandonnée temporairement pour progresser.

Un level design inspiré
Le jeu s’appuie énormément sur sa mécanique d’épée lourde pour construire ses environnements. La tour du Nestrium, qui sert de décor principal, regorge de puzzles et de passages labyrinthiques qui exploitent toutes les subtilités offertes par la présence ou l’absence de l’épée. Certaines zones semblent d’ailleurs pensées comme de véritables casse-têtes grandeur nature, où pousser un bloc, activer un levier ou créer un passage exige souvent plusieurs allers-retours en jonglant avec l’épée. Cette cohérence entre concept et architecture de niveaux est l’une des plus grandes forces du titre. Le joueur ressent constamment que chaque élément a été façonné autour de cette idée directrice, ce qui rend l’exploration à la fois stimulante et gratifiante, en plus d’être franchement unique.

Une direction artistique de qualité
Visuellement, Gigasword propose un pixel-art très soigné, avec une ambiance sombre, presque mystique, qui colle bien au ton de l’aventure. Les environnements sont riches en détails, les éclairages subtils, et l’esthétique générale évoque un mélange entre les classiques du genre et une sensibilité moderne plus atmosphérique. L’accompagnement musical, discret mais efficace, renforce cette immersion et enveloppe l’ensemble d’une aura mélancolique. Pour un projet issu d’un petit studio, la direction artistique impressionne par sa maturité et par la personnalité qu’elle confère au jeu.

Un combat parfois trop lourd
Tout n’est toutefois pas parfait. Le jeu souffre d’un combat lourd et lent, conséquence évidente et attendue de la mécanique centrale du jeu. Les joueurs qui préfèrent les combats plus nerveux dans un metroidvania risque de pester contre la réactivité parfois déficiente du protagoniste. Aussi, la navigation dans le monde est loin d’être optimale, avec souvent de longs retours sur nos pas qui viennent briser le rythme de l’aventure.

Conclusion
Malgré cela, Gigasword reste une œuvre intéressante, singulière et ambitieuse. Son concept est suffisamment fort pour offrir de beaux moments de gameplay, et son univers bénéficie d’un réel charme. C’est un titre qui plaira particulièrement aux amateurs de puzzles intégrés au level design, aux joueurs patients et à ceux qui valorisent l’originalité avant la fluidité. Pour les autres, notamment ceux qui recherchent un metroidvania rapide, dynamique et dépourvu de frustrations techniques, l’expérience pourra paraître plus laborieuse. Gigasword est un jeu imparfait mais inspiré, qui marque par son identité et par son audace. Il s’agit d’un metroidvania qui mérite d’être essayé pour la créativité qu’il déploie, tout en sachant que sa rigidité risque d’en freiner certains.

Merci à Akupara Games pour la copie du jeu.

Pour se procurer le jeu, c’est ici.

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Robin

Membre du podcast G pour Geek.