
Après trois ans d’attente, Stranger Things revient enfin avec la première partie de sa cinquième et ultime saison. Arrivés sur Netflix le 27 novembre 2025, les quatre épisodes totalisant plus de quatre heures et demie avaient une lourde tâche : relancer l’histoire, faire monter la tension et surtout prouver que la série n’a pas perdu de sa magie depuis son lancement en 2016. Après neuf ans de diffusion et un engouement planétaire, la question était légitime : est-ce que Stranger Things réussit toujours à surprendre, ou est-ce qu’elle tourne en rond?
Un retour massif et visuellement renversant
Dès l’ouverture du premier épisode, on comprend que Netflix n’a pas hésité à sortir le portefeuille. Les effets spéciaux sont plus poussés que jamais, les environnements numériques sont d’une qualité impressionnante, et la mise en scène rivalise avec les gros films hollywoodiens. Avec un budget estimé entre 50 et 60 millions de dollars par épisode, la série offre un spectacle visuel qui dépasse aisément les standards de la télévision.
Cette ambition éclate particulièrement dans l’épisode 4, considéré comme le point culminant de cette première partie. Rythme effréné, combat final brutal, images percutantes : l’épisode démontre que Stranger Things n’a rien perdu de son sens du spectacle, et arrive même à se renouveler en explorant des idées visuelles plus audacieuses qu’avant.

Le poids du temps : un thème omniprésent
L’un des aspects les plus réussis de cette saison, c’est la manière dont elle assume le passage du temps. Les acteurs que le public a découverts enfants sont maintenant de jeunes adultes, et la série ne cherche pas à gommer cette évolution. Au contraire, elle en fait un moteur narratif. Les relations sont plus matures, les décisions plus lourdes, et la prise de conscience que l’enfance est définitivement derrière eux apporte une dimension émotionnelle très forte.
Les retrouvailles du groupe au début de la saison accentuent ce sentiment. On sent une certaine nostalgie, mais aussi une gravité nouvelle. Hawkins n’est plus une petite ville tranquille avec un secret caché : c’est une zone rouge, fermée au public, surveillée par l’armée et rongée par les failles du Monde à l’envers. Cette transformation donne une toile de fond beaucoup plus sombre et dramatique.

Une atmosphère renouvelée et un ton plus contemporain
Ce qui distingue particulièrement cette cinquième saison, c’est son changement d’atmosphère. Au lieu de miser sur des clins d’œil constants à l’esthétique rétro comme par le passé, la série adopte un ton plus moderne, plus nerveux et plus proche des grandes productions de science-fiction actuelles. La tension est plus constante, l’action plus frontale, et l’histoire s’autorise des parallèles avec des enjeux contemporains.

Par exemple, la confusion entre réalité et illusion, omniprésente dans l’intrigue autour du Monde à l’envers, s’inscrit dans un contexte où l’intelligence artificielle, la désinformation et la perte de repères sont au cœur de nombreuses discussions sociales. Ce sous-texte, subtil mais présent, donne à la saison une résonance plus actuelle que jamais.
De plus, la relation entre Hawkins et le Monde à l’envers évolue. Ce n’est plus seulement une menace extérieure : les deux réalités se mélangent, s’infiltrent l’une dans l’autre. Cette fusion progressive donne naissance à des environnements visuellement impressionnants, mais aussi très oppressants, renforçant la tension dramatique.

Une saison ambitieuse, mais qui connaît quelques ralentissements
Malgré ses grandes qualités, la première partie de la saison n’est pas parfaite. Les deux premiers épisodes prennent leur temps peut-être un peu trop dans la remise en place des personnages. Avec autant de figures majeures à gérer, certains arcs semblent manquer d’espace pour s’exprimer pleinement. Quelques moments peuvent aussi rappeler des situations déjà vues dans les saisons précédentes, donnant un léger sentiment de répétition.
Cependant, une fois l’histoire lancée, la série retrouve rapidement son efficacité habituelle. Les scènes d’émotion sont réussies, l’humour tombe au bon moment grâce à Dustin, et les relations entre les personnages gagnent en profondeur à mesure que la menace de Vecna redevient centrale.

Verdict : une mise en bouche solide avant le grand final
Cette première partie de la saison 5 de Stranger Things remplit parfaitement son rôle : installer la tension, repousser les limites visuelles et préparer le terrain pour un final explosif. Malgré quelques longueurs en début de parcours, la série conserve une force narrative impressionnante et une capacité unique à faire vibrer le public.
Si la deuxième partie maintient cette lancée tout en resserrant encore plus l’émotion, Stranger Things pourrait bien conclure sa saga de manière mémorable, loin du fiasco vécu par d’autres séries populaires.

Pour visionner la série, c’est ici.
Rendez-vous le 25 décembre pour le volume 2.


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