Phantom Busters Tome 2 : Les âmes du néant
Après un premier tome prometteur, Phantom Busters continue son ascension avec un second volume plus ambitieux et plus dramatique. Jacky et Akeji développent ici un récit qui gagne en intensité, en émotion et en profondeur, confirmant le potentiel de la série. Le tome 2 explore non seulement les origines du phénomène “Phantom”, mais surtout les failles intérieures des personnages, qui se retrouvent confrontés à leurs propres démons, au sens littéral comme figuré.

Un scénario qui prend de l’ampleur
L’histoire reprend peu après les événements du premier tome. Riku Amane, désormais membre à part entière de l’unité des Busters, découvre les véritables enjeux de la guerre contre les Phantoms. Une nouvelle menace émerge : un esprit d’une puissance inédite, capable non seulement de manipuler les vivants, mais aussi de transformer leurs émotions en entités autonomes.

Ce second tome prend un ton plus sombre, presque tragique. Les missions deviennent plus périlleuses, et les pertes plus lourdes. Riku réalise que le combat n’oppose pas seulement les vivants et les morts, mais les émotions humaines elles-mêmes. Chaque affrontement devient ainsi une métaphore de la lutte intérieure : affronter un Phantom, c’est se confronter à une part de soi qu’on refuse de voir.

Jacky réussit un équilibre remarquable entre action et introspection. Les scènes de combat sont dynamiques, rythmées par des dialogues chargés d’émotion, tandis que les moments calmes laissent place à des réflexions sur la peur, la mémoire et le poids du passé.

Des personnages en pleine mutation
Ce volume met l’accent sur le développement des personnages secondaires. Kaori, la vétérane marquée par les pertes du passé, se révèle plus complexe qu’il n’y paraissait : son rapport aux Phantoms est empreint de compassion, voire de culpabilité. Son arc narratif, centré sur la rédemption, apporte une profondeur inattendue à l’équipe.

Riku, de son côté, gagne en assurance mais reste tourmenté. Sa sensibilité envers les Phantoms le pousse à remettre en question les méthodes de son unité : faut-il vraiment détruire ces âmes errantes, ou peut-on les apaiser? Cette question devient le cœur moral du manga, et donne au récit une dimension presque philosophique.

De nouveaux antagonistes font aussi leur apparition, notamment Le Culte du Néant, une mystérieuse organisation persuadée que les Phantoms représentent l’évolution naturelle de l’humanité. Cette faction introduit une tension politique et spirituelle, ouvrant la voie à un conflit bien plus vaste que ce que la série laissait entrevoir.

Un dessin toujours plus expressif
Akeji, déjà impressionnant dans le premier tome, se surpasse ici. Son style se fait plus affirmé, plus contrasté. Les scènes nocturnes sont d’une beauté ténébreuse : les silhouettes des Phantoms semblent flotter entre les cases, leurs contours flous traduisant la fragilité de la frontière entre les mondes.

L’artiste maîtrise parfaitement la mise en scène émotionnelle : les regards, les gestes suspendus, les silences dessinés. Les planches alternent entre tension explosive et poésie mélancolique, créant une véritable atmosphère d’immersion. Le travail sur les textures et les effets de lumière renforce l’impression d’un monde hanté, à la fois réel et onirique.

Des thèmes toujours plus forts
Le tome 2 pousse plus loin les réflexions sur la mémoire et la douleur. Chaque Phantom est ici le symbole d’un souvenir qui refuse de disparaître. L’idée que les émotions négatives puissent se matérialiser physiquement devient un prétexte à une exploration existentielle : comment vivre en paix quand nos regrets refusent de mourir?

Cette approche confère à la série une vraie singularité. Derrière ses allures de shōnen surnaturel, Phantom Busters questionne la nature humaine avec sensibilité et gravité. Les dialogues entre Riku et ses compagnons, souvent empreints de tristesse, résonnent avec une authenticité rare.

Un second tome captivant et maîtrisé
Avec L’univers Phantom Busters – Tome 2, Jacky et Akeji confirment qu’ils tiennent là une série ambitieuse, à la fois spectaculaire et introspective.  s’étoffe, les enjeux se précisent, et la tension dramatique ne faiblit jamais. L’œuvre réussit à conjuguer l’intensité du manga d’action avec la profondeur d’un drame spirituel.

C’est une lecture qui plaira autant aux amateurs de récits sombres et psychologiques qu’aux fans de grandes sagas fantastiques. Phantom Busters n’est pas qu’une chasse aux fantômes : c’est une quête d’identité et de réconciliation, servie par un duo d’auteurs en pleine maîtrise de leur art.

Merci à Interforum pour la copie du livre.

Pour se procurer le manga, c’est ici.

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