Paru sur PS5, PS4 et PC, Stray fait partie de ces jeux qui marquent par leur originalité et leur sensibilité. Développé par le studio français BlueTwelve et édité par Annapurna Interactive, le titre propose une expérience unique : incarner un chat perdu dans une cité futuriste peuplée de robots.
Un concept audacieux, porté par une direction artistique somptueuse et un récit tout en douceur, qui fait de Stray bien plus qu’une simple curiosité vidéoludique.

Un monde cybernétique fascinant
Dès les premières minutes, Stray captive par son univers visuel. Vous découvrez une ville souterraine baignée de néons, envahie par la rouille et la végétation. Les murs racontent une histoire, les robots ont une âme, et chaque ruelle cache un fragment d’humanité oubliée.
La direction artistique est remarquable : chaque plan semble pensé comme une photographie. Les contrastes entre lumière artificielle et zones d’ombre créent une atmosphère à la fois mystérieuse et chaleureuse.

L’ambiance sonore joue un rôle essentiel. Les musiques signées Yann Van Der Cruyssen mélangent tonalités électroniques et mélodies mélancoliques, accompagnant chaque moment avec justesse. Le moindre bruit, un miaulement, un pas sur une tôle, un ventilateur grinçant participe à cette sensation d’être transporté dans un monde vivant, crédible et cohérent.

Jouer un chat, une idée géniale bien exploitée
Le cœur du jeu repose sur cette idée simple mais géniale : voir le monde à travers les yeux d’un chat. Le gameplay est pensé autour de ses capacités naturelles, sauter, grimper, se faufiler, observer.
BlueTwelve Studio a reproduit avec soin les gestes félins : les mouvements sont souples, précis et réalistes. On ressent toute la légèreté de l’animal, sa curiosité et son indépendance.

Ce point de vue original change complètement la manière d’aborder un jeu d’exploration. Vous apprenez à penser différemment, à chercher des chemins où un humain ne pourrait passer. Les interactions, parfois anodines comme gratter un tapis ou renverser une boîte ajoutent une touche de vie et d’authenticité.

Le drone B-12, compagnon de route et traducteur du langage des robots, vient enrichir l’expérience. Ensemble, le chat et le drone forment un duo improbable mais attachant, symbole d’une alliance entre nature et technologie.

Une histoire simple mais touchante
Sous son apparente simplicité, Stray raconte un voyage chargé d’émotions. Le chat n’a ni nom ni parole, mais à travers ses actions, vous percevez des thèmes profonds : la solitude, la survie, la mémoire et la liberté.
Les robots que l’on croise, eux aussi prisonniers de leur monde, évoquent la nostalgie de l’humanité disparue. Chaque rencontre raconte quelque chose, sans jamais forcer la main.

Le jeu n’impose pas de longues cinématiques ou de dialogues explicatifs. Tout passe par le regard, l’exploration et les gestes. En cela, Stray parvient à faire ressentir une véritable histoire, sans jamais en dire trop.

Un jeu court, mais marquant
Avec une durée moyenne de six à huit heures, Stray se termine assez vite, mais ne laisse aucune impression d’inachevé. Le rythme est bien dosé et chaque chapitre apporte une nouvelle ambiance, un nouveau décor, une émotion différente.

Certes, il n’est pas exempt de défauts : la progression reste linéaire, certaines énigmes sont simples et quelques mouvements peuvent manquer de précision. Mais ces petites limites n’enlèvent rien au charme global de l’aventure.

Stray ne cherche pas la démesure : il préfère la justesse. Là où beaucoup de productions misent sur la grandeur ou la complexité, BlueTwelve choisit la subtilité et la tendresse. Et c’est précisément ce qui le rend si spécial.

Verdict : un conte moderne à ne pas manquer
Stray est une œuvre rare, sincère et poétique. En quelques heures, il réussit à faire ressentir des émotions fortes sans artifice ni spectaculaire.
Son univers, son atmosphère visuelle et son concept original en font l’un des jeux indépendants les plus marquants de ces dernières années.

C’est une aventure à vivre tranquillement, à savourer comme un voyage contemplatif.
Que l’on soit amateur de chats, de science-fiction ou simplement curieux de nouvelles expériences, Stray a tout pour séduire.

Un petit bijou de créativité et de sensibilité, à la hauteur de sa réputation.

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