
Salut les geeks et les geekettes, je lâche les mangas pour le temps de vous parler d’un livre cette fois-ci. Le Trash Talker m’a remis entre les mains un roman dont la couverture était remplie de dés, comme ceux qu’on utilise pour jouer au magnifique jeu de table Donjons et Dragons.
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, cela veut dire que vous n’êtes pas des fidèles du podcast ou de mes articles, mais bon… c’est pas grave. Je suis ce qu’on pourrait appeler un fanatique de ce jeu de table depuis plus de 20 ans, 23 ans pour être plus exact.
J’ai découvert ce jeu quand j’avais près de 16 ans. J’étais fraîchement arrivé dans une nouvelle école, la polyvalente Saint-Jérôme. Dans mon ancienne école, être un geek/nerd n’était pas très populaire et, à cette époque, je n’avais pas beaucoup d’amis, surtout lors de mon 4e secondaire, pour des circonstances où mon ancienne “gang” me trouvait moins cool parce que je ne voulais plus fumer de pot… Haaaa, le secondaire des années 2000.
Bref, j’ai déménagé à Saint-Jérôme et j’ai rencontré Alex, appelé aussi “La Louve” (pourquoi? je me pose encore la question aujourd’hui). Une soirée, il m’invite chez lui pour jouer à ce jeu étrange où l’imaginaire détermine la destinée d’un personnage par un lancer de dés. Des heures de plaisir à jouer dans ces univers fantastiques et à laisser libre cours à son imagination. Mais c’est lorsque je suis devenu un DM (Dungeon Master) que ma passion pour ce jeu a explosé.
Bref, il est évident que lorsque Gab m’a remis ce roman jeunesse, édité par Les Éditions Les Malins et écrit par Mathieu McCollough Bouchard, j’étais déjà curieux de savoir de quoi il s’agissait. Allons voir maintenant ce qu’il en est.
Un roman sous le signe du D20
Mathieu McCollough Bouchard nous arrive avec son premier roman jeunesse sous le thème de D&D. Venant d’un parcours en cinéma et en scénarisation, Mathieu a découvert que le roman offrait à son imagination infinie un espace créatif plus grand que n’importe quel écran.
Dans ce premier tome, on suit Max, un jeune homme réservé et qu’on ne peut qualifier de cool ou de populaire dans les standards de son école secondaire. À l’école, il subit les humiliations répétées d’OB, le gars “le plus populaire de l’école”, et la fille de ses rêves ne semble pas savoir qu’il existe.
C’est vraiment lorsqu’il retrouve ses voisins, les trois frères, et son meilleur ami Pablo, qu’il peut laisser son quotidien maussade pour plonger dans l’imaginaire. Car pour ses amis, il incarne le Maître du Donjon, et avec eux, il s’aventure dans son monde où tout est possible.
Mais voilà que ce monde s’écroule : ses voisins déménagent à Québec. Comment continuer la campagne avec un seul joueur? Max se lance alors dans la plus grande quête de sa vie : fonder son propre club de D&D. Cela paraissait une simple initiative, mais ça se transforme en aventure épique où Max devra repousser ses limites, affronter ses démons intérieurs et découvrir des alliés insoupçonnés.
Une lecture touchante et personnelle
Cette petite lecture de 215 pages est venue me rejoindre énormément. Moi-même, à l’adolescence, j’ai vécu quelques ennuis avec l’intimidation, j’en ai même parlé plusieurs fois dans le podcast, et c’est un sujet qui me touche.
Ce roman aborde ce thème, encore malheureusement très présent dans les écoles aujourd’hui. Ce que vit Max dans son quotidien est vécu par des milliers de jeunes au moment même où vous lisez ces lignes.
Même si je trouve que les insultes d’OB sont très insignifiantes (et même Max en fait la remarque), cela reste une forme de harcèlement et elle ne peut être prise à la légère.
J’aime cependant que ce ne soit pas uniquement négatif : Max ne sombre pas dans une descente aux enfers à cause des insultes. Souvent, dans sa narration, il ridiculise la situation et la prend avec une certaine maturité. C’est plus son envie de ne pas escalader les conflits qui l’empêche de répliquer, et aussi un problème d’anxiété qui le terrorise depuis sa première crise publique.
Des thèmes forts et mature
Mis à part l’intimidation, on survole aussi des situations familiales compliquées, liées à une tragédie, et on y retrouve des thèmes d’acceptation de soi et de développement de confiance, primordiaux à l’adolescence. C’est vraiment une excellente lecture pour un jeune lecteur.
L’idée d’utiliser l’univers de Donjons et Dragons est toutefois ambitieuse et très nichée. Pour ma part, j’ai adoré et compris toutes les références, mais qu’en sera-t-il pour les jeunes lecteurs? Cela peut faire deux choses : soit en intéresser quelques-uns à s’aventurer dans ce fabuleux univers, soit en perdre certains. Mais je salue l’audace de Mathieu McCollough Bouchard d’avoir choisi ce jeu comme fil conducteur.
Les personnages
Max
Ce garçon timide, souvent décrit comme le Emo (ça existe encore?) avec son hoodie sur la tête en plein mois d’août. Haaa l’adolescence rebelle. Mais j’aime son intelligence et sa maturité, peut-être trop pour un garçon de 14 ans.
Toutefois, même si tout n’est pas encore expliqué, l’arrogance qu’il porte envers sa mère et la forme de mépris sont difficiles à accepter. C’est peut-être le fait que ce n’est pas abordé dans ce roman qui me dérange et me donnait envie de le sermonner, ce que Pablo a fait d’ailleurs.
Pablo
Un personnage qui joue littéralement le rôle de l’ami un peu con de tout bon film d’ado. Il prend des décisions stupides et est portraituré comme un gars centré sur lui-même, qui ne voit pas toujours ce qui arrive à Max. Toutefois, lorsqu’on apprend un peu sur sa situation familiale, le personnage devient plus intéressant. Mais là encore, tout n’est pas entièrement exploré dans ce tome.
Nadia
La demoiselle convoitée. Il n’y a pas d’histoire d’ado sans la fille qui tape dans l’œil du héros. Je sais que ce stéréotype va déranger certaines personnes, mais la jeune fille n’est pas la typique “coqueluche” de l’école. Ici, nous avons une skateuse qui dégage une grande confiance. C’est aussi l’ex d’OB, celui qui s’amuse à harceler Max.
OB
Ce jeune en manque d’attention qui carbure à rabaisser les autres pour mieux se remonter. Max dit souvent qu’il est considéré comme le gars le plus populaire de l’école, mais toutes les personnes qui le croisent ne semblent vraiment pas l’aimer, mis à part ses deux acolytes.
Marianne (la mère de Max)
Une femme qui semble vivre une énorme dépression depuis la tragédie familiale et à cause d’un mari absent. Ceci complique sa relation avec son fils, qui souvent la confronte, un petit côté que j’aime moins, mais encore une fois, cette relation reste énigmatique. Il manque des éléments à l’histoire que, je l’espère, on découvrira dans les prochains tomes.
Conclusion
En conclusion, même si certaines fois ma lecture me donnait l’impression d’assister à un épisode de Ramdam mal acté, surtout lors des passages avec OB, c’est une lecture très divertissante que je recommande aux fans de Donjons et Dragons.
J’ai souri plus d’une fois et je garde ce livre pour mes enfants lorsqu’ils arriveront à l’adolescence, car il est certain qu’ils seront élevés dans l’univers de D&D avec le père qu’ils ont.
Pour ceux qui ne connaissent pas cet univers, cela reste une très bonne lecture légère, qui saura plaire à plusieurs jeunes lecteurs. Ma note est sûrement biaisée, car j’ai trop aimé les éléments de Donjons et Dragons.
Merci aux Éditions Les Malins pour la copie du roman.

Pour se procurer le roman, c’est ici.


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